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A la rencontre des frères Gryazin, Vasiliy et Nikolay : deux passionnés de sports mécaniques !

A la rencontre des frères Gryazin, Vasiliy et Nikolay deux passionnés de sports mécaniques !

Vasiliy Gryazin (l’aîné) et Nikolay Gryazin (le cadet) sont les fils de Stanislav Gryazin, champion russe des rallyes qu’on a aussi pu voir en PWRC au début des années 2000. Les deux frères Gryazin sont passés par l’ERC et ont su y faire des étincelles. Désormais, Vasiliy se concentre sur le RX2 en championnat du monde de Rallycross quand Nikolay impressionne en WRC-2. Nous avons eu l’opportunité de les rencontrer il y a quelques semaines et d’échanger avec eux sur différents sujets. Notre interview a été enregistrée avant le Wales Rally GB, ne soyez donc pas étonnés de certaines réponses.

Une première en duo au Rallycross de Lohéac pour Vasiliy et Nikolay Gryazin.

Le Mag Sport Auto : Comment s’est déroulé votre week-end de Rallycross à Lohéac ?

Nikolay Gryazin : La première journée à Lohéac fut bonne même si elle ne fut pas facile. C’était ma première course sur ce circuit et la seconde dans cette voiture. Au départ, il n’était pas simple de trouver le bon set-up, mais par la suite cela c’est amélioré. Mais au final le week-end s’est plutôt bien passé même si nous n’avons pas pu aller en finale.

Vasiliy Gryazin : Au final, mon week-end à Lohéac s’est bien déroulé dans l’ensemble, même s’il y a eu pas mal de contacts lors des qualifications qui m’ont fait perdre du temps. Pouvoir aller en finale était une bonne chose même si j’ai étais plus lent durant la finale que lors des qualifications. Etait-ce la voiture ? Etait-ce moi qui avait perdu la concentration ? Nous allons essayer de trouver la réponse.

LMSA : Nikolay, n’était-il pas trop difficile de passer d’une Skoda Fabia R5 à une RX2 ?

NG : Lors des premiers essais libres peut-être, mais après cela s’est bien amélioré. Après, je connais mieux la Skoda Fabia R5 et les spéciales de rallye donc il est normal que ce soit délicat d’appréhender une RX2. Mais si je devais prendre cette voiture pour une spéciale de rallye, j’aurais un peu de mal à la piloter. Pourtant, c’est une voiture facile à prendre en mains mais il est peut-être un peu plus délicat de comprendre comment la pousser dans ses retranchements.

LMSA : Barum, ADAC et Lohéac en 3 semaines ! Vous avez enchaîné ! Pourquoi avoir choisit de disputer le Rallycross de Lohéac ?

NG : Oh, j’avais un peu de temps libre alors je me suis dit pourquoi pas. En fait, nous avons décidé de faire cette course bien avant l’été. Et puis, je n’avais pas vu mon frère depuis plusieurs mois, alors c’était l’occasion de passer du temps avec lui. C’est toujours agréable d’être avec sa famille ! Et puis, comme nous avons annulé notre participation au Rallye de Turquie, cela me donnait l’occasion de me détendre. Enchaîner les rallyes en peu de temps est éprouvant.

VG : Nikolay est venu pour se faire plaisir et se détendre, mais il m’a beaucoup aidé sur ce week-end de course. En étant seul dans l’équipe, il n’est pas possible de comparer ce que l’on fait afin de s’améliorer. Avec la présence de Nikolay, il était bon de pouvoir comparer. Voir ses onboards, extraire des données télémétriques, travailler ensemble… C’était amusant de comparer nos premières vidéos embarquées. Lors des premiers essais libres, sur ma vidéo on voit tout le temps la route, même dans les virages. Sur celle de Nikolay, dans les virages, on voit tout de côté… (rires). Avoir deux styles de pilotages différents nécessite deux set-ups différents mais cela permet tout de même de s’entraider d’avoir quelqu’un à qui se comparer.

NG : Vasiliy et moi n’avons pas le même style de pilotage. Vasiliy est un pilote plus propre, plus orienté circuit, quand moi je suis plus agressif dans certains virages . Parfois cela paye et je suis devant Vasiliy et dans d’autres virages il est plus rapide.

Vasiliy Gryazin va faire une pause après cette saison 2019 !

LMSA : Vasiliy quels sont vos plans pour 2020 ?

VG : Hmm, je n’ai pas vraiment de plans pour l’année prochaine. En fait, après mon grave accident en 2015, je n’ai jamais totalement pris le temps pour me faire opérer et vraiment guérir de mes blessures. Alors, l’an prochain, je vais subir plusieurs opérations. 2019 n’est peut-être pas ma dernière année, mais ce qui est sûr c’est que je vais prendre un petit break. Un an ou plus, je ne sais pas encore, cela dépendra de mes interventions. Mais j’espère vraiment revenir dès que possible !

LMSA : Un retour en rallye ou en rallycross ?

VG : Hmmm, en Rallycross ! Quand je vois comment Nikolay conduit en rallye, je me dis « oh non, ça va aller, je vais rester en Rallycross ! » (rires).

Première victoire en WRC-2 pour Nikolay au Rallye de Finlande !

LMSA : Et vous Nikolay, quels sont vos plans pour 2020 ? Toujours du WRC-2 ?

NG : Oui, je pense que nous allons poursuivre en WRC-2 l’an prochain. D’abord, nous allons devoir choisir quelle voiture nous allons utiliser la saison prochaine. Ensuite, il faudra mieux se préparer avant chaque épreuve afin d’obtenir de meilleurs résultats. Combiner des épreuves ERC et WRC en un petit laps de temps n’est pas très bon. En Allemagne, la voiture que j’ai utilisée au Barum la semaine d’avant était cassée. La deuxième a dû être remontée en un très court laps de temps avant le rallye. Le set-up n’était pas bon et nous n’avons pas vraiment eu le temps de nous préparer pour l’ADAC. Je ne veux plus me retrouver dans la même situation qu’en Allemagne où je me battais avec le set-up de la voiture. J’attaquais mais les temps n’étaient pas bons, et j’étais trop loin des meilleurs. En plus, ce sont deux rallyes totalement différents : du très rapide au Barum, et des passages beaucoup plus lents avec énormément de virages serrés en Allemagne. Après Lohéac, nous allons disputer une manche du championnat slovène de rallyes afin de faire nos premiers tours de roue sur la Polo R5 (ndlr, Nikolay Gryazin a remporté le rallye). Et j’espère que tout se passera bien et que nous n’aurons pas de soucis mécaniques ou autre sur ce rallye.

L’an prochain, j’aimerais également faire des compétitions de Drift, car c’est mon rêve !

LMSA : Peut-être en Gymkhana Grid ?

NG : Hmmm, c’est un bon entraînement mais ce n’est pas ce qui m’attire. En fait, c’est comme les SSS en rallye. C’est plus pour le show. On peut faire la même chose sur un parking sans avoir besoin d’aller à l’autre bout du monde, le Gymkhana Grid c’est juste pour le Show. Et il faut être connu sur Twitter pour y participer. Mais, avant d’être connu, il faut gagner des courses encore et encore. Moi, je rêve de faire du Drift depuis longtemps, alors je veux faire ça bien et au cours de véritables compétitions de Drift.

LMSA : Nikolay, regrettez-vous de ne pas avoir battu Alexey Lukyanuk en ERC en 2018 ?

NG : Je ne regrette rien puisque je l’ai battu (rires) ! Je n’ai fait que 5 manches sur 8, dont une où j’ai dû passer par le Rally2. Et puis, je n’attaquais pas à fond pour jouer la première place. En plus, c’est vraiment difficile d’être plus rapide qu’Alexey en ERC avec son expérience. En WRC-2, ce serait totalement autre chose.

LMSA : Vasiliy, allez-vous faire le déplacement en Afrique du Sud ?

VG : Oui ! Comme je l’ai dit précédemment, 2019 est ma dernière saison avant un long break. Donc, je veux utiliser toutes les opportunités que je peux avoir pour rouler ! C’était l’objectif cette saison : prendre le départ de toutes les courses auxquelles je peux participer ! L’objectif sera simplement de prendre du plaisir au volant ! Nous savons que nous ne serons pas champions, alors autant y aller pour s’amuser et passer du bon temps sur la piste avec la voiture.

LMSA : Pensez-vous reprendre la compétition après votre année dédiée à votre santé ?

VG : Je ne sais pas si j’en aurais l’opportunité, mais je le veux ! J’aime la course automobile, c’est ce que je fais depuis 10 ans et je ne veux pas que ça s’arrête ! Ce n’est pas mon destin je pense, je veux juste continuer à rouler. Mais j’ai vraiment besoin de ce break…

LMSA : Nikolay, aura-t-on la possibilité de vous voir au volant d’une WRC dans le futur ?

NG : Je l’espère ! Peut-être dans le futur…

LMSA : Et quelle WRC rêveriez-vous de piloter ?

NG : Peu importe du moment que c’est une WRC ! (rires). C’est une voiture complètement différente. Quand Takamoto Katsuta, qui est mon ami, a disputé son premier rallye au volant de la Toyota Yaris WRC, il m’a dit que c’était incroyable, qu’il ne pouvait imaginer aller aussi vite dans les virages.

Une manche du WRC en Russie ? Ce n’est pas encore possible !

LMSA : Certains de nos lecteurs se demandent si vous êtes russes ou lettons, quelle est la vérité ?

Vasiliy et Nikolay : Nous sommes russes ! En Lettonie, il est possible de commencer à piloter plus tôt qu’en Russie et que dans beaucoup d’autres pays. C’est pour cela qu’on a vu des pilotes comme Rovanperä ou Solberg débuter en Lettonie et arborer le drapeau letton. Pour nous, cela avait aussi plus d’intérêt de débuter en Lettonie plutôt qu’en Russie. Il y a plus de compétition en Lettonie. Et, quand vous décrochez votre première licence dans un pays vous devez afficher la drapeau de ce pays. Sauf en WRC-2, où vous devez mettre le drapeau de votre lieu de résidence ou de votre nationalité.

LMSA : Rêvez-vous de voir une manche du WRC ou du WorldRX en Russie ?

Vasiliy et Nikolay : pour le Rallycross, il semblerait que ce soit en discussion et il y a pas mal de pilotes russes en Rallycross, notamment en Super1600. D’ailleurs, il y a de quoi obtenir un futur champion du monde de Rallycross russe, beaucoup de ces pilotes ont du talent et pourraient devenir champion du monde un jour. Par contre, du rallye, non, je ne pense pas et je ne le souhaite pas. Nous n’avons pas les routes et l’organisation pour un tel évènement. Il y a déjà eu une manche de l’IRC en Russie et ce ne fut pas un grand succès. Même près de la Finlande, les routes n’ont rien à voir, les conditions ne sont pas les mêmes et l’état des routes ne permet pas la tenue d’un rallye. Nous ne pouvons pas proposer une épreuve capable d’être en ERC ou en WRC. Il y a un travail fait pour rendre le rallye et le WRC plus populaire en Russie, mais de là à accueillir une manche de ce championnat, on en est encore loin… Les routes, les routes normales pas les routes de terre, leur état fait qu’elles sont bonnes pour le Dakar, pas pour du rallye. Vous pouvez casser votre voiture sur ces routes… alors faire du rallye là-dessus ? Non, non, non…

Vasiliy : Je me souviens d’un rallye, que j’ai fait en Russie, le vainqueur était celui qui survivrait au rallye… Et, j’ai été le vainqueur car j’avais la voiture la plus solide ! (rires). Les routes sont vraiment en trop mauvais état pour pouvoir proposer un vrai rallye international. D’ailleurs, du côté de chez notre père, à Ekaterinbourg, nos hivers sont très rudes. A tel point que l’on peut faire du drift sur un lac gelé ou sur des routes verglacées ! Là-bas, c’est autorisé à l’inverse d’autres villes russes.

Nikolay : Vous connaissez peut-être Georgy Chivchyan (ndlr, champion international drift championship 2018) ? Il vit dans cette région et s’entraînait là. C’est comme ça que notre niveau en drift s’améliore également.

L’ERC (IRC à l’époque) était passé par la Russie !

LMSA : Est-ce que vos concitoyens suivent avec intérêt votre carrière ?

Nikolay : Certains et parfois. J’ai plus de fans en Italie ou dans d’autres pays. Les russes sont très critiques : « oh, vous ne pouvez pas être plus rapide ? Oh, vous n’êtes pas le premier ? ». Dans des pays comme l’Italie ou le Portugal, les gens s’extasient devant ce que vous faites, et sont de purs fans de rallye. Alors qu’en Russie, c’est différent. Il y a beaucoup plus de critiques même si certains s’intéressent quand même à ce que l’on fait.

Nous remercions grandement Vasiliy et Nikolay Gryazin pour leurs réponses, leur disponibilité, leur gentillesse et leur franchise. Merci, aussi, à l’équipe SRT pour leur accueil. On souhaite le meilleur à Vasiliy Gryazin qui sera ce week-end en Afrique du Sud pour l’ultime manche du WorldRX. Et, on retrouvera Nikolay Gryazin en France, pour le prochain Rallye du Var !

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