Le Mag Sport Auto

Formule E : Reportage chez Andretti (Donington)

Lors de notre déplacement à Donington (GB), nous avons eu l’opportunité, en marge des derniers tests de la Formule E, de rencontrer le staff de l’écurie Andretti, engagée dans le championnat 100% électrique. L’occasion de découvrir de plus près la Formule E et son fonctionnement, ainsi que les préparatifs avant expédition du matériel en Chine, pour la première épreuve du championnat 2014/2015…

DHL Sponsor Formula ERob Arnott, Team Manager de l’écurie de Formule E Andretti nous recevait à Donington, afin de nous aider à comprendre d’avantage le fonctionnement d’une monoplace 100% électrique. Passionné, accessible et souriant, Rob nous a ainsi révélé une partie des clés permettant d’obtenir de bonnes performances en piste. Compte tenu que chaque écurie dispose strictement du même matériel, c’est très clairement du côté de la gestion de la batterie (environ 200 kw) et de l’énergie que les différences se feront sur la piste, en plus du facteur pilotes.

Il faut savoir qu’environ six secondes séparent un tour de qualification d’un tour en course. Un véritable gouffre dû précisément à cette notion de gestion d’énergie et d’autonomie. Car, avec environ 40 minutes (en « power saving mode ») de durée de vie pour une batterie, la panne pèse au-dessus de la tête de chaque pilote lors d’une course (d’où l’obligation, pour chaque pilote, de marquer un pit-stop à mi-course dans le but de changer de monoplace). Un peu comme cela est le cas en Formule 1, la Formule E fera donc appel à une notion d’endurance qui pourrait jouer des tours à certains durant le championnat.

volant formule eUn palet situé à l’arrière du volant (voir photo ci-contre) a d’ailleurs été pensé afin d’enclencher le fameux « fan boost », offrant 5 secondes de puissance maximale pendant les courses uniquement. De quoi atteindre la vitesse de pointe maximale (et bridée) de 225 km/h (0 à 100km/h en 3 secondes). Côté boite de vitesses, la Formule E embarque une boite séquentielle Hewland cinq rapports, à commandes au volant.

Autre élément majeur, les pneus de 18 pouces, fournis par Michelin et dont le comportement reste à découvrir pour les 10 écuries engagées, la différence entre des essais sur circuit fermé (Donington) et des courses sur circuits en ville (chaque ville disposant d’un revêtement propre, plus ou moins abrasif et dans un état variant d’un lieu à un autre) ayant de quoi angoisser pilotes et ingénieurs. Cette première saison fera donc officie de test grandeur nature sur ce point précis.

IMG_9312Bien sûr, les pilotes auront également la possibilité de jouer sur les réglages de leurs monoplaces ; barres antiroulis ajustables et suspensions notamment. En revanche, les données télémétriques ne seront pas autorisées lors des Grand-Prix, une façon de remettre le pilotage pur au centre de l’action.

Les écuries de Formule E disposent toutes d’une base située à seulement quelques mètres du circuit de Donington. L’occasion pour nous de poursuivre la visite des installations du Team Andretti, en plein travail avant expédition des monoplaces et outillage automobile vers la première course du championnat, en Chine, logistique assurée par DHL.

L’expédition du matériel

IMG_20140820_111048La principale problématique pour le spécialiste de l’expédition concernant son partenariat avec la Formule E aura été le conditionnement des batteries, compte tenu des risques encourus face aux chocs et autres variations de températures. Pour le reste, les monoplaces –démontées en partie au préalable- sont chargées dans des box (voir photo) et protégées, travail d’emballage réalisé en totale collaboration entre les écuries et DHL.

Pour chaque écurie, l’expédition de tout le matériel nécessaire au bon fonctionnement des quatre monoplaces (2 par pilote) sur les courses revêt en caractère particulier, aucun retour à la base n’étant planifié durant la durée du championnat. Pour réduire les coûts, le matériel passe en effet d’une course à l’autre sans « étape » à Donington, du moins jusqu’à l’abord de la partie Européenne du championnat, composée de Monaco, Berlin et Londres. Le calendrier a d’ailleurs été pensé de manière géographiquement logique, toujours dans cette optique de réduction des émissions de CO2. Le matériel est en effet acheminé, selon les épreuves, par voie aérienne et maritime.

Concrètement, pour une équipe comme Andretti, cela signifie que toutes les éventuelles réparations, remplacements de pièces et réglages des monoplaces devront être réalisés durant les déplacements sur les courses, avant ou après les différentes épreuves du championnat. Une véritable course contre la montre pour les mécaniciens et ingénieurs !

Merci à toute l’équipe Andretti, Rob Arnott et aux équipes de DHL pour leur chaleureux accueil.

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