Le Mag Sport Auto

6 Heures de Spa, Rebellion déjà de retour sur un podium LMP1 !

L’écurie helvète Rebellion Racing a conquis son premier podium en cette ouverture de super-saison de WEC. Loin des Toyota hybrides, elle semble s’imposer comme la seconde force du plateau, tant la difficulté pour s’imposer face aux LMP1 non-hybrides s’est démontrée, à Spa.

La vitesse est là

Les qualifications et la course l’ont prouvé. 3ème et 4ème sur la piste lors de ces deux sessions cruciales, les voitures suisses se sont imposées parmi la concurrence non-hybride, dans tous les domaines. Partie depuis les deuxième et troisième places (suite à la pénalité infligée à la Toyota #7), les R-13 ont tenu leur rang, n’étant rattrapées qu’à partir de la troisième heure de course, par l’autre LMP1 hybride, bien plus rapide.

Par la suite mise en difficulté par la seule voiture capable de se trouver menaçante, la #17 du SMP Racing, les pilotes du Rebellion Racing ont su jouer correctement le coup en laissant Matevos Isaakyan partir à la faute seul. Remises en selle dans une course maîtrisée, la bagarre finale s’est déroulée entre les deux voitures suisses, l’avantage pour le podium allant finalement à la #1 de Neel Jani, André Lotterer et Bruno Senna.

Sur la piste, les Rebellion officielles terminent aux même place et dans le même ordre qu’en qualifications (sans prendre en compte la pénalité infligée à la #7), 3ème et 4ème. Ce résultat, acquis totalement à la régulière est révélateur du potentiel incroyable de la voiture développée par Oreca. De plus, s’il fallait encore le prouver, les pilotes de la #1 comme de la #3 sont toujours aussi rapides et fiables. De bon augure pour le Mans ?

Difficultés techniques

Oui mais voilà, en complément de ce qui a été développé dans le paragraphe précédent, tout n’a pas été si rose chez Rebellion à Spa. Que l’on parle de la fiabilité de la voiture ou de la possibilité de se battre pour la victoire (car oui, à peine le podium acquis, déjà la victoire est dans les têtes), la situation reste à améliorer pour et selon l’équipe privée.

La fiabilité. Ce mot est dans toutes les bouches en Endurance et représente un véritable défi. C’est en effet sur ce dernier point que l’on peut perdre ou gagner une course (Toyota doit bien s’en rappeler…).

Mais il n’est nul question ici de Toyota. Les japonaises sont bien loin devant et même en cas de problème, ils ont le temps de changer tout ce qu’ils veulent ! En revanche, pour Rebellion, la situation n’est pas la même. Malgré une domination à Spa sur la catégorie LMP1 non-hybrides, l’écurie suisse ne sera sans doute jamais autant à l’abri que Toyota. C’est pour cela que la question de la fiabilité reste plus préoccupante pour eux.

Et justement, si l’écurie suisse n’a certes pas connu de graves problèmes (ce qui confirme encore une fois l’excellence d’Oreca), elle a été contrainte de faire rentrer l’une de ses voitures aux stands, à la suite d’un pépin technique. En effet, l’antenne de transmission de données de la #1 ne fonctionnait plus. Sans cela, impossible de connaître les données de la voiture et de détecter d’éventuels problèmes, justement.

Si cet arrêt n’avait que peu de conséquences (la Rebellion #1 reprenant rapidement son chemin pour remonter sur le podium), une autre difficulté technique allait se présenter, mais après la course cette fois. La #1, troisième se voyait effectivement disqualifiée. En cause, une planche de fond plat affichant 1,2 millimètre sous la tolérance de mesure autorisée par le règlement.

Heureusement que la voiture sœur était, elle, conforme pour se retrouver au 3ème rang et récupérer un podium mérité pour l’équipe helvète. Mais attention à régler ce genre de détails avant les 24 Heures du Mans. Une belle course qui se termine par une disqualification, cela fait toujours mal (euphémisme….) comme le confirme Neel Jani, le pilote de la #1 disqualifiée : « La disqualification est malheureuse, mais les règles sont les règles et nous devons accepter de perdre ce podium ».

Mais enfin, pour une voiture qui effectuait sa première sortie en course, le retour est extrêmement positif ! Le seul problème chez Rebellion résidant dans la performance. L’EOT (équivalence de technologie régissant l’écart entre les LMP1 hybrides ou non) doit être modifiée selon eux.

En effet, les LMP1 non-hybrides se trouvent actuellement très loin des Toyota hybrides. Bien qu’en début de course, André Lotterer ait été très performant, l’avantage des Toyota s’est rapidement montré conséquent. Le paroxysme a été atteint lorsque l’on s’est rendu compte que la #7, partie un tour après tout le monde, allait revenir et doubler toutes les non-hybrides, à peine la mi-course passée.

Pour cela, la balance de l’équivalence de technologie doit changer. « La compétition ne sera pas attrayante si l’avantage des hybrides n’est pas revu » selon Calim Bouhadra, Vice-président de Rebellion. Et l’on peut lui donner à la fois raison et tort sur ce point…

Nous avons vu ce week-end, la course entre les Toyota AURAIT PU être passionnante. Mike Conway et Fernando Alonso, dans les derniers instants de course AURAIENT PU livrer une bagarre de très haut niveau, tant on connaît l’expérience du britannique et la fougue de l’espagnol. Cependant, il n’en a strictement rien été. En cause, les consignes de course passées chez Toyota pour garantir la victoire à Alonso.

Deux solutions s’offrent donc à nous. Soit l’on interdit les consignes d’équipe, soit l’on s’attaque effectivement à l’EOT pour resserrer les écarts et donc ne plus donner de marge à Toyota, qui serait forcé d’attaquer.

La première solution est, on le sait, impossible. Des codes, chiffres, n’importe quoi serait trouvé pour faire passer le message. Quant à la deuxième, dans un championnat que Toyota porte et fait vivre à lui tout seul ou presque, est-il moral de ne pas leur donner la chance de gagner cette année ? Rien que pour les remercier d’être restés, il semble logique de les avantager un peu, surtout que leur voiture vaut bien plus cher en termes de développement, d’exploitation,… Quel intérêt à faire courir une voiture hybride officielle si l’on se fait battre par des voitures privées moins chères ?

N’en déplaise à Rebellion, cette saison risque fort de ne pas d’être la leur et on comprend bien pourquoi. Toyota est le dernier ambassadeur officiel, il faut le préserver. Et puis troisième et quatrième, ce n’est pas si mal, tout de même.

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