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[Test] Need for Speed Payback : un titre prémonitoire ? (PS4)

L’arrivée d’un Need for Speed est toujours un mini-événement, sur la planète jeux vidéo. Et pour les amateurs de belles mécaniques, de courses sauvages et de tuning, cette licence figure parmi les plus appréciées. La raison, une prise en main simple, typée arcade donc accessible mais, généralement, source de plaisir. Avec Need for Speed Payback, Ghost Games et Electronic Arts tentent de surfer sur la vague -juteuse- de Fast and Furious. Inspiration salvatrice ou simple copié-collé sans intérêt ? Réponse dans ce test de Need for Speed Payback.

NFS Payback : de bonnes idées…

Need for Speed, c’est un peu comme une boite de chocolats…on ne sait jamais sur quoi on va tomber ! Car en essorant la licence à raison d’un jeu par an (voire, deux, il y a quelques années), les développeurs doivent faire preuve de beaucoup d’imagination, histoire de réinventer le concept, très simple à l’origine. En effet, deux éléments caractérisent NFS à savoir, les poursuites avec les forces de l’ordre et les run sauvages en pleine ville et sur autoroute. Rassurez-vous, ces deux éléments sont bien présents dans cet opus « Payback ».

Toutefois, les développeurs ont apporté pas mal de nouveautés de nature à relancer l’intérêt du soft, par rapport au précédent opus. Tout d’abord, le fait de disposer de plusieurs catégories de véhicules à savoir, Drift, Drag, course, tout terrain et mission. Evidemment, cela ouvre de nombreuses possibilités en matière de gameplay et de choix de bagnoles. De la toute première Golf Gti à l’exclusive Koenigsegg, en passant par différents buggys ou SUV, des Porche, Nissan, BMW, Audi, Subaru, Chevrolet et autre Toyota, la liste est longue et fait partie des atouts du soft.

Need for Speed

Autre apport carrément très sympathique, l’apparition « d’épaves ». Plusieurs indices révélés par des pilotes que vous aurez battus préalablement vous donneront la possibilité de débusquer de vieilles caisses, limite de collection. Une fois la carcasse trouvée, il vous faudra parcourir la map (assez grande, d’ailleurs, selon un esprit « open world » plutôt sympa) afin de réunir toutes les pièces nécessaires à la reconstruction de l’engin. Point positif, cela vous évite de piocher dans votre compte en banque pour vous offrir une nouvelle caisse.

Et comme n’importe quel autre véhicule présent dans le jeu, vous pourrez ensuite améliorer différents postes en matière de performances comme la transmission, la nitro, le moteur, etc. Les fanas de tuning trouveront, aussi, l’atelier de peinture et de vinyles, carrément bien garni et qui offre le loisir de se concocter un véhicule totalement unique que les joueurs croisés « online » n’oublieront pas de si tôt. -Petite parenthèse d’ailleurs, le jeu en ligne se paye le service minimum et ne fera pas date dans l’histoire de NFS-. Les éléments de carrosserie comme les bas de caisse, les pare-chocs, le coffre, le capot moteur, les jantes, freins, etc. peuvent également être modifiés histoire d’influer, encore, sur le visuel. Mais avant d’en bénéficier, vous devrez remplir un certain nombre de conditions.

Car un système plutôt bien pensé vous permet de débloquer sans interruption du contenu. Frôler des véhicules, drifter sur tant ou tant de mètres, circuler en sens inverse, atteindre telle vitesse, les conditions pour étendre le champ des possibles sont très nombreuses, de la plus facile à la plus ardue. Car vous pouvez aussi combiner certaines actions, afin de gagner plus de points et d’obtenir d’avantage de récompenses. Seul souci, cela vous oblige à jouer des heures durant. En effet, Need for Speed Payback récompense avant-tout les joueurs assidus, qui sont à même de rester plusieurs heures par jour devant leurs consoles.

Autre aspect relativement agréable, la grande liberté d’action. Vous pourrez très bien enchaîner les défis et autres missions (livrer des paquets, réaliser un chrono, des courses sprint, poursuivre un camion et vous débarrasser des véhicules « satellites », etc.) pour accumuler points, monnaie et pièces d’amélioration (que vous pouvez utiliser, revendre ou échanger). Où alors, parcourir les différentes concessions, garages et ateliers de tuning afin d’améliorer votre « garage ». Autre alternative, s’éclater sans but précis en naviguant des environnements de ville au désert, en passant par la montagne !

Une excellente façon de débusquer des « jetons » et remplir des objectifs secondaires comme le fait de détruire des panneaux publicitaires en réalisant des sauts. Et puisque nous parlons de « jump », le simple fait de tenter d’améliorer systématiquement la longueur de saut peut constituer un autre bon défouloir. C’est d’ailleurs l’un des aspects vraiment jouissif de NFS Payback en matière de gameplay, cette possibilité d’utiliser l’environnement pour tenter des cascades spectaculaires. En vue embarquée, le résultat est garanti…

Et pour les impatients, il est toujours possible de se téléporter directement vers l’un de vos garages (chaque garage devant être acheté préalablement), histoire de ne pas vous taper des kilomètres à chaque fois. Sachant que chaque zone comporte toujours un garage.

Côté prise en main, Need for Speed Payback reste très efficace. Une conduite arcade assumée qui permet de s’éclater d’emblée et de vivre de bonnes sensations. A ce niveau, le job est rempli, donc. Appréciables aussi, les petites séquences cinématiques générées lorsque l’on explose un rival (ou une voiture de police) ou lors de certains sauts. Globalement, sans crier au génie, le soft s’avère, donc, plutôt agréable à jouer, y compris sur la durée. Les nombreux contenus à débloquer aidant à se motiver, si jamais vous aviez besoin d’une « carotte ».

…mais peu de réelles nouveautés !

Mais, vous vous en doutez, le jeu n’est pas parfait. Loin de la, même. Tout d’abord, abordons l’aspect technique. De prime abord, lorsque l’on débute avec le « Prologue » l’on se dit « wahou, ça claque ! ». En réalité, au gré de la découverte de la map, on s’aperçoit rapidement d’une vraie inégalité entre les environnements. Si certains sont plutôt jolis, d’autres sont carrément dépouillés. Pire, des bugs de collisions et autres problèmes d’affichage viennent assez régulièrement nuire -légèrement- à l’expérience. Les véhicules, pour leur part, son correctement représentés mais sans plus. Par contre, les bruitages et les musiques (sachant que l’on peut changer de morceau à tout instant) sont plutôt bons et contribuent à une ambiance générale assez agréable.

Bon, il est temps d’en parler, les allergiques à Fast and Furious ne seront pas aux anges. Le scénario s’en inspire clairement. Cela peut donner de bonnes choses, comme cette sympathique poursuite d’un camion renfermant une super-car, scène d’action entre-coupée de cinématiques pêchues qui réveillent un peu le soft au moment ou il semble disparaître dans une forme de monotonie. Par contre (et là on passe au négatif), les dialogues incluent les sempiternelles histoire de drogue et autres bimbos, le tout agrémenté de clichés à la pelle, du F&F en somme. Bon, après, qui achète un Need fo Speed pour son scénario ? Personne, nous en conviendrons…

Mais le plus gros défaut est finalement assez sournois, puisqu’il ne se manifeste qu’après 6 ou 7 bonnes heures de jeu (sans trop traîner en chemin). En effet, passé ce cap, l’évolution se fait nettement plus laborieuse. Pour poursuivre l’avancée de ce « scénario », il faut se taper de nombreux défis qui, malheureusement, finissent par manquer cruellement d’originalité. Redondance, rémanence, lassitude deviennent, ainsi, les maîtres mots de l’aventure. Pourtant, sur la base des premières heures de jeu, Need for Speed Payback aurait pu s’en sortir très bien, en dépit de ses défauts. Oui mais voilà, un autre enjeu se cache derrière cette évolution soudainement laborieuse : « les sousous dans la popoche » ! Car moyennant des euros et un passage à la boutique, vous pourrez, miraculeusement, débloquer votre situation sans passer par moult défis. Evidemment, rien ne vous oblige à passer par là mais le système demeure pervers…

Need for Speed Payback : tout est dans le titre !

Au final, Need for Speed Payback déçoit…après 7 ou 8 heures de jeu ! Avant cela, le joueur prend un vrai plaisir à découvrir les environnements, réaliser différents défis, missions et autres récoltes, un peu à la manière d’un RPG, finalement. La prise en main est jouissive mais pas surprenante et les décors demeurent potables, bien qu’inégaux. L’idée de la recherche d’une épave à reconstruire entièrement est réellement bonne, au même titre que l’aspect personnalisation/réglages. On sent toutefois l’inspiration d’un autre jeu, un certain The Crew. Du coup, côté originalité, on repassera !

Mais pourquoi ne pas avoir d’avantage travailler ces missions scénarisées/cinématisées qui offrent un vrai bol d’air pur au soft (et à la licence…) ? Trop peu nombreuses, elles sont entre-coupées de nombreux défis, pas toujours passionnants. Mais c’est surtout, après les 7/8 heures évoquées plus haut, le ralentissement très soudain de la progression qui génère agacement et frustration. L’idée d’ EA était sans aucun doute d’inciter les joueurs à « passer à la caisse » pour débloquer la situation…mauvaise idée !

On notera aussi des imperfections peu dignes d’un Need fo Speed comme ces bugs d’affichage et de collisions. Pour le reste, Payback dispose quand même d’une très belle sélection de véhicules et d’un atelier tuning très complet. Le tout avec un sens du spectacle pas piqué des vers ! Un jeu honnête, à se procurer d’occase, à condition de pas craquer sur les micro-transactions…

La note Le Mag Sport Auto

13/20

On a aimé :

  • Les épaves à restaurer
  • La sélection de voitures
  • L’atelier tuning, très complet
  • L’esprit du système d’acquisition de contenu
  • Les sauts hallucinants !
  • L’ open World
  • Les différentes catégories de véhicules
  • Les séquences cinématiques et scénarisées

On a détesté :

  • Les nombreux bugs
  • Les clichés « façon Fast and Furious »
  • Les graphismes inégaux
  • L’ I.A pas toujours bien dosée
  • Les micro-transactions…
  • …ou, à défaut, les très nombreuses heures de jeu nécessaires pour progresser…
  • Une certaine redondance, après 7/8 heures de jeu
  • Pas assez de séquences scénarisées

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