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Interview, Guerlain Chicherit revient avec nous sur son début de saison

Interview, Guerlain Chicherit rallycross 2018
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Guerlain Chicherit est un homme très occupé. Il est à l’origine d’une nouvelle voiture développée par Prodrive et roule avec en WorldRX. Dans le même temps, il dispute le Championnat de France de Rallycross avec la Renault Clio IV de G-FORS. A quelques jours du Rallycross d’Essay, il revient avec nous sur son début de saison dans une interview fleuve exclusive.

Rallycross, un début de saison contrasté pour Guerlain Chicherit.

Le Mag Sport Auto : Les trois premières manches du Championnat du Monde de Rallycross ont été plutôt contrastées (9e à Barcelone, 5e à Montalegre, 12e à Mettet). Quel est votre bilan de ce début de saison ?
Guerlain Chicherit : On a eu un début de saison pas simple. La voiture est complètement neuve, donc à chaque fois on arrive sur des circuits où l’auto n’a jamais pu rouler. Du coup, on essaye quelques trucs et de faire au mieux les set-ups. On voit ce qui marche ou ce qui ne marche pas. Des fois ça fonctionne et des fois non. Quand les conditions climatiques sont changeantes, difficiles, et bien ça l’est encore plus pour nous. On a déjà du mal à s’adapter quand c’est sec ou mouillé, alors si ça change tout le temps… on a encore plus de mal. Cela ne nous laisse même pas le temps de comprendre comment la voiture fonctionne dans telles ou telles conditions. Depuis le début de saison les conditions ont été dantesques ! Barcelone, le premier jour c’était l’enfer et sec le deuxième jour. A Montalegre il faisait sec, le dimanche il a neigé !! A Mettet, pareil, le premier jour il fait sec et le dimanche il pleut. Avec ces conditions compliquées, on arrive à être performants sur quelques tours mais pas sur l’ensemble du week-end. C’est ça qui fait qu’on est irréguliers pour le moment. En fait, on manque de repères et ça nous complique la tâche.

Sinon, je suis plutôt satisfait. On voit que le potentiel est là. Malheureusement, on n’arrive pas à l’exploiter sur un week-end entier. Des fois on fait une super bonne manche et la manche d’après c’est la cata. Et puis il y a les aléas de course. Ce week-end (à Mettet, ndlr) j’ai été fortement chahuté, je me suis fait mettre dans le mur, un concurrent s’arrête devant moi dans le dernier virage, je lui rentre dedans… Un week-end vraiment compliqué. Pareil, Jérôme se fait mettre dans le mur et part en tonneau. Après, c’est le Rallycross. On est là pour apprendre. On l’avait dit, cette année on est là pour accumuler le maximum d’expérience, montrer notre potentiel, faire des finales et des podiums si c’est possible. Et puis, arriver l’année prochaine avec de vraies ambitions afin de se battre pour le titre.

Le Mag Sport Auto : Une première finale à Montalegre sous une météo apocalyptique, un moment qui va rester graver à jamais dans votre mémoire, non ?
GC : Oui, c’était ma première finale en championnat du monde. Donc oui, c’est sûr que c’était un moment important. Je me suis battu pour y aller, on a pris tous les risques. On l’a vraiment mérité avec le team, donc on était très satisfaits du résultat. Après, un petit peu de regrets sur la finale. Parce que je n’ai pas joué ma finale à fond comme j’aurais aimé la jouer. Il s’est mis à pleuvoir, enfin neiger, et on a dû changer de set up. Or, sur le mouillé, on est pas assez bons. On a fait qu’une seule journée de tests sous la pluie. Alors, qu’en face de nous, on se bat premièrement contre les meilleurs pilotes du monde, et deuxième contre les meilleures voitures du monde. Donc, tout ça cumulé avec leur expérience à ce niveau, je savais que ce serait compliqué quand j’ai vu qu’il neigeait au départ. Alors qu’en demi-finale j’ai fait des chronos proche d’eux. Je me battais avec eux, j’étais dans les mêmes secondes, et donc en finale je savais que ça allait être compliqué sous la neige. Et ça a été compliqué. Je n’ai pas su suivre le rythme. Peut-être un manque de confiance sous la pluie et puis le fait que l’auto marche beaucoup moins bien sous la pluie, ça c’est une réalité.

Le Mag Sport Auto : La Mégane semblait un peu moins à son aise à Mettet sous la pluie, elle préfère le soleil ?;)
GC : Oui, en fait on manque de motricité. Quand ça relance, on a du mal à passer la puissance au sol. Donc, à chaque relance sous la pluie, on a du mal. Il faut qu’on travaille ! Pour Silverstone, on a prévu de beaucoup bosser sur l’auto. Et on espère passer un cap là bas. En espérant que nos modifications iront dans le bon sens. Mais, nous n’aurons la réponse qu’à Silverstone. On va là bas avec l’objectif de retourner en finale ! Surtout qu’on a des regrets par rapport à Mettet. On aurait pu y aller car j’étais troisième. Mais, c’est moi qui ai fait une connerie dans le virage 5 où je freine un peu tard et je mets les roues dans la boue. Après, Timmy Hansen en profite et passe à l’intérieur. Déjà qu’on a un problème de grip mais si je mets les roues dans la boue … (rires). On a manqué un peu de lucidité à ce moment là. Ça revient à de l’expérience. Surtout qu’en face on se bat contre des monstres, mais c’est ça qui est motivant. Donc oui, en Angleterre (à Silverstone) tout le team a vraiment envie que ça marche à « domicile » avec Prodrive. C’est important pour nous ! On a à cœur de mettre le paquet à Silverstone. C’est une piste sur laquelle on a déjà roulé en plus. Donc, on a déjà des acquis sur ce circuit et, du coup, on y va avec un peu plus de confiance. Et pour la pluie… on en avait eu lors des tests de pré-saison. On avait eu de la pluie, et on s’en était sortis pas trop mal. Là bas, la terre à un grip très particulier qui nous convient mieux.

Rallycross France : objectif titre !

Le Mag Sport Auto : A Abbeville, vous remportez la première manche du Championnat de France où vous avez été impérial. Que retirez-vous de ce week-end ?
GC : A Abbeville j’étais arrivé avec une motivation super haute. Pour moi l’objectif c’était de gagner. Je voulais vraiment gagner ! C’est le Championnat de France, et j’ai l’ambition de me battre avec les meilleurs du monde en WorldRX. Donc, si « je ne suis pas capable de me battre en France pour le titre, c’est un problème. » Et, ce qu’il y a de bien avec le Championnat de France c’est que le niveau est relevé. Il y a 10 pilotes qui ont un très bon niveau. Ces 10 pilotes, si on les met avec une top auto en EuroRX ou WorldRX, ils feront de très bons résultats ! Donc, le niveau est très relevé. Et ce qu’il y a de bien avec le Championnat de France c’est que, déjà ça me fait faire des kilomètres, ça me met en confiance, et puis j’adore ce championnat ! J’y ai beaucoup de fans qui me suivent. Quand je suis arrivé à Abbeville, je voyais que ces fans étaient avec moi et j’avais aussi envie de leur faire plaisir.

Le Mag Sport Auto : Quels seront vos objectifs pour Essay, la victoire aussi ? Avec ses lignes droites, pensez-vous que le circuit sera plus favorable à votre Clio qu’aux voitures de vos concurrents ?
GC : Clairement ! Je vais arriver sur chaque manche du championnat de France avec le même objectif et le même niveau de concentration. Et avec la volonté claire de gagner. Bien sûr, ça ne marchera pas à tous les coups parce que la concurrence est là et qu’elle a de très belles autos. Quand on voit ce que Cyril Raymond a fait ce week-end en EuroRX avec la voiture d’Antoine Massé… C’est une ex WRX officielle. Ce sont de très bonnes autos et en plus Antoine pilote très bien. Je m’attends à ce qu’Antoine m’embête un peu. Il y a Julien Fébreau aussi. Il a été très impressionnant à Abbeville. C’est un mec qui roule jamais et quand tu vois ce qu’il arrive à faire, c’est assez hors norme. Il va faire 6 ou 7 courses cette année, donc il va être en jambes. Et puis, il y a les Paillier bien évidemment. Fabien Chanoine aussi, qui a la même voiture que moi. Il était peut-être rouillé à Abbeville mais je m’attends à ce qu’il se réveille et m’embête toute la saison. Il y a Philippe Maloigne aussi qui est capable de faire de grandes choses. Il est dans mon équipe, il a accès à mes données, mes acquis, donc je m’attends à ce qu’il me mène la vie dure. Même si à Abbeville il manquait un peu de confiance et que son auto a eu des soucis mécaniques aussi.

C’est vrai qu’on a un moteur exceptionnel. Après, en Championnat de France, avoir une voiture avec plus de chevaux que les autres ce n’est pas toujours un avantage. Faut monter en 5/6e pour en tirer la puissance, et en France c’est assez rare. On arrive vite d’un virage à un autre. En plus, sous la pluie, on est obligés de dégrader la puissance du moteur. On l’utilise à 60-70%. Et, comme l’an dernier, où la pluie était très souvent présente, la puissance, ce n’est pas qu’elle ne sert à rien, mais elle est beaucoup moins impactante que le pilotage.

Le Mag Sport Auto : L’arrosage a fait débat à Abbeville, quel est votre pointe de vue sur la question ?
GC : Je pense qu’il faut être très tolérant sur ce qui s’est passé à Abbeville. C’est sûr que quand tu es au départ, qu’on arrose juste devant ton nez et que tu sais que ça va glisser, c’est sûr que c’est frustrant. Après, il faut comprendre que c’était la première course qu’ils organisaient, sur un nouveau circuit ! Ils ont fait l’effort d’organiser un truc bien et ce n’est pas simple d’organiser ça. Ils ont fait l’effort de faire un village sur le côté, il y a eu des investissements lourds de fait sur ce projet. Et, quand la piste sera aboutie, c’est un circuit qui a le potentiel pour être en EuroRX ou en WorldRX ! Je pense qu’il faut se dire « ok, tout n’a pas été parfait mais quand même, ils ont fait pas mal d’efforts pour que cette piste existe et qu’elle soit là en ouverture du Championnat de France ! ». Donc j’ai envie de dire qu’il faut être tolérant même si tout n’a pas été parfait. Et l’année prochaine ce sera encore mieux, surtout quand ils auront mis des vibreurs sur la terre. Pour l’instant, le problème, c’est que sans délimitation sur la terre, dès que quelqu’un touchait une balise, ça ouvrait la piste, ça décalait complètent et ça refaisait beaucoup de poussière car on était plus sur la piste. Car, si on avait roulé que sur la piste, qui était complètent nettoyée, il n’y aurait pas eu beaucoup de poussière. Le problème, sans délimitations, au bout d’un tour ou deux ça foutait de la poussière partout. Je pense que le problème sera réglé l’année prochaine et que ce sera vraiment une très belle course !

Le Mag Sport Auto : Hormis Lavaré qui tombe en même temps que le WorldRX de Suède, allez-vous disputer toutes les courses du Championnat de France de Rallycross ?
GC : Oui ! Malheureusement, je ne pourrais pas rouler à Lavaré, ça c’est sûr. Mais c’est la seule que je vais rater. Au départ, il y avait beaucoup plus de dates qui bloquaient mais les organisateurs du Championnat de France ont tout fait pour que ceux qui roulent aussi en EuroRX ou WorldRX puissent faire le maximum de courses en France également ! Ils ont vraiment joué le jeu et on été top avec nous. Donc, je me dois de jouer le jeu à fond. Et, je vais jouer le jeu à fond. Je serai là sur 9 des 10 courses du calendrier 2018 !

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