Le Mag Sport Auto

Sébastien Bourdais : l’étoffe d’un grand pilote

En France, quand on évoque le nom de Sébastien Bourdais c’est souvent pour rappeler ses deux années mitigées en Formule 1 au sein la Scuderia Toro Rosso en 2008-2009. Du Champ Car à l’Indycar en passant par l’Endurance, à l’âge de 36 ans le pilote français a, néanmoins, su marquer les esprits.Né au Mans, Sébastien était destiné au sport automobile surtout avec un père pilote qui a participé sept fois aux 24 Heures du Mans entre 1993 et 2005. C’est d’ailleurs en 1993 que le jeune français devient champion de France cadet de Karting puis,  tout va s’enchaîner. Il devient champion de France de Formule 3 en 1999, puis vainqueur du championnat de Formule 3 000 en 2002.

Welcome to Champ Car

En 2003, le manceau passe à l’heure américaine, et il s’engage avec Newman/Haas Racing, co-dirigée alors par Paul Newman, acteur célèbre, et Carl Haas. Dès sa première année en Champ Car Sébastien impressionne en gagnant trois courses, il termine 4e au championnat avec le titre honorifique de meilleur rookie de l’année. Une révélation qui ne tarde pas à confirmer avec quatre titres de champion consécutifs de 2004 à 2007, un record dans les grands championnats de monoplaces aux Etats-Unis. Ce qui lui vaut une belle cote de popularité outre-Atlantique et un sujet sur Stade 2.

Sébastien Bourdais fête, ici, son quatrième et dernier titre en Champ Car à Mexico. Une passion pour les donuts Seb ?

Bref passage en Formule 1

En 2008 le pilote manceau débarque dans le plus prestigieux championnat d’Automobile, la Formule 1. Sébastien Bourdais pose ses valises chez Toro Rosso pour deux ans entre 2008 et 2009. Il devient donc le deuxième pilote de l’écurie au côté du désormais pilote Ferrari, Sebastian Vettel. Mais l’aventure ne tourne peut-être pas comme le français l’espérait, probablement à cause d’une monoplace trop peu compétitive.  Surtout au début de la saison avec des problèmes moteur notamment mais, par la suite et avec de nouvelles améliorations sur le véhicule, Sébastien se fait remarquer en accrochant six fois le Top 10 en qualifications. Mais encore une fois les efforts ne paient pas et la malchance semble se mêler de l’affaire. Utiliser le mot « malchance » est même un doux euphémisme : à Spa Francorchamps la pluie l’empêche de maintenir sa place sur le podium, au Japon une pénalité le fait passer de la 6ème à la 10ème place, ou encore à Monza où il reste scotché sur la ligne départ alors qu’il était en deuxième ligne.

Malgré ses déboires sur les circuits, ses performances lui permettent de continuer vers une deuxième saison mais, là encore, la monoplace manque de performances ne lui permet pas de se mêler au Top 10. Bilan des deux années cumulées : 27 courses, 6 points et 8 abandons. Sebastien Bourdais part donc en direction de la Superleague Formula et remporte deux courses sur les trois derniers rendez-vous de la saison.

Un petit tour de F1 dans les rues de Paris dans lesquelles Sebastien Bourdais assure le show !

 

Entre l’IndyCar et l’endurance

Alors que le pilote fêtera ses 37 ans le 28 février prochain, sa passion pour la course automobile n’a pas pris une ride. Et aujourd’hui il s’épanouit totalement dans le championnat d’Indy Car aux Etats-Unis où il a débarqué en 2011. A l’époque il signe chez Dale Coyne Racing et effectue dix courses avec, une fois n’est pas coutume, une monoplace qui ne fait pas rêver. Mais il se fait encore remarquer en accrochant quelques places dans le Top 10, et prend la direction de l’écurie Dragon Racing de 2012 à 2013. Après une première saison difficile avec un moteur Lotus changé en cours d’année, Sébastien va montrer son talent en 2013 avec deux podiums lors des courses de Toronto, et une troisième place au Grand Prix de Baltimore où il signe le meilleur tour. Il termine 12ème au championnat, non loin du top 10.

Depuis, il roule avec KV Racing Technology. En 2014, le manceau réalise de belles performances en terminant 10ème du championnat et en remportant le Grand Prix automobile de Toronto. L’année 2015 est tout aussi satisfaisante pour le français, avec sa victoire au Grand Prix de Milwaukee et lors de la course 2 de Detroit, ce qui le place une seconde fois 10ème au classement des pilotes. En 2016, il repart avec la même écurie avec toujours plus d’envie et de passion.

Pour conclure ce portrait de Sébastien Bourdais, impossible de ne pas évoquer sa passion pour la course d’endurance. Il fait ses débuts aux 24 Heures du Mans en 1999 à bord de la Porsche GT2 911 mais son équipe est contrainte d’abandonner pour problème technique. En 2007 il réalise « The Perf' » avec une deuxième place aux 24 Heures du Mans au volant de la Peugeot 908 derrière l’Audi R10 TDI. Puis en 2009, lui et son équipe composée de Frank Montagny et Stéphane Sarazin, terminent à la seconde position, un tour derrière l’autre Peugeot 908. En 2011 Sébastien Bourdais toujours chez Peugeot, termine une troisième fois à la deuxième place à seulement treize secondes du vainqueur. La chance ne semble, définitivement pas, lui sourire…

Il se révèle alors avec l’écurie Action Express Racing, en remportant les 24 Heure de Daytona en 2014. Puis, l’année suivante, il enchaîne et gagne les 12 Heures de Sebring, deux courses inscrites au fameux United SportsCar Championship, le championnat des courses d’endurance.

Aujourd’hui Ford s’est emparé de lui pour lui donner l’occasion de gagner une deuxième fois les 24 Heures de Daytona, cette fois-ci dans une Ford GT qui a l’air plutôt performante.

Entre l’IndyCar et l’Endurance les américains ne risquent pas de l’oublier. Pourtant côté français Sébastien Bourdais passe plus ou moins inaperçu… Dommage pour un pilote de sa grandeur !

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *