Le Mag Sport Auto

Berliet et l’histoire du camion à Epoqu’auto

Après une petite pause due à une actualité très chargée, nous revenons au salon Epoqu’auto. Aujourd’hui, voici un focus sur l’un des plateaux mis à l’honneur lors de l’édition 2018, celui des camions Berliet. Certes, nous quittons le domaine de la voiture, mais l’homme, l’histoire et l’héritage méritent une mise en avant.

Tout commence en 1895 avec un dénommé Marius Berliet. En cette année, cet amateur de mécanique décide en effet de se lancer un pari. Celui de construire une véritable voiture. Utilisant un moteur qu’il a fabriqué un an plus tôt, cet essai est mené à bout et un premier véhicule est créé.

Si les voitures constituent sa principale activité, l’homme va très rapidement commencer à se développer dans le domaine du camion. En effet, en 1905, dix ans après avoir construit sa première voiture et six ans après la création de sa marque, ce dernier s’attaque à l’industrie des poids lourds.

Des camions pour l’histoire

Le succès va aller de pair avec l’entrée dans ce monde. Comme il l’a fait avec les voitures, Marius Berliet va très vite développer son activité dans ce monde des véhicules industriels.

Fort d’une réputation de solidité et de fiabilité grâce à ce qu’il a déjà produit, il va voir ses produits se faire de nombreuses fois récompenser. Ainsi et durant plusieurs années à partir de 1909, ses camions vont être primés lors de concours militaires.

De quoi attirer l’attention sur ce jeune constructeur ayant néanmoins déjà signé de nombreux contrats. Si ces derniers lui avaient déjà permis de s’agrandir, la guerre éclatant quelques années plus tard, va aussi permettre à Berliet de se développer, la demande en camions et obus explosant.

Si l’entre-deux guerres est plus propice à la fabrication de nouvelles voitures (le besoin de produits étant conséquent), tout se complique lors de la seconde guerre mondiale. En effet, à partir de 1939, les usines Berliet sont réquisitionnées afin de construire, à nouveau, obus et camions. Tombées entre les mains allemandes de 1940 à 1944, ces dernières se retrouvent à livrer leurs produits aux allemands. De quoi envoyer l’industriel en prison, quelques années plus tard, lors du contexte tendu de la Libération.

L’entreprise va alors connaître plusieurs années compliquées, mais tout va commencer à s’arranger en 1950. C’est à cette époque Paul Berliet qui reprend le contrôle des Automobiles M Berliet. Succédant à son père (décédé l’année précédente), il va bénéficier des 30 glorieuses et d’un contexte porteur pour développer encore plus celle qui est désormais son bien.

Profitant également d’une réputation toujours excellente, ses camions vont aussi marquer leur époque d’une autre manière. On les retrouvera en effet dans certains films de cinéma, tel que « 100 000 Dollars au soleil » où plusieurs camions de la marque font des apparitions.

Toujours en recherche de défis, Paul Berliet ira même jusqu’à envoyer certains ses camions (modèle GBC 8 6 x 6) en mission dans le Sahara, entre l’Algérie et le Tchad, lors d’un périple qui durera près de deux mois de novembre 1959 à début janvier 1960. Ces derniers franchiront par ailleurs le parcours, démontrant une nouvelle fois la robustesse de ces camions et leurs capacités.

Propriété de l’Etat

Cette période dorée va durer environ 25 ans. Vers les années 70, le succès de Berliet commence à faire de nombreux envieux. Cette entreprise est en effet l’un des derniers constructeurs non-étatique de camions en France.

Cependant, cela ne va plus durer longtemps. Dès 1974, Berliet devient une filliale de la Régie Nationale des Usines Renault. Si l’entreprise garde une certaine autonomie, notamment en absorbant Saviem (Société Anonyme de Véhicules Industriels et Equipements Mécaniques), en 1978, 1980 marque la fin. Berliet disparaît, Renault l’ayant totalement repris.

Cette date, qui marque la fin de l’histoire du constructeur Berliet, ne marque pour autant pas la fin de ce fameux nom. Berliet existe effectivement toujours et représente aujourd’hui une fondation. Cette dernière se bat pour la préservation de l’histoire et du patrimoine des véhicules industriels, toutes marques confondues.

Le salon Epoqu’auto, où de nombreux véhicules étaient exposés a, par exemple, permis de faire connaître la marque, son histoire et la fondation qui la préserve aujourd’hui. Notez également que si vous souhaitez en savoir plus, ces derniers possèdent un conservatoire regroupant près de 150 véhicules. Situé au Montellier, dans l’Ain, des visites sont possible (attention à venir en groupe et à avoir réservé à l’avance). Pour plus d’informations, nous vous revoyons vers le site Internet de la Fondation. N’hésitez pas à vous plonger dans les images et les archives de cette collection capitale de l’histoire des véhicules industriels français.

(Lien vers la fondation Berliet)

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