Le Mag Sport Auto

Exclusif : notre interview de Jean-Eric Vergne avant Mexico

A quelques heures, à peine, des premiers essais libres (ePrix de Mexico, Formule e), Le Mag Sport Auto a eu l’immense privilège de poser quelques questions à Jean-Eric Vergne. En dépit de l’échéance et de ses enjeux (JEV est en tête du championnat du monde de Formule e), le Français a pris le temps de nous répondre, avec la gentillesse qui le caractérise et à coeur ouvert. Outre sa -brillante- situation actuelle en Formule e, Jean-Eric est revenu sur sa douloureuse expérience en Formule 1…Un entretien exclusif.

Jean-Eric Vergne : un leader serein !

Julien Barthet, pour Le Mag Sport Auto : Bonjour Jean-Eric. Vous êtes en tête du championnat du monde de Formule e. A quelques heures de l’ePrix de Mexico, comment vous sentez-vous? Plutôt, serein ? Stressé ?
Jean-Eric Vergne : Je me sens plutôt bien. C’est toujours mieux d’être dans la peau du pilote qui a le maximum de points. Mais nous n’en sommes même pas à la moitié de la saison donc cela veut à la fois dire quelque chose et en même temps, pas grand chose, pour moi. Nous avons vu les années précédentes que le championnat se gagnait vraiment dans les dernières courses et que le leader du championnat le perdait toujours à la dernière course. Donc je ne me focalise pas du tout là-dessus pour l’instant et j’essaye de continuer à bien travailler pour essayer de marquer le plus de points possibles pour l’équipe.
 
J.B – LMSA : Quel résultat visez-vous au Mexique ? Est-ce que ce tracé correspond à la Techeetah ?
JEV : C’est difficile de juger car je ne pense pas que nous disposions de la meilleure voiture, d’une. Et de deux, il est tellement facile de faire une erreur en Formule e que c’est presque mission impossible de prédire comment nous allons être ou combientième nous allons finir. L’an dernier je pense que la voiture était plutôt pas mal sur le tracé. Nous avons terminé deuxième, donc j’espère que l’on pourra continuer sur notre lancée ici.
 
J.B – LMSA : Quel est la principale difficulté sur cette piste ? Comment décririez-vous le revêtement du circuit ?
JEV : Le fait que nous soyons très haut en altitude et qu’il y ait moins d’oxygène rend la course plus difficile, physiquement. Après il s’agit probablement du plus beau revêtement du championnat car on utilise un tracé de circuit « normal ». Nous sommes dans le centre ville de Mexico mais c’est un tracé de F1 normal. Nous faisons juste la moitié du circuit [de Formule 1] et des virages différents, pour que cela soit un peu plus serré.
 
J.B – LMSA : Après l’ePrix du Chili et ce combat serré avec André Lotterer, avez-vous discuté en interne, histoire de fixer des limites, dans le cadre de la bataille entre coéquipiers ? Disposerez-vous, désormais, d’un statut privilégié sur la piste, face à André, dans l’optique du championnat ?
JEV : Rien ne change dans l’équipe. Je pense que l’incident qui est arrivé avec André n’arrivera plus jamais. Mais nous sommes deux compétiteurs et nous allons continuer à nous battre en piste. Je pense que c’est mieux pour le sport et c’est bien pour tout le monde. On verra à la fin du championnat ou nous sommes tous les deux, mais je pense que c’est un pilote censé, tout comme moi, donc nous n’allons pas nous accrocher ensemble. Et si je suis plus rapide et que je peux aller chercher des places devant, je ne pense pas qu’il va me bloquer longtemps et pareil dans la situation inverse
 
J.B – LMSA : Je suppose que vous visez, désormais, le titre de champion de Formule E. Dans cette optique, selon vous, quels seront vos plus redoutables adversaires ? Les valeurs sûres comme Buemi et Di Grassi ou, plutôt, des outsiders tels Bird ou Rosenqvist ?
JEV : le titre, oui c’est sûr que c’est quelque chose chose que nous visons tous. Après je ne me fixe aucun adversaire car je pense que le principal adversaire que nous ayons en Formule E, c’est soi-même. Nous l’avons vu l’an dernier avec Sébastien Buemi à Montréal. Donc je vais continuer à me concentrer sur moi-même et pas sur les autres
 
J.B – LMSA : Redoutez-vous plus particulièrement certains circuits, cette saison ?  A l’inverse, où pensez-vous être particulièrement à l’aise ?
JEV : Berlin était un circuit difficile pour nous l’an dernier, le plus dur, nous n’y étions pas très rapides. Donc j’espère que nous serons mieux cette année. A l’inverse, un circuit ou nous étions à l’aise l’an passé,  je pense à la finale de New-York. Donc cela devrait, à nouveau, être un circuit favorable pour nous.

La Formule 1 : une douloureuse expérience pour « JEV »

J.B – LMSA : Comment vivez-vous « l’après F1 ». En avez-vous fait le deuil et vous considérez-vous comme pleinement épanoui, par le biais de vos activités actuelles en sport automobile ? Avez-vous d’autres projets, pour le futur, dans d’autres catégories ? 
JEV : Je vis l’après F1, maintenant, très bien. C’est sûr que j’ai eu une période très compliquée, même dans ma vie personnelle. Mais aujourd’hui, je suis extrêmement content là ou je suis. Donc, oui, j’ai fait le deuil de la Formule 1. Sinon, côté projets sportifs dans d’autres catégories, je vais faire Le Mans en LMP2 et le LMS en LMP2. Et l’objectif, en LMP2, est de gagner des courses et bien sûr, le Mans. C’est un rêve pour tout le monde de remporter cette épreuve et ce sera, évidemment, le but principal. Donc je roule aussi un peu en Endurance mais la Formule E reste, logiquement, l’objectif premier.
 
J.B – LMSA : Comment expliquez-vous cette belle côté de popularité dont vous jouissez, auprès du public tricolore, en dépit de votre retrait de la Formule 1 ? Un petit message à l’égard des lecteurs du Mag Sport Auto qui sont nombreux à vous soutenir ?
JEV : Alors déjà, cela me fait plaisir d’entendre que je jouis d’ une bonne côte de popularité. Je pense que la Formule 1 m’a joué beaucoup de mauvais tours. Je ne pense pas que j’étais au bon endroit au bon moment [Toro Rosso]. Je n’étais pas non plus dans la bonne mentalité en F1. Je pense que j’ai toujours été très rapide, j’ai toujours sur faire de belles courses. Mais en F1 on va dire que je n’ai jamais eu « tout ensemble ». Et quand j’avais « tout ensemble » je subissais des problèmes techniques, surtout la dernière année. Le fait que je marque plus de points que Daniel Ricciardo la première année, puis que je marque le double de points de Daniil Kvyat avant qu’il n’aille chez Red bull, j’ai pris un gros coup de massue sur la tête. C’était un moment très difficile et dans ces moments-là, on essaye de se refermer sur soi même. Et je me suis énormément renfermé sur moi-même dans ma vie sportive et dans ma vie privée. C’était un peu une mauvaise passe pour moi.
En tout cas, si j’ai un message à faire passer; à toutes les personnes qui m’on suivi depuis mes débuts en sport auto, celles qui ont commencé à me suivre en F1 et qui ont toujours cru en moi; et bien cela fait vraiment plaisir de l’entendre et de le savoir. Et je pense que le Jean-Eric Vergne de la Formule 1 n’est pas le Jean-Eric Vergne d’aujourd’hui. Et je suis, désormais, « mille fois » mieux en tant que personne et en tant que pilote, derrière un volant.
 
J.B – LMSA : Jean-Eric, un grand merci pour votre disponibilité et votre sincérité. Pleine réussite pour le week-end à venir.
JEV : Merci à vous tous !

2 Comments

  1. Fleury

    4 mars 2018 at 21 h 30 min

    Quel gachis pour la F1 si son pere avait ete pilote de F1 ca aurait tout change
    F3 anglaise comme rookie avec 2 autres futurs pilotes de F1 14 victoire 13 poles pole en q1 avec une toro rosso de merde….

    • Julien Barthet

      5 mars 2018 at 9 h 09 min

      Il est vrai que Jean-Eric méritait mieux. Sans doute ce baquet, attribué à Kvyat chez Red Bull, avec la fin que nous connaissons pour le Russe…

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