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Formule 1 : « le monde » vs Magnussen, le pot de fer contre le pot de terre ?

C’est un cas épineux, sujet à polémique et perte de patience, celui de Kevin Magnussen. Réputé très « dur » dans sa façon de défendre sa place, le Danois s’attire, encore et toujours les foudres des pilotes, spectateurs mais aussi, de certains journalistes. Alors, le pilote Haas est-il une cible plus facile à viser qu’une autre ?

Magnussen : une défense parfois à la limite

Kevin Magnussen est clairement un pilote difficile à dépasser, qui joue souvent avec les limites de la régularité. Mais dans les faits, les commissaires n’ont que rarement puni le Danois, probablement en raison du caractère « légal » d’une grande partie de ses manoeuvres. Bien sûr, à chaque fois que les commissaires rendent une décision, il y a matière à discussion, ces dernières manquant, parfois, de cohérence. Alors, le cas Magnussen ne déroge pas à la règle.

Il y a quelques jours, à Suzuka, une nouvelle polémique est née (largement -trop ?- entretenue par le binôme de commentateurs oeuvrant sur Canal Plus) après l’accrochage ayant impliqué Charles Leclerc et Kevin Magnussen. Nombre d’observateurs se sont alors offusqués de l’absence de pénalité envers ce dernier. Peut-être parce que le pilote Sauber est francophone et donc, d’avantage apprécié que son opposant du jour ? Toujours est-il que, après explications des commissaires et multiples visionnages de la vidéo au ralenti, la décision semble avoir été prise avec raison.

« Si vous analysez les images avec beaucoup d’attention, ce que vous voyez, ce sont deux voitures qui accélèrent, Kevin qui ne bouge pas et Charles qui le rattrape, encore et encore », décide d’aller à droite et, exactement au même moment – sur la vidéo, ça devait être l’image d’après –, Kevin change de trajectoire. Je pense qu’il est impossible de dire que Kevin l’a bloqué. C’est juste qu’il a pris la décision d’aller à droite une fraction de seconde après que Charles a pris la même décision. Il faut regarder la vidéo à plusieurs reprises et l’analyser en détail pour le voir, mais je pense que c’était juste malencontreux. Et je pense que c’était l’avis des commissaires. » Charlie Whiting

Car, comme à son habitude, Magnussen change de trajectoire très vivement à chaque fois que sa place est menacée (cela peut paraître dangereux, mais nous sommes en F1, rappelons-le et les règles l’autorisent). L’idée étant de contraindre son rival à changer de trajectoire afin qu’il soit positionné à l’extérieur à l’approche d’un virage. A Suzuka, Kevin a procédé comme il le fait toujours mais, malheureusement, Leclerc a choisi la même direction quelques centièmes de seconde avant son concurrent. Il faut savoir, qu’à cette vitesse-là, il est impossible de réagir instantanément pour « bloquer » un pilote. Le geste de Magnussen n’était donc pas prémédité. En conséquence, le classement de cet accrochage en tant qu’incident de course était la décision à prendre.

Oui mais, lorsqu’il s’agit de Magnussen, le moindre contact, la moindre manoeuvre est systématiquement mise sur à son compte, avant-même d’avoir visionné un ralenti. Une attitude « à charge », à son encontre, c’est un fait. A l’inverse, lorsque ce dernier réussit des exploits en qualifications comme en course, rares sont ceux qui le soulignent.

Il est d’ailleurs facile de comparer son cas à celui de Max Verstappen, régulièrement responsable d’accrochages et de sorties de piste. Le Néerlandais est d’ailleurs, depuis peu, puni pour ces manoeuvres. Pour autant, rares sont les critiques régulières et insistantes de ces « observateurs » procédant avec délectation au « Magnussen Bashing ». En revanche, lorsque Max réussit de belles performances, la quasi-totalité des observateurs s’enflamment systématiquement. Il ne s’agit pas, bien évidemment, de comparer le talent de ces deux pilotes, Verstappen étant clairement un cran au-dessus. Par contre, la question de la supposée critique à deux vitesses en F1 peut être posée. Sommes-nous plus tolérants avec les pilotes considérés unanimement comme de « grands » pilotes ? Une nouvelle fois, la question doit être mise sur la table.

Il n’en demeure pas moins que, cette saison, Kevin Magnussen réussit une meilleure campagne que son coéquipier. Il suffit, d’ailleurs, de jeter un oeil aux duels de coéquipiers en qualifications ou à son capital points au championnat pour s’en convaincre. Dommage que sa mauvaise réputation prenne le dessus sur cette réalité.

Le « Magnussen Bashing » : nouvelle tendance en F1 ?

Mais pourquoi un tel acharnement, d’ailleurs ? Sans doute car le Danois est relativement isolé, en F1, avec peu de liens amicaux avec ses collègues et souvent victime des propos, parfois insultants, de la part de patrons d’équipes et autres. Un isolement largement entretenu, donc. De plus, contrairement à plusieurs pilotes, Magnussen ne possède pas d’encadrement omniprésent ni de soutiens financiers majeurs ou encore, d’une nationalité « populaire ». Pas d’amitié particulière, non plus, avec les journalistes. Une cible d’apparence plus faible, donc, ce qui semble donner des ailes à certains. Dommage.

Pourtant, Kevin vient de signer un nouveau contrat portant sur deux saisons, avec l’écurie Haas (écurie peu populaire, elle aussi…). Et l’on imagine qu’une telle confiance n’est pas due au hasard…

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