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ELMS, interview Nicolas Jamin : « Finir la saison sur une bonne note »

ELMS : Nicolas Jamin

À moins de deux semaines de la finale de l’ELMS à Portimao (30 octobre-1er novembre), Nicolas Jamin et le Panis Racing occupent respectivement le troisième rang des classements Pilotes et Équipes. L’objectif est de rester sur le podium, au terme d’une saison 2020 particulière.

LMSA – Nous vous avons interrogé fin mai dernier, au sortir du confinement, avant la reprise des courses. Vous nous disiez alors avoir « les dent qui traînent par terre ». Comment vous sentez-vous maintenant?

Mon état d’esprit est assez similaire, même si c’est la fin de saison. D’habitude, l’année d’ELMS est étalée d’avril à octobre. Là, tout est allé très vite depuis la reprise, tout était beaucoup plus condensé. Il ne reste maintenant qu’une course et l’état d’esprit reste le même. En plus, nous sommes bien placés au championnat. Ça donne envie de finir la saison sur une bonne note.

LMSA – Globalement, comment jugez-vous votre retour au volant après des mois d’arrêt?

Je suis plutôt satisfait. C’est ma première saison avec Panis Racing et Goodyear, cela demande de l’apprentissage, un pilotage différent. Nous avons eu peu d’essais et j’arrive à être dans le même rythme que mes équipiers. L’entente est bonne, la performance aussi.

LMSA – Retrouver le rythme n’a-t-il pas été trop difficile?

Ça allait. Nous avons fait deux jours d’essais avant de reprendre la saison. En seulement cinq, six tours, je me sentais dedans. C’était comme si je n’avais jamais arrêté. Le rythme ne s’est pas trop perdu, mais la motivation était décuplée.

LMSA – Maintenant que vous avez passé plus de temps chez Panis Racing, comment vous sentez-vous dans l’équipe?

Nous arrivons à la fin de la première saison d’ELMS et j’ai l’impression de faire partie de l’équipe depuis plusieurs années. La relation avec l’équipe est très bonne. Will (Stevens), Julien (Canal) et moi-même sommes sur la même longueur d’onde lors des débriefings techniques. Olivier (Panis), Sarah et Simon (Abadie) m’ont aussi accueilli comme une famille. Je me sens très bien.

LMSA – Vous vous battez pour le podium final aux championnats Pilotes et Equipes en ELMS. On imagine que conserver cette place est l’objectif principal, au moment de préparer la finale de Portimao.

C’est clair. Avant le début de saison, nous visions la victoire aux championnats. Nous avons rapidement vu que nous manquions de performance pure, face à United Autosports ou G-Drive. Nous avons également manqué de chance au cours de la saison. Maintenant, on est troisième et on veut finir sur le podium. C’est le minimum et on va bien se préparer.

LMSA – Sans malchance, auriez-vous été capables d’aller jouer le titre?

Je n’ai pas envie de faire le calcul des points que nous avons perdu. Nous sommes là où nous sommes aujourd’hui et nous ne changerons pas le passé. Mais il est sûr que sans malchance, nous aurions été plus proches des leaders. Le podium au championnat aurait été presque acquis. Jouer le titre, je ne sais pas. Il nous faut encore progresser sur certains points pour cela.

LMSA – Quel est l’état d’esprit dans l’équipe à l’abord de cette dernière manche, à Portimao?

Nous avons l’état d’esprit d’un attaquant. Portimao est un circuit qui a toujours réussi, à l’équipe aussi bien qu’à moi. Mais on sait très bien que pour garder la troisième place, il faudra battre Graff et G-Drive. Ils sont rapides mais, comme nous, ont été malchanceux cette saison. Il va falloir viser le plus haut possible, la victoire au scratch même. Cela implique d’être très solide.

LMSA – En ELMS, on vous voit régulièrement un peu distancés en qualifications. Mais vous parvenez souvent à très bien remonter en course. Qu’est-ce qui fait cette force?

Comme en course, nous avons régulièrement manqué de chance en qualifications. À Spa-Francorchamps, nous avons eu un problème de température de boîte à air. La voiture s’est mise en mode sécurité. À Monza, une crevaison lente nous a ralentis. Avec les pneus Goodyear, on sait de toute façon qu’on ne vise pas la pole position. La course est le point fort de nos gommes. Nous ne sommes donc pas inquiets quand nous partons loin. Les manches durent quatre heures, nous avons le temps, même s’il faut être opportuniste et prendre certains risques.

LMSA – Que vous manque-t-il pour aller jouer la victoire à chaque course?

Nos qualifications impactent certainement nos courses, puisqu’il faut souvent remonter. Sur les runs de course, on peut toujours progresser mais la performance est régulièrement très bonne. Les ingénieurs analysent ce que l’on peut faire de mieux, comparent les données des années précédents et nous appellent régulièrement. Après, à nous de tout mettre bout à bout sur la piste, pour aller plus vite.

LMSA – Êtes-vous globalement satisfait de votre saison?

En tant que pilote, je suis très content. Ce n’est jamais facile d’arriver dans une nouvelle équipe, avec de nouveaux pneus et de multiples autres changements. Mais je m’y suis fait vite et les résultats sont bons, même si l’on peut toujours s’améliorer. Je suis aussi satisfait avec l’équipe. Nous connaissons nos forces et nos faiblesses. Nous savons dans quels domaines nous devons progresser.

LMSA – Vous avez disputé les 24 Heures du Mans Virtuelles (13-14 juin). Faites-vous toujours un peu d’esport aujourd’hui?

Honnêtement, non. Mon appartement de Rouen est petit et le simulateur prend la moitié du salon (rires). Les 24 Heures du Mans Virtuelles étaient un événement très agréable, mais une fois finies, j’ai remballé l’équipement et j’ai tout remis chez mes parents. J’utilise cet outil si jamais je dois rouler sur un circuit que je ne connais pas, pour apprendre le tracé. Mais maintenant que je connais tous les circuits, je ne m’en sers pas plus que ça.

LMSA – Justement, quel est le dernier circuit que vous avez appris avec un simulateur?

Ça date de mon retour des États-Unis, début 2018, avant ma première saison d’ELMS. Il y avait beaucoup de circuits sur lesquels je n’avais jamais roulés, comme Monza, Portimao ou le Red Bull Ring. Je me suis servi des simulateurs et ça m’a bien aidé. Ça peut faire gagner une dizaine de tours (soit environ une session d’essais libres, Ndlr). Comme on a peu d’essais en ELMS, avec les trois pilotes, chaque minute de gagnée est importante.

LMSA – Depuis, vous avez disputé les 24 Heures du Mans réelles avec une troisième place. C’était une course très solide et presque parfaite, non?

C’est sûr. Nous avions une petite équipe, un petit effectif et peu d’essais par rapport aux plus grosses structures. On espérait viser le podium, mais il nous fallait faire une course parfaite… et on l’a fait. Nous n’avons eu aucun pépin, un bon rythme (Nicolas a réalisé la meilleure moyenne des Oreca équipées de pneus Goodyear, Ndlr). C’était une excellente course.

LMSA – Le fait que l’épreuve soit disputée à huis clos n’était-il pas trop perturbant?

Il est évident que cela enlevait un engouement pendant la course, principalement la nuit. Le public donne de l’énergie, motive, surtout quand on se réveille à trois heures du matin pour aller faire son relais. Là, on se sentait presque comme pendant des essais. Une fois dans la voiture, en revanche, ça ne faisait pas de différence. Mais c’est quand même mieux avec les fans !

LMSA – Avez-vous une idée d’où vous évoluerez en 2021? On sait que Panis Racing lorgne sur le WEC, vous sur le projet Peugeot Hypercar.

Panis Racing évolue la faisabilité d’un projet WEC. Ils vont regarder les budgets, les coûts. Je me sens très bien au sein de l’équipe et il serait intéressant de poursuivre avec eux. Mais il y a effectivement l’Hypercar avec Peugeot. Je rêve d’intégrer l’équipe de ce constructeur et j’espère qu’ils choisiront certains de leurs pilotes parmi les jeunes du LMP2. J’ai montré de belles choses aux 24 Heures du Mans et je dois continuer à prouver mes capacités. Je suis persuadé que mon moment viendra.

https://twitter.com/TotalRacingENG/status/1309568251752480768

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