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Interview : Damien Meunier, une première sensationnelle !

Rallycross Interview Damien Meunier DS3 WRX

Les 5 et 6 mai derniers, Damien Meunier faisait ses débuts sur une Supercar en Championnat de France de Rallycross. Si, depuis Kerlabo l’été dernier, on ne doutait pas de son potentiel, il a bluffé tout le monde à Abbeville ! De beaux résultats en qualifs et une victoire en demi-finale, et une 5e place au championnat. Un excellent début de saison sur lequel Damien revient avec nous dans cette interview exclusive.

Damien Meunier, des débuts remarqués au Rallycross d’Abbeville !

Le Mag Sport Auto : 5e au Championnat à l’issue de cette première manche et vainqueur de ta semi-finale, c’est une découverte de la Supercar tonitruante ! Quel est ton bilan du week-end ?
Damien Meunier : J’aurais juste aimé que ça se termine bien en finale. Mais bon, ce sont les aléas de la course. J’aurais préféré garder la place que j’avais au départ, après le premier virage, troisième donc. Mais bon, je n’ai pas trop de regrets. Je n’ai juste pas compris la décision de course. Pourquoi ils arrosaient avant la finale. 8 supercars au départ, avec toute cette puissance et sans tour de reconnaissance… je n’ai pas trop compris leur décision.

L’accrochage avec Laurent Bouliou, c’était de ma faute. J’allais trop fort et j’aurais dû être plus patient. Je voulais tellement doubler Phillipe Maloigne qui était devant et venait de passer ! A la base je rentrais fort pour doubler les deux à l’extérieur mais Maloigne a écarté Laurent vers moi et j’ai tapé Laurent… Du coup j’ai cassé une jante et ça m’a fait abandonner.

LMSA : Quels sont tes points de satisfaction et tes points de déception sur cette première course avec la DS3 WRX ?
DM : En positif, je ne m’attendais pas du tout à ça. Je pense que personne ne s’attendait à un aussi bon résultat. J’ai évolué tout le week-end et je gagne ma demi-finale ! C’est quand même excellent. J’arrive en Supercar à 17 ans, je n’ai pas le permis et je gagne ma demi-finale avec 8s5 d’avance sur le deuxième ! C’est assez extraordinaire ce qui m’est arrivé !
Pour le négatif, c’est la finale bien sûr. Où l’arrosage, trop intensif, a gâché la course et ma fin de week-end. Je suis peut-être rentré vite sur la partie terre, mais ça aurait dû passer. Mais je me suis pris une bosse et la voiture est partie en tête-à-queue. Je me suis fait avoir au même endroit et dans les mêmes conditions que Samuel Peu en semi-finale.

LMSA : L’arrosage et le jump ont fait débat à Abbeville, quel est ton point de vue sur la question ?
DM : Personnellement, par rapport au jump, je n’ai eu aucun souci avec. On avait prévu le set-up de la voiture pour, donc pas de soucis. Je pense que ceux qui ont cassé sur le jump n’avaient pas prévu le bon set-up… Moi je n’ai pas eu de problème avec. Après, ils l’ont raboté, mais ça n’a pas été un problème, au contraire, ça secouait moins dans l’auto du coup. Le jump m’a moins posé de souci que l’arrosage de la piste…

Avec tout ça, samedi, on a terminé à 21h ! En fait, peut-être que le circuit n’était pas totalement prêt pour une course de Rallycross… je ne le pense pas en tout cas.

En semi-finale et en finale, j’ai eu le droit à une piste détrempée… c’était un carnage ! Je suis derrière les autres, en un coup d’essuie-glace ils sont devant moi, je ne peux même pas les esquiver !

LMSA : Et ton avis sur ce circuit d’Abbeville ?
DM : Malgré les soucis d’arrosage, j’ai trouvé le circuit sympa. J’ai bien aimé les passages sur la terre. Dommage que le circuit était défoncé, car c’était un très beau tracé. Un tracé qui me convenait d’ailleurs. Peu de ligne droite, beaucoup de technicité, il fallait rester très propre… Un circuit qui me convient. Et, je pense que l’an passé, c’est sur un circuit comme ça qu’on aurait pu jouer devant avec la C2 !

Damien Meunier, la révélation du Rallycross France 2018 ?

LMSA : Après un tel résultat, revois-tu tes ambitions à la hausse pour la saison ? Soyons fous, après Abbeville, imagines-tu pouvoir jouer un podium ou la victoire cette année ?
DM : Pour le moment, on voit qu’on est dans le coup. Le plus dur, ça va être d’y rester. Notamment, sur un circuit comme Essay. En effet, avec ses lignes droites ce sera dur de rivaliser avec les tout nouveaux moteurs, comme ceux des Clio. Après, mon objectif sera de jouer la finale à chaque course. Bien sûr, ça va être très compliqué car il y a un sacré niveau en Supercar. Mais on va tout donner pour être en finale à chaque fois, marquer de gros points. Car, au final, c’est la régularité qui va payer. Pour le podium, j’aurais pu le jouer à Abbeville… donc, ça reste possible. Mais, tout est une question de chance aussi. On va surtout se concentrer sur les finales. Mais oui, un podium pourrait être envisageable sur une ou deux courses. De toute façon, on investit pas dans une Supercar si ce n’est pas pour jouer la gagne. Sans être prétentieux, je pense que sur des circuits comme Faleyras ou Lavaré, je peux avoir une chance d’y faire un podium.

LMSA : Quels seront tes objectifs pour Essay ?
DM : Le but sera d’aller en finale. De marquer de bons points, comme à Abbeville. Et aussi de rester dans le même rythme. Et puis de prendre un maximum d’expérience.

LMSA : Comment s’est passée la prise en main de la DS3 WRX ex-Knapick ?
DM : Ça été plutôt rapide (rires). A Lohéac (lors des essais pré-saison ndlr), en même pas un tour je me suis fait à la voiture. Après le premier virage j’avais compris comment elle réagissait. Je me suis surpris là-dessus, et j’ai surpris tout le monde aussi. A Abbeville, on découvrait le circuit. Et, cela n’a pas été simple. Surtout que je n’ai fait que deux séances d’essais le matin, la faute aux problèmes avec le jump. J’ai fait 3 tours sur le sec et 3 tours sur le mouillé, donc j’ai dû vraiment découvrir le circuit en qualifications. Mais, au final, ça s’est bien passé.

Du Super1600 au Supercar en 12 mois !

LMSA : Peux-tu expliquer à nos lecteurs quelles sont les principales différences en terme de pilotages entre une S1600 et une Supercar ?
DM : Oula ! … Tout est différent ! La Super1600, rien qu’au niveau des stratégies de départ, ce n’est pas du tout pareil. C’est beaucoup plus complexe. C’est plus dur à piloter également. Dans une Super1600 on se bat tout le temps avec l’auto. Alors que dans une Supercar, on la dirige plus facilement. Son pilotage est très précis, l’auto est super réactive. En Supercar, tous les virages « te sautent à la gueule ! » Tu accélères à peine que le virage arrive, et les virages s’enchaînent très très rapidement. Après, une Super1600 n’a pas les mêmes trajectoires qu’une Supercar. La Supercar est une 4 roues motrices, contrairement à la S1600. Sinon, la Super1600 avant de passer à la Supercar c’est très bien par contre ! Je ne regrette pas d’avoir fait Super1600/Supercar directement. Sur une Super1600 tu commences direct avec du pied gauche, alors que sur une Twingo Cup c’est très compliqué d’en faire !

LMSA : Comment s’est passée le week-end avec les autres pilotes ? On a vu Guerlain avoir un geste amical envers toi en finale, sont-ils tous aussi bienveillants avec toi ?
DM : Dans l’ensemble, ils étaient tous comme ça à me féliciter, me complimenter. Fabien Pailler m’a félicité à plusieurs reprises. Guerlain, tout au long du week-end, m’a félicité et me donnait des conseils. Au départ de la finale, on s’est mis dans un coin et on a discuté. Antoine Massé et Julien Fébreau sont aussi venus me féliciter après la finale. Il y a une très bonne ambiance en Supercar et je pense que je me suis très bien intégré tout en restant propre et rapide avec la DS3. Donc oui, je pense que je me suis bien intégré à la meute du Supercar.

LMSA : Que te souhaiter pour la suite de la saison ?
DM : Un podium ! (rires)
Qu’est-ce qu’on pourrait me souhaiter ? Une progression constante et se faire remarquer par des équipes « officielles » et qu’on me contacte à la fin de l’année. J’aimerais beaucoup qu’on me propose un volant en France en 2019 dans une équipe qui joue le championnat. Ou une équipe avec des voitures plus performantes. Hervé Knapick m’a donné une de ses meilleures autos, mais elle reste plus âgée que les nouvelles autos, comme celles de chez G-FORS. J’ai d’ailleurs proposé à Guerlain Chicherit de me faire rouler en Mégane mais il m’a dit que c’était trop tôt (rires).
Ou alors, aller à l’international.

Retrouvez Damien Meunier à Essay, ce week-end, pour la seconde manche du Championnat de France de Rallycross ! Nous remercions Damien pour sa disponibilité et ses réponses.

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