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Bilan 2018 : une dernière année faste pour le WorldRX (Rallycross) ?

Rallycross de Lohéac, chronique d'un succès [Photos]

Pour la seconde année consécutive, Johan Kristoffersson et PSRX Volkswagen Sweden ont dominé le Championnat du Monde de Rallycross (WorldRX). Une saison 2018 qui se termine dans une ambiance maussade ponctuée par les départs de deux constructeurs, d’une équipe majeure du secteur et d’un ancien champion du monde. Alors, on a voulu vous proposer notre bilan de cette saison 2018 du WorldRX.

Les qualificatifs de la saison 2018 du Championnat du Monde de Rallycross.

  • Domination : domination sans partage de Johan Kristoffersson et de la Polo R. 11 victoires sur 12 pour le duo infernal et 5 podiums pour son coéquipier, Petter Solberg. Le champion du monde 2018 a participé à toutes les finales quand son coéquipier n’en a raté que deux. Sans surprise, c’est PSRX Volkswagen Sweden qui décroche le titre constructeurs.
  • Intouchable : la Polo R WRX n’a pas manqué une seule finale cette saison. Auteur de 20 victoires en WorldRX, Johan Kristoffersson a décroché 18 succès avec la Polo. Si on ne peut nier le talent du suédois, il faut bien avouer que la Polo l’a propulsé dans une autre dimension. Oui, la machine de guerre allemande a tué tout suspens cette saison et a été intouchable cette année !
  • Constructeurs : 12 finales, 6 places à chaque fois, sur les 72 qualifiés de la saison seuls 7 viennent d’équipes privées. Guerlain Chicherit (1 fois), Jérôme Grosset-Janin (1 fois), Jānis Baumanis (1 fois) et surtout Niclas Grönholm (4 fois) sont les heureux élus. Preuve que les teams supportées par des constructeurs (Volkswagen, Peugeot et Audi) n’ont pas trop laissé de place aux privés.
  • Pénalités : malgré plusieurs pénalités cette saison (dont une disqualification au Portugal qui a offert une victoire sur tapis vert à Kristoffersson), Mattias Ekström est devenu vice-champion du monde de Rallycross pour la seconde année consécutive.
  • Bons débuts : GCK et GRX Taneco faisaient leurs débuts cette saison en Championnat du Monde de Rallycross. Et pourtant, ces deux équipes ont su montrer de belles choses. Les deux équipes ont su placer 6 fois au moins une de leurs autos en finale. Mieux encore, Niclas Grönholm termine meilleur pilote privé de la saison. Une 7e place au championnat entre les deux frères Hansen, tous deux pilotes Peugeot Sport.
  • Résistance : le Rallycross de Lohéac a fait le plein d’engagés, propose une piste historique et voit son directeur (Patrick Germain) s’affirmer face à IMG. Une forme de résistance qui participe à la communication et à la popularité de l’évènement. Cette année, avec plus de 80.000 spectateurs, Lohéac a montré que le Rallycross fait le plein en France et reste le numéro 1 en WorldRX !
  • Super-héros : Petter Solberg a annoncé avoir disputé les 3/4 de la saison en étant malade et sous traitement. Pourtant, il a longtemps était à la lutte pour le titre de vice-champion du monde. Malheureusement, sa fin de saison ne fut pas idéale et le norvégien termine 5e. Son erreur à Austin lui coûte une victoire qu’il aurait amplement mérité. Un super-héros capable de résister mais qui reste humain et commet des erreurs.

Les plus et les moins de cette saison 2018 du Championnat du Monde de Rallycross.

Les plus :

  • Johan Kristoffersson : un métronome qui n’a pas flanché cette saison. Avec 28.5pts sur 30 possibles récoltés par course en 2018, le suédois a réalisé une saison parfaite. Pas bon pour le spectacle mais bon pour prouver son talent et la perfection de sa voiture.
  • Sébastien Loeb : il est le seul pilote a avoir su chiper une victoire à la machine Kristoffersson. Il termine quatrième du championnat et meilleur pilote Peugeot Sport. Sa remontée en demi-finale à Lohéac restera dans les mémoires. Bref, si Peugeot ne partait pas en 2019, Loeb aurait été un sérieux candidat au titre de vice-champion… voire mieux ? On espère le revoir l’an prochain sur une auto compétitive.
  • Niclas Grönholm : pas de podium cette saison, mais de très bons résultats. Avec une « nouvelle auto » et une équipe privée, le jeune finlandais a montré de très belles choses. L’an prochain, en l’absence de certains grands noms et de deux tiers des constructeurs, il pourrait en profiter pour briller. En tout cas, le fils de Marcus a prouvé qu’il n’était pas là que grâce à son papa.
  • GCK et Guerlain Chicherit : créer une voiture de toutes pièces, proposer une vision différente de la concurrente et choisir une base « imposante ». Un défi assez audacieux que l’équipe franco-britannique a su accomplir. Une première saison pour apprendre, ponctuée de deux finales et d’un podium. Des temps au tour souvent parmi les meilleurs. Maintenant, il faudra concrétiser en 2019. Car, cette année, l’équipe a trop raté le coche lors des semi-finales.

Rallycross, Olsbergs MSE fait l'impasse sur le WorldRX 2019

Les moins :

  • Olsbergs MSE : champions du monde des constructeurs en 2014, l’équipe suédoise termine dernière cette saison ! Pourtant, le duo Larsson/Eriksson était prometteur. Pour un retour en WorldRX (après la pause GRC avec Honda), les suédois sont vraiment passés à côté de leur sujet. C’est LA déception de l’année.
  • IMG : trois épreuves sur des circuits de F1, une vision d’avenir floue et changeante, une réaction tardive face à la domination des constructeurs, et une limitation du nombre d’engagés sur certaines épreuves (Lohéac). IMG nous a offert un Championnat du Monde de Rallycross, mais n’arrive pas à garder le cap. Les années à venir seront cruciales et on espère que le promoteur n’oubliera pas l’ADN du Rallycross.
  • Peugeot Sport : un engagement renforcé mais une équipe qui n’a pas su rivaliser face à la concurrence. Sébastien Loeb est un trompe l’œil mais qui sauve la saison de la marque au lion. Et, le comble, se trouve dans ce départ brutal annoncé il y a quelques semaines.
  • Les pénalités : des décision inégales, une victoire jouée sur tapis vert, les décisions des commissaires de course semblent avoir oublié que le Rallycross est un sport de contact. Comme en Formule 1, trop de choses se sont jouées dans le bureau des commissaires et avec une inconstance flagrante.
  • Grégoire Demoustier : c’était la surprise du début de saison. Voir le Sébastien Loeb Racing s’engager avec le pilote nordiste (mais à licence belge) était surprenant. Ce partenariat débuté en WTCC était plus proche du naufrage cette saison qu’autre chose.

Les ni/ni :

  • Oliver Bennett : l’ancien pilote de motocross en est à sa deuxième saison en Rallycross. Pour sa première en WorldRX, il a monté une auto (BMW MINI Cooper Supercar) et s’est engagé de manière totalement privée et indépendante. Beaucoup de petites erreurs (jusqu’à la fin de la saison) l’empêche de décrocher de meilleurs résultats. Néanmoins, on ne peut que saluer sa motivation et son projet. Maintenant, à lui de s’améliorer en 2019.
  • Audi/EKS : avec une nouvelle S1 et un duo de pilotes au top, on imaginait Audi et EKS arriver à lutter avec PSRX Volkswagen Sweden cette saison. Malheureusement, aucune victoire cette saison. Le titre de vice-champion de Mattias Ekström provient surtout d’un manque de constance de la concurrence. Une grosse déception même si l’équipe termine également vice-championne et qu’Andreas Bakkerud se place troisième du championnat.
  • Guillaume De Ridder : libéré de Cyril Raymond, tout le monde imaginait le belge décrocher le titre de Champion du Monde de Rallycross 2018 en RX-2. Mais, il termine à nouveau vice-champion. Une déception qui contraste avec un réel potentiel concrétisé par ses deux belles victoires.
  • Timur Timerzyanov : pas une seule finale pour le double champion d’Europe de Rallycross cette saison. Le russe a moins été au contact cette saison. Il rate trois semi-finales cette saison (dont une à cause d’une disqualification vraiment limite) mais a été relativement constant cette saison. Il est heureux de voir ce « personnage » toujours présent sur les grilles de départ du WorldRX.

Notre conclusion.

Cette cinquième édition du Championnat du Monde de Rallycross (WorldRX) s’annonçait disputée et palpitante. Au final, les spectateurs ont vite été désenchantés. La faute à une domination sans faille de Johan Kristoffersson et de la Polo R. Le renforcement de l’engagement des constructeurs a aussi fait éclater la bulle « Rallycross » en cette fin d’année. La faute à la volonté de passer le WorldRX à l’électrique mais de voir IMG manquer de clarté dans ses objectifs. Sur la piste, on a vu de belles choses mais la saison manquait vraiment de suspens. Cette cinquième saison est la moins bonne de la jeune carrière du WorldRX. Néanmoins, les odeurs, la puissance et le spectacle offert par certains pilotes (Solberg en tête) ont su donner du plaisir aux fans du Championnat du Monde de Rallycross. Il était bon aussi de voir GCK et GRX Taneco débarquer et savoir réaliser quelques coups d’éclats. Niclas Grönholm a été impressionnant et a même dominé son expérimenté coéquipier, Timur Timerzyanov !

Et vous, que retenez-vous de cette saison 2018 du WorldRX ?

Quel est le meilleur pilote de l'année, selon vous ?

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