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Bilan 2018, la plus belle saison du WRC depuis longtemps ?

Bilan 2018, la plus belle saison du WRC depuis longtemps

Trois pilotes pouvant jouer le titre lors du dernier rallye en WRC, ce n’était pas arrivé depuis longtemps. Trois équipes, trois pilotes, et trois styles différents. Chacun ayant eu des hauts et des bas cette saison. On vous dresse notre bilan du WRC 2018 avec des yeux encore émerveillés par cette saison palpitante !

Les qualificatifs de la saison 2018 du WRC.

Palpitante : c’est vraiment le meilleur qualificatif qu’on puisse donner à cette saison 2018 ! Ogier domine le début de la saison, puis Neuville prend les commandes et ensuite Tänak arrive à faire un trois à la suite qui lui permet d’espérer. Magique. Et bien tomber, c’est cette année que Chronosports Eds et Jérôme Bourret (L’Equipe) décident de ne pas faire « L’année Rallyes 2018 » ! En tout cas, cette saison 2018 restera dans les mémoires.

Champion : 4 titres « faciles » (même s’il n’est jamais facile de gagner) avec Volkswagen puis deux titres disputés et décrochés avec la team semi-officielle M-Sport. Voilà de quoi montrer que Sébastien Ogier est vraiment un champion et qu’il le tremble pas face à la concurrence. Quelques petites erreurs cette année, mais de magnifiques réponses face à une concurrence assoiffée de victoires.

Toyota : revenue en WRC la saison passée, la marque nippone décroche déjà son premier titre mondial. C’est moins rapide que Volkswagen, certes, mais cela confirme l’excellente forme des Yaris WRC. Et dire qu’ils auraient pu faire le doublé avec Ott Tänak…

Intouchable (mais friable) : Ott Tänak était intouchable cet automne. Mais, au Wales, la mécanique de sa Yaris WRC lui a plombé ses chances de titre. Une preuve que l’estonien était le meilleur (en performance pure) cette saison mais que son auto manquait un peu de fiabilité.

70% : c’est un peu ce que l’on retiendra de Thierry Neuville cette saison. Beaucoup de déclarations, de petits mots, de joutes verbales… mais au final ce sont les « 30% » qui ont gagné. Le belge est désormais 4 fois vice-champion du monde des rallyes (dont 3 ans consécutifs, série en cours). Maintenant, à lui de se concentrer à 100% en 2019 pour éviter les petites erreurs de ces dernières années qui lui coûtent, à chaque fois, ses chances de titre.

Les plus et les moins de cette saison 2018 du WRC.

Les plus :

  • Toyota : 5 victoires, 112 temps scratch (Tänak 70, Latvala 24, Lappi 18) et un titre de champion du monde des constructeurs. Pour celle que tout le monde imaginait derrière en 2017, le bilan force le respect après deux saisons en WRC.
  • Sébastien Ogier : résister à la concurrence, gagner quand il le faut (Wales), et ne jamais baisser les bras. Pas de doute, Ogier est un grand champion !
  • M-Sport : plus petit budget de la saison, mais une auto toujours au top. Peut-être moins qu’en 2017, mais la Fiesta WRC’17 reste la championne du monde. Malheureusement, elle perdra le n°1 l’an prochain avec le départ d’Ogier pour Citroën.
  • Ott Tänak : depuis 2011, on le sait très rapide. Mais, depuis son retour en WRC en 2015 il est de plus en plus rapide et de plus en plus constant. Et si c’était lui le seul capable de mettre fin au règne des français en WRC ?
  • Skoda Motorsport : 1-2-3 en WRC-2, avec un jeune pilote et un « tarmac master » qui gagne sur terre, l’équipe tchèque a été impériale et intouchable cette année. Un succès visible partout, et pas qu’en mondial. La saison 2019 sera très intéressante car Volkswagen Motorsport revient. Le duel de cousines sera l’affiche de la prochaine saison.
  • Jan Kopecky : si on évoque le WRC-2, on est obligés d’évoquer le pilote tchèque. Quel beau cadeau pour sa fidélité à Skoda que de lui permettre de décrocher ce titre de Champion du Monde ! Le tchèque a été impressionnant, aussi bien sur terre que sur asphalte. Et dire qu’il y a bientôt 20 ans, il roulait (déjà) en WRC, sur une Fabia… mais avec beaucoup moins de réussite.
  • Kalle Rovanperä : 9 rallyes, 4 victoires (dont 2 au scratch), 3pts au classement WRC et 3e en « deuxième division » pour sa première saison complète. Le tout, à 17 ans ! Le jeune finlandais est impressionnant. En 2020, il débarquera en « première division ». Si son adaptation est aussi bonne que celle de Lappi, le plan d’Harri Rovanperä pourrait fonctionner et son fils devenir champion du monde…

Les moins :

  • Hyundai Motorsport : avoir 4 pilotes tous capables de gagner des rallyes, et de jouer un top 3 sur chaque manche, c’est unique. Louper le titre constructeurs avec une telle équipe, c’est unique aussi. Critiquer les consignes d’équipes données par les adversaires, c’est compréhensible. Mais, peut-être que pour gagner un premier titre en WRC (aucun titre récolté depuis leur retour en WRC en 2014), il va falloir bosser en équipe justement.
  • Andreas Mikkelsen : le norvégien n’a jamais su trouver une confiance totale en sa monture cette saison. L’an passé, il faisait des miracles avec la Fabia R5 ou lors de ses piges chez Citroën ou Hyundai. Les pilotes ont presque tous des années sans. Pourtant, cette année, le norvégien n’a pas abandonné une seule fois. Et, c’est le seul pilote du top 12 à avoir réalisé cette performance. Alors, espérons que 2019 sera meilleure pour lui et qu’il n’aura pas besoin de ses avocats pour défendre son volant à temps complet chez Hyundai.
  • Elfyn Evans : l’an passé, il a pu gagner un rallye grâce à ses pneus DMACK et quelques consignes d’équipe. Mais, sa saison 2018 fut très moyenne, voire brouillonne parfois. A l’inverse d’Ott Tanak (avant 2015) on ne sent pas la même capacité à claquer des temps et à progresser. Confirmé par M-Sport pour 2019 (alors que d’autres pilotes étaient disponibles), le gallois devra se ressaisir.
  • Ça se chicane : comme en WorldRX, certaines décisions ont pu surprendre. Surtout, cette pénalité infligée à Ogier mais à pas Neuville au Rallye du Mexique sur cette histoire de chicane déplacée. Heureusement, le titre ne s’est pas joué à là-dessus. Les pénalités pour les chicanes « déplacées »/ignorées, seront plus lourdes en 2019. Mais, espérons qu’elles soient justes…
  • Le balayage : c’est la même histoire depuis des années, le balayage peut faire ou défaire une victoire. On le sait, les pilotes le savent aussi. C’est le jeu. Mais, la FIA pourrait équilibrer les choses en faisant partir les Rally-2 devant ou en remettant en place la spéciale de qualification avant le rallye.
  • Les points de la Powerstage : 5 points pour un temps scratch ? Sérieusement ? Un pilote ne disputant que les Power Stage, et s’ils les gagnaient toutes, aurait pu marquer presque autant de points (65) que Craig Breen (67) qui a disputé 11 des 13 rallyes. Ou, une victoire en Power Stage représente plus de points que la 8e place au général d’un rallye…

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Les ni/ni :

  • Jari-Matti Latvala : de justesse, le finlandais gagne un rallye cette saison. Il est, ainsi, toujours en mesure de battre Sébastien Loeb sur le record du nombre de saisons consécutives (11) avec, au moins une victoire ! Malheureusement, Latvala aura connu une saison délicate et en dents-de-scie. Un coup à cause de la mécanique de sa Yaris WRC, un coup à cause d’une boulette. Pourtant, sur chaque rallye, Jari-Matti Latvala est capable de réaliser de très bons temps. Et, c’est l’un des rares !
  • Citroën Racing : une seule victoire (grâce à Sébastien Loeb ou à la défaite des autres, question de point de vue). Le licenciement de Kris Meeke. Les nombreuses petites erreurs de Craig Breen mais son podium en Suède. Une année très contrastée pour l’équipe française. L’inter-saison a même été marquée par la signature d’Ogier mais la perte de Sébastien Loeb. En 2019, la C3 WRC misera tout sur Ogier pour éviter de sombrer dans l’anonymat. De même, la campagne en WRC-2 avec Stéphane Lefebvre et la C3 R5 a été transparente.
  • Dani Sordo : épatant en début de saison (belle régularité, même sur la terre), l’espagnol n’a pas su (une fois de plus) gagner à domicile. Certes, son programme partiel ne l’a peut-être pas aidé. Mais avec deux abandons sur asphalte (Monte-Carlo et Allemagne), l’ancien coéquipier de Loeb chez Citroën a un peu déçu tout de même.

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Conclusion.

Cette édition 2018 du WRC s’annonçait comme un beau duel arbitré par Toyota. Et, le résultat a été encore meilleur que ce que l’on pouvait espérer ! La saison fut, en effet, vraiment magnifique ! 5 vainqueurs différents, une bagarre à trois pour le titre, beaucoup de changements de leader dans chaque rallye… Le cru 2018 a été mémorable. Certes, on pourra dire « qu’à la fin c’est toujours le mémé qui gagne ». Mais, le Championnat du Monde des Rallyes à retrouver ses lettres de noblesse depuis 2017. Cette saison confirme l’idée. Maintenant, il faut que ça dure. Pour le sport, il faut espérer que 2019 soit encore plus indécise comme saison. Enfin, un cinquième constructeur ferait un bien fou au WRC. Trinquons à cette magnifique saison et à la future qui, sur le papier, a tout pour être palpitante !

Et vous, que retenez-vous de cette saison 2018 du WRC ?

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