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Le circuit de Reims réouvre ses portes pour un événement exceptionnel

circuit de reims

Après 50 ans de fermeture du Circuit et pour fêter la fin de restauration du Pavillon des Marques en 2017 et du Pavillon Lambert en 2018, une épreuve de roulage avec des véhicules de plus de 30 ans ou de prestige sur la grande ligne droite des stands y sera organisée.

Reims est plus connu pour son champagne que pour son industrie automobile, c’est un fait. Et pourtant durant les années 20, Raymond Roche , secrétaire général de l’Automobile Club des Ardennes , se met à rêver d’un circuit cabale de rivaliser avec les tracés les plus rapides d’Europe.

La naissance du circuit de Reims

En 1925, le circuit de Reims Gueux accueille le tout premier Grand prix de la Marne. Le tracé, d’une forme triangulaire de 7,832 kms restera inchangé jusqu’en 1951. En 1932, Raymond Roche réussit à persuader l’Automobile Club de France d’organiser son Grand-Prix annuel sur le tracé de Gueux, Tazio Nuvolari y remporte la course sur Alfa Roméo. Puis en 1938 et 1939, Manfred von Brauchitsch sur Mercedes-Benz puis Hermann Paul Müller sur Auto-Union y inscrivent successivement leur nom au palmarès de l’épreuve.

Interrompu par la guerre, et après un bref passage par Lyon, le Grand Prix de l’ACF, ne reviendra à Reims qu’à partir de 1948,avec une victoire de Jean-Pierre Wimille sur Alfa-Roméo. 1950, Reims-Gueux devient, la manche française du tout premier Championnat du Monde de « Formule Internationale 1 ». Juan-Manuel Fangio remporte l’épreuve sur Alfa-Roméo, puis de nouveau en 1951.

Au grand désarroi de Raymond « Toto » Roche, le tracé de Reims n’atteint pas les pointes de vitesse de son voisin le circuit de Spa-Francorchamps. Il en fait modifier immédiatement son tracé, des maisons et des arbres sont abattus afin de faire du circuit de Reims le tracé le plus rapide du monde des Grand Prix !

En 1953, le circuit évite le village de Gueux adjacent au circuit, dès 1954, Fangio au volant de sa Mercedes-Benz dépasse les 200 kms/h en moyenne aux essais. Jusqu’en 1966, Le Grand Prix de l’Automobile Club de France alternera l’organisation de chacune de ses éditions de son Grand prix sur les sites de Rouen-Les Essarts, Reims et Charade. L’ultime visite de la Formule 1 a lieu cette même année 1966, sur une victoire de Jack Brabham à bord de la monoplace de sa création, propulsée par le moteur Repco sur base Oldsmobile.

circuit de Reims

Circuit de Reims : chronique d’une disparition annoncée

Les années passant, la piste de Reims vieillit et n’est plus en mesure de rivaliser avec des circuits aux infrastructures plus modernes, le Circuit Paul Ricard est alors en construction, sa gloire est définitivement passée…Le dernier meeting de courses automobiles se tint il y a exactement cinquante ans, avec des courses de Formule 3, Formule 2, R8 Gordini, avant une toute dernière épreuve de Championnat de France Moto le 11 juin 1972.

Le circuit sera fermé à l’issue de cette dernière course, et le glorieux passé du circuit de Gueux sera laissé à l’abandon pendant plus de 30 ans, les infrastructures du site en friche, jusqu’à ce qu’une association, « les Amis du Circuit de Reims Gueux » ne décide de réhabiliter le site et son lustre d’antan.

Le travail de cette association est en tout point remarquable, et si le tracé originel a aujourd’hui disparu, les virages de Muizon, de la Garenne, la longue ligne droite de la RN31 ont été supprimés. Des rassemblements de Véhicules Historiques de Compétition, roulages, ont encore lieu sur le site, paradis des photographes de voitures de courses anciennes.

Une visite sur le circuit de Reims-Gueux, ne se regarde pas, elle se vit ! Les stands, les gradins, le pavillon de chronométrage, celui des marques, le grand panneau, tout a été remarquablement réhabilité. Les pierres du Circuit de Reims, elles, sont vivantes. Lors de votre visite sur le site, vous y verrez notamment un portrait de Jack Brabham dans les boxes, mais surtout si vous tendez l’oreille, dans un endroit où les moteurs se sont tus depuis cinquante ans, vous pourrez entendre les monoplaces rugir, les mécanos gesticuler autour des bolides, les cris enthousiastes des spectateurs. Ils sont tous vivants dans ces murs… pour l’éternité.

Cet article est dédié à la mémoire de Monsieur Jean Berger dernier Directeur de Course du circuit de Reims-Gueux, disparu à l’âge de 97 ans le 5 septembre dernier

Reims track

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