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Dakar 2019 : Vladimir Chagin, un Team Manager heureux chez Kamaz

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Une fois de plus, Kamaz a remporté la catégorie camion sur le Dakar 2019. Pourtant, tout ne fut pas simple pour l’équipe russe qui fêtait ses 30 ans de présence sur le mythique rallye-raid. Nous avons eu la chance de pouvoir revenir sur cette course avec le team manager Kamaz, un certain Vladimir Chagin. Le « Tsar » du Dakar s’occupe désormais de diriger l’équipe et a vu son ancien mécanicien, Eduard Nikolaev, remporter son 4e Dakar en tant que pilote !

Un Dakar plus court mais plus dur pour Kamaz !

Le Mag Sport Auto : Bonjour Vladimir. Quel bilan pouvez-vous dressez de la course ?

Vladimir Chagin : Je suis content que nous ayons résisté à la concurrence, qui était plutôt sérieuse cette année. Une route tout à fait compliquée, du sable infranchissable, de l’air chaud, la température qui atteignait les 45 degrés, les engins qui surchauffaient – tout semblait contre nous. Durant la course, c’était clair que celui qui aurait le moins de problèmes obtiendrait le meilleur résultat. Et ils en ont tous eu. Le gagnant, Eduard Nikolaev n’y a pas échappé. Cependant, lui et Sotnikov, s’en sont sortie, montrant au monde du sport leur supériorité. En fait, le pourcentage de camions ayant terminé la course est moins élevé. De temps en temps, les gens me demandent : comme votre team fait pour tout le temps gagner ? Vos rivaux trouvent-ils toujours de l’intérêt à disputer la course ? Ne sont-ils pas irrités et à juste titre ? Dans ce cas-là, je réponds : on commence tous la course de la même façon. Cependant, ce il n’y a pas que le véhicule qui gagne, c’est surtout les équipages ! Et les nôtres se renforcent d’année en année et continuent de s’entraîner. Par la suite, nous sommes probablement plus déterminés à gagner que d’autres. Quand, dans ce genre de compétitions, des compagnies mondialement connues comme les allemands Mercedes et Man, le Tchèque Tatra, l’italien Iveco et d’autres terminent derrière Kamaz, cela nous rend tout simplement fier.

LMSA : Que pensez-vous de l’édition de cette année, 100 % péruvienne ?

VC : C’était plus court en termes de kilomètres et de jours, mais plus long en termes de nervosité. Plus dur aussi en termes de temps où je devais littéralement « me transformer ». Je ne peux pas décrire ce sentiment. On a fait face à des situations qui n’avaient rien à voir avec ce qu’on avait pu vivre auparavant. Tout le monde a pu le voir. On se devait de réagir correctement et rapidement à tout, de communiquer avec l’organisation, les commissaires de courses, avec l’équipe, avec les spécialistes en termes techniques et sportifs, etc.… On se souviendra de ce Dakar juste pour ça. Mais je suis content que tout ce soit bien terminé, surtout que nous avons perdu la moitié de l’équipe en route. Je ne me souviens pas ce ça se soit déjà produit. Notre stratégie était faite pour 4 équipages et seulement 2 sont arrivés. Néanmoins, bravo : ils l’ont fait !

LMSA : Une victoire pour les 30 ans de Kamaz, le but est atteint ou vouliez-vous un triplé Kamaz ?

VC : On vise toujours le meilleur résultat. On se souviendra du Dakar 2019 pour son extrême complexité. Durant tout ce temps là, on se sentait une énorme responsabilité envers tous les fans russes et les partenaires du team. La lutte et l’enthousiasme ont gardé tout le monde sur le qui-vive jusqu’au dernier jour de la course. Pour nous, c’était important de démontrer l’avantage de la technologie russe et de notre école de sport mécanique. C’est encore plus plaisant d’avoir réussi à gagner l’année du 50ème anniversaire de l’usine Kamaz. Nous sommes honorés de porter notre drapeau et de promouvoir la marque.

Une fierté de représenter la Russie sur le Dakar !

LMSA : Pouvez-vous nous en dire plus sur votre camion, le Kamaz 43509 ?

VC : Au départ en Amérique du Sud, 4 nouvelles modèles de camions russes étaient engagés. Et ce, à cause des changements de règlement du Dakar. Ces derniers limitant le volume maximal des engins dans la catégorie des camions à 13 litres depuis 2019. Ainsi, le team a dû redessiner un camion, qui est devenu la priorité des derniers développements, avec les technologies du sport moderne et une équipe de 30 ans d’expérience en rallye tout-terrain. Le nouveau camion, qui est sorti en mai 2018 et a reçu l’index Kamaz 43509, possède un moteur 6 cylindres. Cela montre en gros les changements significatifs du camion. Des boites de vitesses automatiques ont été installées sur 2 camions. Au niveau extérieur, le nouveau Kamaz diffère des précédentes générations de camions de course par son design moderne/agressif, ses formes hachées et ses coins cassants. En dehors de cela, en l’honneur du 30ème anniversaire de Kamaz-master, le nouveau camion Kamaz est présenté dans une nouvelle livrée, conçue pour souligner l’efficacité technologique de la nouvelle ligne du véhicule et pour marquer le développement des technologies modernes.

LMSA : Comment le Dakar est-il suivi en Russie ? Votre équipe est-elle une « fierté nationale » ?

VC : Notre team a énormément de fans. C’est une grosse responsabilité que de ne pas décevoir ces fans et de leur offrir des performances décentes.

Vladimir Chagin est uniquement focalisé sur le présent.

LMSA : Vladimir, vous avez arrêté de rouler après le Dakar 2011, est-ce quelque chose qui vous manque ? Pouvons-nous espérer vous revoir un jour courir sur une course ?

VC : J’ai l’impression que le temps où j’étais pilote fait déjà partie de ma vie passée. Maintenant j’ai d’autres buts, d’autres tâches à accomplir et d’autres lignes directrices. Je n’ai simplement plus le temps de revenir mentalement à cette ancienne vie. De plus, il y a des personnes pour faire ce boulot. J’ai réalisé que je suis bien plus utile à notre team et au sport mécanique russe dans ce rôle.

LMSA : Vladimir, quelles sont vos tâches en tant que Team Manager de l’équipe Kamaz ?

VC : Mes tâches sont de travailler avec toute l’équipe. Gérer les finances, les planifier, échanger avec les partenaires… Je participe également au design des camions. Cela a d’ailleurs commencé il y a longtemps, quand j’étais encore mécanicien dans l’équipe ! Je participe aux réunions techniques avec nos ingénieurs et je prends part aux décisions techniques pour l’avenir de nos camions. J’adore ce que je fais ! C’est très important de transmettre mon expérience à la jeune génération. J’apprécie les victoires actuelles de l’équipe encore plus que je n’ai pu apprécier les miennes !

LMSA : Vous faites partie de ces pilotes qui ont contesté le Dakar en Afrique et en Amérique du Sud. Lequel avez-vous préféré ?

VC : Aucune course ne se ressemble – que ce soit le rallye-raid Dakar en Afrique, le Dakar en Amérique du Sud ou encore le Silk Way Rally. Chaque course a ses particularités et les participants les attendent avec impatience.
Je pense qu’en allant en Amérique du Sud, le Dakar n’a rien perdu. La première année, je me souviens, tout le monde était nostalgique, ils disaient que c’était mieux en Afrique.
L’Argentine, le Chili, le Pérou sont des pays fait pour le Dakar. Le relief, les paysages, le terrain lui-même est fait pour cela : Les dunes, les pierres, les rochers, les déserts. Même le climat est plus rude. En Amérique du Sud, c’est l’été en Janvier, donc la température est plus haute de 10/15 degrés par rapport à l’Afrique. Et puis la population est très accueillante. Les argentins, les chiliens et les péruviens sont toujours prêts à aider les participants s’ils ont besoin d’aide.

LMSA : Si vous pouviez participer à un autre sport, lequel serait-ce ?

VC : Il y a eu une période où j’étais très intéressé par le hockey. Pendant 5 ou 6 ans j’ai presque complètement délaissé les sports mécaniques. Pour être précis, j’ai continué à rouler en moto et petit à petit j’ai appris à conduire une voiture mais toutes mes pensées étaient tournées vers le hockey. À 14 ans, je suis retourné vers les sports mécaniques, je ne me souviens plus pourquoi ni comment. Apparemment parce que c’était réellement mon truc. Pourtant j’aime toujours le hockey, il y a quelques années, j’ai même été joué dans notre team Kamaz !

Un grand merci à Vladimir Chagin pour ses réponses ainsi qu’à l’équipe Kamaz pour leur disponibilité.

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