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Formule 1 : Ces équipes ayant changé de moteur en cours de saison

C’est un bruit de couloir qui se fait de plus en plus entendre : McLaren et Honda, c’est terminé. Le « revival » du partenariat des années 1980-1990 prendrait donc fin cette année. Et ce malgré un contrat liant les deux parties pour 2018. McLaren patienterait treize courses supplémentaires avant de revenir chez Mercedes ? Il y a pourtant plusieurs équipes qui, par le passé, n’ont pas attendu l’hiver pour changer de moteur…

Années 1980, de l’atmo au turbo

En 1983, de nombreux constructeurs avaient décidé d’opter pour le turbo. Il faut dire qu’un an auparavant, Ferrari et Renault avaient fait de réelles prouesses avec. En milieu de saison, McLaren fait débuter la MP4/1E au Grand Prix des Pays-Bas. La monoplace révolutionnaire en fibre de carbone est équipée d’un nouveau moteur turbocompressé TAG-Porsche. Il remplace ainsi le vétuste Cosworth DFV. Lors du dernier Grand Prix de la saison, en Afrique du Sud, Williams fait débuter plus tôt que prévu sa FW09 à moteur Honda turbo. C’est la quatrième équipe à se débarrasser du moteur Cosworth en 1983 après Lotus, Osella et McLaren !

Au fil des ans, plusieurs équipes vont faire de même. Citons Minardi en 1985 qui débute la saison avec un Cosworth V8 pour la finir avec un moteur turbo Motori Moderni. La même année, Tyrrell fait de même et étrenne sa nouvelle 014 à moteur turbo Renault.

Mais deux équipes vont se démarquer du temps où le turbo était roi. En 1984, lors du Grand Prix des Etats-Unis Ouest disputé à Detroit, l’équipe Spirit troque son Hart turbo pour un Coworth DFV. Toutefois, cela n’aida pas l’écurie puisque son pilote Huub Rothengatter ne parvint pas à se qualifier. Deux ans plus tard, l’équipe Beatrice-Lola dirigée par Carl Haas peine à s’imposer. La faute à un moteur Hart turbocompressé peu puissant et peu fiable. L’écurie décide donc en début de saison 1986 de remplacer le Hart par un Cosworth atmosphérique. Le point d’orgue sera une quatrième et cinquième place pour Lola en Autriche, acquises ironiquement sur un circuit taillé pour les turbos.

Années 1990 : Moteurs ratés

La fin des turbos en 1989 marque aussi le début d’un plateau de plus en plus rempli. Coloni, Eurobrun, Dallara, Rial, Onyx… Ces noms ne vous disent peut être rien mais ils peuplaient le fond de grille entre 1988 et 1991. Mais qui dit petites équipes dit petits budgets. Trouver un moteur était donc difficile et trouver un bon moteur encore plus. Coloni pensait avoir fait l’affaire du siècle en coiffant Minardi sur le poteau en 1990. Subaru se lançait dans la motorisation de F1 et Coloni mit la main sur le moteur japonais, un 12 cylindres en ligne, qui s’avéra désastreux. Huit non préqualifications d’affilée plus tard, Coloni ne veut plus entendre parler de Subaru et revient à des Cosworth V8.

La même année, une obscure équipe fait son entrée en Formule 1 : Life. Malgré un tel nom, les ambitions de titre meurent bien vite. Il faut dire que le projet était inédit : un châssis basé sur une F3000, un pilote – Bruno Giacomelli – hors du coup depuis 1983 et un moteur fait-maison… W12 ! Le cocktail n’a pas du tout marché. Giacomelli signait des temps à peine croyables, à une vingtaine de secondes de la pole, lorsque sa voiture le permettait. En fin de saison, l’équipe abandonna son W12 pour des V8 Judd sans pour autant quitter les préqualifications.

Moteur Life W12
crédit : saveferris888

Une saison plus tard, Porsche fait son retour en Formule 1. La firme de Stuttgart ne revient qu’en qualité de motoriste, fournissant des V12 à l’équipe Footwork-Arrows. Les moteurs sont très puissants mais très fragiles. Sans compter les casses à répétition, les pilotes Michele Alboreto et Alex Caffi enchaînent les non qualifications ! Personne n’arrive à faire fonctionner les moteurs V12 et le partenariat qui devait relancer Porsche part en fumée… Sept courses plus tard, Footwork n’en peut plus et troque ses V12 pour des éternels V8 Cosworth. Clap de fin.

Est-ce que McLaren fera de même ? Les Anglais se sont montrés beaucoup plus patients que les équipes citées plus haut…

Aurélien Attard

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