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Assetto Corsa Competizione (test) : Dans un baquet à la maison

Assetto Corsa Competizione : Départ d'une course à Brands Hatch

Depuis le 23 juin dernier, les amateurs de course auto sur consoles profitent d’un nouveau joujou, Assetto Corsa Competizione. Après deux ans sur PC, le titre de simulation automobile débarque tout juste sur PlayStation et Xbox. Mais que vaut-il sur ces plateformes? C’est l’heure de notre test.

Présent sur PC depuis septembre 2018, Assetto Corsa Competizione (abrégez en ACC) est passé en version 1 l’année suivante. Il n’a depuis cessé d’évoluer et demeure l’une des références de la simulation automobile. D’autant qu’il se targue d’une licence SRO Motorsports, faisant de lui le jeu officiel de différents championnats GT3 et GT4. Citons notamment le GT World Challenge, grand championnat GT3 européen.

Des GT3 et c’est tout, le contenu est limité

Et c’est bien là l’un des problèmes du jeu. Le contenu d’ACC est assez limité. A l’image d’un Formule 1, le titre repose actuellement uniquement sur des voitures type GT3. Bien que l’on retrouve des véhicules très différents (Honda NSX, Nissan GT-R, Ferrari 488 entre autres), l’expérience de pilotage est assez uniforme, en somme. Hormis ce type de GT, il n’y a rien d’autre.

Il en va de même du côté des circuits disponibles, qui sont également ceux que visitent les championnats réels reproduits par le jeu. Mais le GT World Challenge n’est pas la F1, il n’y a pas une vingtaine de circuits chaque saison. En effet, seuls 13 tracés sont présents (DLC compris). Ce qui est, soyons franc, assez maigre.

Malgré tout, ACC a tout de même un côté impressionnant dans son contenu. Toutes les équipes et tous les pilotes des championnats représentés figurent en effet dans le jeu. Au total, plus d’une soixantaine de teams et environ 200 pilotes, sont disponibles. Chacun avec sa voiture recréée fidèlement. De quoi explorer différentes livrées, découvrir de nombreux teams ou entrer dans la peau de concurrents.Assetto Corsa Competizione : La Honda du Team Rocket RJN Motorsport, de Jenson Button

Le Team Rocket RJN Motorsport de Jenson Button (Honda NSX) est une des nombreuses équipes présentes dans le jeu

Assetto Corsa Competizione se révèle sur la piste

Une fois ces choix fait, il est alors temps de passer aux choses sérieuses et de prendre la piste. Et c’est là qu’Assetto Corsa Competizione brille réellement. L’expérience de pilotage est simplement somptueuse. Le feeling se rapproche fortement du réel, tout doit être fait correctement et l’erreur pardonne très rarement. Une accélération trop brutale et c’est le 360. Il en va de même si l’on donne trop de volant sur un freinage. Un virage pris trop rapidement nous donne aussi un sous-virage difficilement contrôlable. La pluie, de fine à tempétueuse les températures de pneus, tout change également tous les repères et rebat les cartes.

ACC ne joue donc clairement pas dans la même catégorie que nombre de jeux de course auto. On est loin d’une arcade (comme Forza) ou de « simcades » (jeux entre la simulation et l’arcade, à l’image d’un Gran Turismo Sport). Cela se ressent sur la piste, mais aussi dans différents petits détails. L’embrayage ou le fait de démarrer soi-même le moteur semblent de petites choses. Mais une fois sur la grille ou dans les stands, entouré d’une vingtaine de voitures, on s’y croirait.

Pourtant, cet opus s’adresse aussi à un public plus large (sans forcément parler aux néophytes) Au moyen de différentes aides au pilotage, il est parfaitement possible de passer du bon temps. Il faut simplement accepter un certain temps de roulage avant d’être compétitif, ou même simplement capable de rester sur la piste. Et si l’expérience de pilotage prend tout son sens avec un volant, une simple manette peut aussi faire l’affaire pour s’amuser. Du moins sur le sec, sous la pluie, c’est une autre paire de manche.

Assetto Corsa Competizione : Une Bentley sous la pluie à Spa-Francorchamps

Même avec toutes les aides possibles, la pluie ne manquera pas de vous piéger

Fermez les yeux, vous êtes dans le cockpit

Un autre point fort d’Assetto Corsa Competizione réside dans l’ambiance sonore, parfaitement modélisée. Une comparaison est simple à faire. Il s’agit d’écouter la caméra embarquée d’une GT3 réelle, puis d’effectuer quelques tours avec la même voiture, dans le jeu. On se rend ainsi compte de la précision sonore. Du démarrage du moteur, aux hauts régimes en passant tout particulièrement par les passages de vitesse, encore une fois, on s’y croirait.

Cet aspect très réaliste ne se retrouve malheureusement pas avec le côté visuel du jeu. D’abord car ACC tourne en 30 fps sur toutes les consoles, PS4 ou PS4 Pro sans distinction, par exemple. Le titre, on le sait également, ne mise pas sur sa partie graphique. Et cela se retrouve avec un aspect général un peu « en plastique ». Les textures extérieures, des voitures adverses ou du cockpit font très jeu vidéo. Un gros point fort réside toutefois dans la modélisation de la pluie. Les nuages, gerbes d’eau, flaques sont agréables à l’oeil. Cela vient renforcer l’expérience de pilotage, toujours aussi surprenante, quelle que soit la météo. Les dégâts sont également de bonne facture, et modifient totalement le pilotage de la voiture.

Assetto Corsa Competizione : une Porsche accidentée sur le circuit Paul-Ricard

La modélisation des dégâts est un point fort d’ACC

Le mode Carrière d’Assetto Corsa Competizione met l’eau à la bouche…

Autre côté léger du jeu, le mode Carrière déçoit franchement. Au moment de débuter,  Mirko Bortolotti (pilote officiel Lamborghini) nous accueille dans une cinématique. Cela pose les bases et permet de se lancer dans différents tests de jeune pilote. Le but est d’évaluer notre niveau au volant pour décrocher un premier contrat. Ces essais permettent également de définir le niveau de difficulté de la carrière.

À première vue, tout débute donc à merveille. Et cela se poursuit avec la création de notre propre équipage. Eh oui, courses Sprint ou Endurance, le GT World Challenge se dispute en équipe. Il faut donc créer deux équipiers, avec qui nous partagerons le volant. Et là, tout est permis, Sebastian Vettel et Lewis Hamilton peuvent parfaitement être vos bras droits. De quoi donner un tour plutôt fun à cette Carrière.

Le menu de création de ses équipiers

Pas de pilote de F1 pour Le Mag Sport Auto Racing Team. Ici, on roule entre collègues.

… puis déçoit rapidement

Mais là, patatra, c’est le drame. Le petit scénario installé avec ces différents tests s’estompe aussi vite qu’il est apparu. La monotonie d’enchaîner les courses, essais, succède à la curiosité. Il n’y a rien à développer, pas de compétences à débloquer, d’équipe à améliorer. Les changements de pilote n’ont pas spécialement d’intérêt puisqu’au final, on garde le volant de bout en bout de l’épreuve. Il s’agit simplement de faire les essais, qualifications et courses, point à la ligne. D’autant que l’on ne peut même pas changer la difficulté pré-définie par les tests.

Et c’est dommage, car la carrière d’Assetto Corsa Competizione pourrait proposer énormément plus de contenu. On peut également regretter le fait que seules 20 voitures puissent prendre la piste en simultané dans le jeu. Les épreuves de GT World Challenge regroupent régulièrement plus d’une cinquantaine de véhicules. Ici encore, ACC fait un peu léger. D’autant que le niveau des IA est hétéroclite. Quelques pilotes sont intouchables, lorsque d’autres sont relégués à plusieurs secondes. Tout cela est mis en exergue sous la pluie, avec des voitures intouchables et d’autres tellement lentes que le drapeau blanc (signalant un véhicule au ralenti) est déployé. On peut l’apercevoir dans la vidéo ci-dessous.

Bugs en ligne

Si Assetto Corsa Competizione ne mise pas tout sur la Carrière, tournons-nous donc vers les courses online et l’esport. Le titre est connu pour ses séries officielles et organise de nombreuses courses, sur PC. En est-il de même sur consoles?

Là encore, la réponse est assez mitigée. ACC propose d’un côté des Évènements Spéciaux. Il s’agit de différentes épreuves hors-ligne, contre-la-montre, hot-lap ou relais de course. Tout cela est très varié, avec différents combos voiture/circuit intéressants. Chaque performance nous classe par rapport aux autres participants. Le but étant d’aller chercher les meilleurs.

Pour se comparer à la crème de la crème, on peut également disputer quelques courses virtuelles. ACC offre différents modes de jeu en ligne. De nombreux paramètres sont présents, afin de donner une expérience des plus agréables. Enfin, c’est ce que l’on imagine. Pour notre part, le jeu ne cesse de bugger au moment de se lancer en online. Après une quinzaine d’essais et redémarrages, nous avons simplement laissé tomber. Hormis cela, les différents modes de jeu de base (entraînement, contre-la-montre, course rapide,…) sont tous présents. C’est un bon point et cela permet de progresser à son rythme.

Les menus d’Assetto Corsa Competizione sont difficiles à comprendre

Un dernier mot, enfin, quant aux menus. Ces derniers sont malheureusement assez fouillis et difficiles de compréhension. Cela se ressent surtout dans les réglages de voiture. Rien n’est vraiment expliqué, on ne sait pas spécialement où l’on s’aventure. De même dans les menus de Carrière, de réglage internet,… Assetto Corsa Competizione, c’est avancer à tâtons dans le pilotage aussi bien que dans les menus. Cela n’est pas toujours confortable.

Enfin, les menus propres à la voiture sont pour leur part trop vastes. C’est à dire qu’il est difficile, à la manette, d’avoir les touches de base (accélérateur, frein, direction) et celles pour se plonger dans la simulation, ou être performant (traction control, ABS embrayage, démarreur, contact,…). Près d’une soixantaine de boutons sont présent dans le jeu, suivant les voitures. Et même en optimisant au mieux, cela reste trop pour une simple manette ou la plupart des volants. N’hésitez donc pas à investir dans un clavier, pour plus d’aisance.

Plusieurs voitures en bataille sur le circuit du Castellet

Toutes les voitures du GT World Challenge sont présentes dans Assetto Corsa Competizione

Assetto Corsa Competizione, prendre le volant, c’est tout ce qui compte

En somme, on s’intéressera à Assetto Corsa Competizione principalement si l’on recherche une expérience de pilotage. Un jeu de Formule 1 propose par exemple une histoire, des éléments à débloquer, sans donner un pilotage exceptionnellement réaliste. Ici, on est dans l’inverse absolu, et de ce côté, le jeu est réussi. ACC campe désormais sur le terrain de la simulation, sur consoles et on ne s’en lasse pas. D’autant que diverses mises à jour devraient arriver sous peu, permettant une expérience encore meilleure du jeu. A ce sujet, restez connectés sur Le Mag Sport Auto pour en savoir plus.

La note Le Mag Sport Auto

16/20 – Armez-vous de patience

On aime

  • L’expérience de pilotage
  • L’ambiance sonore
  • Toutes les équipes et pilotes présents
  • La modélisation des circuits
  • La pluie
  • Tous les réglages possibles
  • Le degré de réalisme du jeu
  • La modélisation des dégâts
  • L’agressivité de certaines IA
  • La licence SRO

On aime moins

  • L’aspect visuel général, les textures, le 30 fps
  • Les menus, réglages mal expliqués
  • La Carrière, très décevante
  • Les course en ligne qui font planter le jeu
  • Le contenu assez limité (en matière de types de voitures et circuits)
  • Trop de boutons (démarreur, embrayage, traction control,…)
  • Le temps demandé avant de maîtriser le jeu
  • Les IA dont le niveau est trop varié (surtout sous la pluie)

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