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Rallycross, Constance Chrétien, rencontre avec une jeune pilote ultra passionnée

Rallycross, Constance Chrétien, rencontre avec une jeune pilote ultra passionnée

Lors de l’ultime manche du Championnat de France de Rallycross, à Dreux, sept filles étaient au départ de la Coupe Féminine. Parmi elles, Constance Chrétien. A 16 ans, cette passionnée d’automobile réalisait son rêve : disputer sa première course en Rallycross. Pour couronner sa détermination : un podium. Le premier d’une longue série ? Peut-être. En tout cas, Constance a le Rallycross dans la peau et nous donne rendez-vous pour la saison 2019. En attendant, elle a accepté de répondre à nos questions.

Constance Chrétien: « le Rallycross de Dreux a changé ma façon de voir les choses. »

Le Mag Sport Auto : Bonjour, peux-tu te présenter à nos lecteurs ? Pourquoi avoir choisi le Rallycross ?
Constance Chrétien : Je m’appelle Constance, j’ai 16 ans, je suis en première ES et j’ai fait ma première course à Dreux. J’ai toujours été passionnée de Rallycross. J’ai fait de nombreux stages dans le domaine de l’automobile car c’est ma passion. Je suis la Team Knapick depuis longtemps, car mon père et mon grand-père connaissent Hervé. Et puis, mon papa m’emmène sur les courses depuis toute petite, j’ai toujours baigné dans l’atmosphère Rallycross. Aussi, la Team Knapick c’est comme une famille pour moi ! J’y ai même fait mon stage d’observation de seconde dans l’équipe en tant que mécanicienne. L’an passé, j’avais fait un stage chez Peugeot Sport / Citroën Racing. C’est un domaine qui me passionne. J’aimerais en faire mon métier, c’est pour ça que je multiple les stages dans ce domaine. Pour la course, j’ai toujours rêvé de faire ma première course à l’âge de 16 ans. Et ce, dès que j’ai su qu’on pouvait faire du Rallycross en Twingo Cup à cet âge là. A Dreux, c’était une course pour lancer la machine, lancer la recherche de sponsors en vue de 2019. C’était vraiment une expérience folle ce week-end à Dreux ! Non seulement pour le pilotage mais pour tout aussi. J’ai 16 ans et ça a changé ma façon de voir les choses. Pour mon avenir, je ne me vois pas ailleurs que dans le monde automobile !

LMSA : A Dreux, tu fais un podium pour ta première course. C’est plutôt encourageant, non ?
CC : Carrément ! Ce podium était inattendu. Je n’avais jamais roulé avant, sauf lors d’un stage d’une journée avec Antoine Massé. On se dit que je peux avoir du potentiel. La course de Dreux, c’était un week-end d’apprentissage. D’ailleurs, Stéphane Lefebvre est venu me coacher le samedi. Dans le team, ils m’ont vraiment encadré. Comme Christophe Jouet qui est venu me conseiller. Ils m’ont expliqué plein de trucs. Avec Jean (Juin, ndlr), on a bossé les procédures de départ ensemble. Alors ce podium, c’est fantastique. Pour moi, ma famille, mes sponsors, l’équipe… Ce fut une expérience de fou, et j’ai pu apprendre beaucoup. C’était ça l’objectif.

Constance Chretien coachée par Stéphane Lefebvre

LMSA : Quels sont tes projets pour la saison 2019 ?
CC : On travaille à fond sur la recherche de sponsors. L’objectif premier est de faire une saison complète en Twingo Cup. Mais, on le sait tous, c’est compliqué de trouver le budget pour une saison entière. Mais, c’est l’objectif. Même si, pour l’instant, on raisonne course par course. Le but est de faire toutes les courses et d’apprendre un maximum !

Constance Chrétien : « Le Rallycross, c’est ma vie ! ».

LMSA : Tu vas toujours rouler en Twingo Cup alors. Pourquoi ce choix ?
Constance Chrétien : Oui ! Twingo R1 pour l’instant. La Twingo Cup, c’est là où on apprend le mieux. Peut-être que si j’avais le budget j’irai en Super1600. Et encore… En Twingo Cup on apprend vraiment tout. On a même pas de boîte séquentielle ! C’est toi qui ressens vraiment ta voiture, elle est assez proche d’une auto de série donc c’est la base pour apprendre.

LMSA : Être une femme en sport auto, c’est parfois s’ouvrir la porte à un torrent de critiques voire pire. Quel est ton regard là-dessus ? CC : Selon toi, pourquoi il y a peu de femmes en sport auto ?
 CC : Euuh… J’ai toujours été avec des garçons donc je ne sais pas trop. Et puis, je n’ai fait qu’une course. Je n’ai pas vraiment eu de critiques ou alors je n’ai pas entendu (rires). Mais, oui, c’est vrai que c’est mis un peu à part. Après, une fois dans le baquet, il n’y a plus de différences, on ne se fait pas de cadeau. Même en finale filles, on ne s’est pas vraiment fait de cadeau.
Je trouve ça un peu dommage, même si ça joue en ma faveur, de mettre les filles à part. Une finale mixte mettrait tout le monde au même niveau. Après, ça m’a valorisé, je n’aurais jamais été qualifiée sans la finale fille. Mais, tout le monde est dans le même bateau pendant les qualifications mais pas en finale. Alors, pourquoi ne pas tout faire en mixte ou alors séparer les deux dès le début ? Et puis, en mixte on a déjà vu Alizée ou Gaëlle se qualifier pour des finales mixtes.
En sport auto c’est vrai qu’il y en a peu. Je ne sais pas pourquoi… On dit toujours que quand on va chercher des sponsors c’est plus valorisant d’être une fille. Mais, sinon je ne sais pas. Pourtant, sur le paddock, on croise pas mal de filles passionnées. Après, peut-être qu’elles ont moins l’ambition d’y aller à fond ! Moi, par exemple, c’est un projet de vie. Le Rallycross c’est ma vie, ma passion. Je ne peux pas faire sans Rallycross !

La devise de Constance ? Croire en ses rêves !

LMSA : D’ailleurs, que conseillerais-tu à une jeune fille, ou une femme, qui souhaite se lancer en Rallycross ?
Constance Chrétien : Et bien, croire en ses rêves ! Mon rêve c’était de faire ma première course à 16 ans. J’ai eu seize ans en mai, et, au fil des courses, je me suis dit bon bah j’y vais ! J’ai été sur toutes les courses de la saison, que ce soit en spectatrice, en mécanicienne (à Faleyras avec le Team Knapick) ou même pour de la Com chez G-Fors. C’était symbolique, 16 ou 17 ça ne change pas grand-chose, mais c’est ce que je voulais ! Donc oui, croire en ses rêves et y aller à fond ! Cet été j’ai bossé pour courir à Dreux. Mon patron m’a d’ailleurs souligné à quel point j’étais passionnée par mon projet. J’ai été chercher mes sponsors moi-même. Ma famille m’a aidé dans mes démarches mais ne m’a pas payé ma course.

LMSA : Les véhicules électriques sont au cœur des débats. Quel est ton avis là-dessus, que ce soit des voitures civiles ou de Rallycross ?
CC : (rires) Bonne question ! En tant que future conductrice, l’électrique c’est, malheureusement, notre avenir. Je pense qu’on ne pourra pas y échapper ! En tant que pilote en sport auto, je ne suis pas pour. Comme un peu tout le monde je pense. Le format du Rallycross s’y prête, mais ça ne m’emballe vraiment pas. Châssis unique, pas de bruit, … Je me suis rendue compte quand je suis allée voir de la Formule E, que ce qui nous attire dans les sports mécaniques c’est le bruit. La preuve en est avec le Rallycross. Pourquoi beaucoup de spectateurs partent pendant les manches de Twingo Cup ? Le manque de bruit ! C’est tout de suite moins spectaculaire de l’extérieur alors qu’il y a aussi beaucoup de batailles entre les pilotes. Dans les rues des villes, la Formule E est spectaculaire car les autos frôlent les murs, mais ça manque cruellement de bruit ! Et les odeurs aussi… j’adore les odeurs ! En week-end de course, le matin, je me mets derrière les DS3 du Team Knapick pour profiter des odeurs ! Alors que je suis asthmatique (rires) !

crédit photo : Loïc Abras

LMSA : Quels sont tes modèles ?
CC : Mes modèles ? Je ne sais pas vraiment… J’ai toujours été impressionnée par Hervé Knapick ! Quand on se dit qu’il a 50 ans de licence ! Ça force le respect ! Et en plus, quand il a commencé, il devait se cacher, d’où son surnom, Knapick. Et, quand on le voit rouler à Lohéac à côté des meilleurs mondiaux… wahou ! C’est un mythe vivant.
Ses pilotes aussi sont des modèles. Christophe Jouet, je l’adore. Quand il est arrivé dans le Rallycross, il a dû se faire un nom tout seul. Ce n’était pas un fils à papa. Ou même Jean (Juin, ndlr). Les pilotes de la Team Knapick quoi, je les côtoie depuis longtemps. Un peu comme eux, je me fais mon propre nom en fait 🙂

LMSA : Quels véhicules rêverais-tu de piloter ?
CC : Je n’ai pas de modèles précis à donner. Après, je suis une chauvine. Donc, une voiture française ! Bon, elles ne sont pas encore les meilleures en Rallye ou en Rallycross. Pour moi, pas forcément les plus puissantes, je pense qu’on peut prendre du plaisir au volant sans avoir forcément les voitures les plus puissantes !

LMSA : Qu’aimerais-tu dire à de potentiels futurs sponsors ?
CC : Et bien, croyez-en moi ! Je suis une fille, j’ai 16 ans, j’ai fait un podium pour ma première course, c’est assez rare. Alors, suivez-moi dans cette aventure ! 🙂 Je suis tellement passionnée par ça, je vis le truc ! Les gens le sentent et ont envie de croire en moi. Alors, croyez-en-moi. Aidez-moi à financer mes courses, et je vous aiderais dans d’autres domaines. Je ne sais pas si vous avez vu, mais j’avais l’association  Laurette Fugain  sur ma voiture à Dreux. C’est un partenariat entre eux et moi. En échange, j’ai fait un peu de com pour eux, je vais aller voir un enfant malade passionné de voitures… J’ai vraiment envie d’échanger avec mes sponsors. A Dreux, c’était principalement l’imprimerie PPA EsPrint (spécialisée dans l’impression de luxe) qui me finançait, et mes couleurs reprenaient leurs couleurs. Donc, oui, j’ai envie d’échanger, de partager, donc suivez-moi dans ce projet !

Merci à Constance pour le temps qu’elle nous a accordé et bonne chance à elle pour sa saison 2019. Si vous êtes une entreprise intéressée par son projet, n’hésitez pas à nous contacter.

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