Le Mag Sport Auto

Interview de Romain Sarazin, ex-vainqueur de la GT Academy

Romain Sarazin, ce nom vous évoque probablement quelque chose. Vainqueur de la GT Academy en 2015, ce jeune français natif de Lyon participait à sa première saison automobile l’an passé, soutenu par Nissan Nismo. Une première campagne dans le prestigieux championnat Blancpain Endurance Series placée sous le signe de l’apprentissage. Passer du virtuel au réel, ils sont nombreux à le souhaiter mais seuls quelques élus -les plus talentueux- y parviennent. Comment se passe cette « transition » entre les deux univers ? Réponse dans notre interview exclusive de Romain Sarazin.

Le Mag Sport Auto : Bonjour Romain, peux-tu nous dresser un bref portrait de toi et de ton parcours en sport auto ?

Romain Sarazin : Bonjour ! Je vais essayer de faire court…

J’ai toujours été passionné par ce qui va vite, mais plus jeune, mes parents n’avaient pas les moyens pour que je puisse commencer à faire du kart. J’ai donc vécu cette passion de la vitesse par les jeux vidéo, jusqu’à ce que je commence à conduire. À 19 ans, je participe à la sélection rallye jeune. Je n’avais aucune ambition, je voulais juste m’amuser et finalement, j’ai terminé l’étape qualificative premier sur plus de 700 candidats, qui avaient tenté leur chance le même jour que moi, ça m’a fait un choc. Je n’ai pas gagné la finale, mais à partir de ce moment, je me suis promis que je ferai tout pour vivre ma passion pour le sport automobile. Un an plus tard, je tente ma chance à la GT Academy et je la gagne. Depuis, j’ai eu la chance d’être soutenu par Nissan pour rouler en Blancpain Endurance Series, c’était « un truc de fou » de se retrouver dans un tel championnat sans aucune expérience. J’ai énormément appris et je suis très content de ma progression et de mes performances en 2016.

LMSA : Comment as-tu réussi la transition entre le virtuel et le réel ?

R.S : Disons qu’il faut réussir à garder ce qu’on apprend sur le simulateur et se débarrasser des mauvais réflexes en même temps. Il y a beaucoup de défis quand on passe du virtuel au réel, ce n’est pas la même façon de conduire ! Le défaut du simulateur est qu’on conduit essentiellement avec ce qu’on voit alors que ce qui est important en réel, c’est de ressentir la voiture. Ensuite, il faut apprendre à gérer la pression, l’aspect physique, la mécanique de la voiture…

LMSA : Raconte-nous ta 1ère course en tant que pilote.

R.S : Ma première course en tant que pilote officiel était à Monza, pour la première manche des Blancpain Endurance Series 2016. L’émotion était vraiment forte, je n’aurais jamais imaginé me retrouver là encore 6 mois avant, et me voilà au volant d’une Nissan GT-R GT3 à courir contre les meilleurs pilotes du monde. C’était un rêve et en même temps, je voulais tellement bien faire que je me suis mis un peu trop la pression je pense ! Mais tout s’est bien passé, une fois dans la voiture, c’était l’extase et dans les lignes droites je me disais « ok, tu conduis une GT3 à Monza, tout est normal… » #EnormeSourireSousLeCasque

LMSA : Ton meilleur souvenir en course ?

R.S : J’aimerais dire les 24 heures de Spa, en entier ! Mais le moment le plus magique a été quand j’ai pris le volant pour mon relais de nuit, je n’étais pas censé faire 2 heures, mais avant de monter dans la voiture j’ai dit à notre ingénieur : « Si tu veux que je fasse un double relais, il suffit de demander. », une fois dans la voiture, dans la nuit de Spa, c’était incroyable. La nuit, tout va plus vite, j’étais vraiment sur un bon rythme et je n’ai jamais été aussi heureux que quand l’ingénieur m’a demandé de faire un deuxième relais à la radio !

LMSA : Peux-tu nous dire un mot sur tes projets (voire ta relation avec MFT ) remerciements à tes proches, partenaires, etc. si tu le souhaites

R.S : J’ai couru à Misano ce week-end en GT4 European Series sur une Nissan 370Z du team SWR, c’était ma première en tant que pilote « pro » dans un équipage « pro-am » (un pilote pro et un amateur) et je me bats pour rassembler les budgets nécessaires pour faire toute la saison. En dehors des circuits, j’ai repris les études (en Master d’entrepreneuriat) et je suis en contact avec Ludovic Pezé qui travaille sur un projet vraiment intéressant dans le sport automobile avec sa structure MFT (Motors Formula Team), on essaye de travailler ensemble pour voir ce que je pourrais lui apporter.

J’aimerais remercier Thrustmaster qui me suit et me soutient pour cette saison 2017, ainsi que Nissan et la GT Academy pour l’opportunité qu’ils m’ont offert. Je voudrais aussi remercier ma famille pour leur soutien mental qui a été précieux cet hiver, mes amis et les gens qui me suivent et m’envoient des messages.

LMSA : Quel est la prochaine étape pour toi ?

R.S : Et bien… Trouver des sous ! Malgré mes bonnes performances, Nissan ne peut pas me faire continuer dans les mêmes conditions que l’année dernière. Je dois donc trouver le budget pour continuer à rouler. Heureusement j’ai le soutien de Nismo (Nissan Motorsport) et Thrustmaster. Le but maintenant, c’est de réussir à trouver les financements manquants pour continuer la saison en GT4 et montrer ce que je sais faire. Le sport automobile est extrêmement élitiste mais je suis déterminé à réussir et à devenir un grand.

LMSA : Merci de ta confiance, et de permettre au Mag Sport Auto de faire connaître plus amplement un pilote français.

R.S : Merci à vous pour votre travail.

Retrouvez toutes les informations et l’actu de Romain Sarazin sur son site web officiel

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