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Rallycross, interview de Julien Fébreau, l’une des sensations du RX d’Abbeville !

Rallycross, interview de Julien Fébreau, l'une des sensations du RX d'Abbeville !

La première manche du Championnat de France de Rallycross, à Abbeville, a été marquée par quelques surprises. Notamment, le beau podium de Julien Fébreau. Le journaliste de Canal+, natif de Rennes, n’a pas connu un week-end parfait mais a su montrer de très belles choses. Il a accepté de répondre à nos questions, voici son debriefing du Rallycross d’Abbeville.

Julien Fébreau, pit stop réussi au Rallycross d’Abbeville.

Le Mag Sport Auto :Bonjour Julien, un podium pour débuter cette saison 2018, c’est plutôt positif, Quel bilan tirez-vous de ce Rallycross d’Abbeville ?
Julien Fébreau : Un bilan forcément positif vu le nombre d’engagés et la qualité du plateau en SuperCar.
Sur le papier, il y a au moins quatre voitures au-dessus de nous en performances pures et sans doute plus de pilotes encore, bien meilleurs que moi derrière un volant. Finir troisième est donc un très bon résultat et vu le pilotage assez moyen que j’ai déployé sur ce week-end, c’est plutôt bien payé. En revanche, mon équipe a tellement bossé pour me mettre entre les mains une 208 WRX à 100% de son potentiel que c’est le minimum que je leur devais.

LMSA : L’arrosage et le jump ont fait débat à Abbeville, quel est votre point de vue sur la question ?
JF : Le placement et la forme du Jump demeurent un mystère pour moi. Placer un Jump juste avant un virage oblige les pilotes à être quasiment en phase de freinage sur le sommet de la bosse. Impossible donc de voir des envolées spectaculaires, ce qui me semble être l’idée de départ. Placé vingt mètre en amont, le jump aurait été plus utile. Pour ce qui est de l’arrosage, je n’ai pas compris toute la stratégie déployée. Entre noyade de la piste et absence d’arrosage, on est passé un peu à côté de la cible tout le week-end. Certains en ont lourdement fait les frais. Maintenant, il faut aussi féliciter les organisateurs d’avoir osé se lancer dans cette aventure. Le tracé été très intéressant techniquement et je suis sûr qu’avec un an de recul, Abbeville rendra une copie parfaite en 2019 ! Hâte d’y retourner en tous cas.

LMSA : Quels sont vos objectifs pour la saison ? Si, après les 4 premières manches de la saison, vous êtes dans le jeu pour le titre, allez-vous revoir à la hausse votre nombre de participations cette saison ?
JF : Mes objectifs restent de continuer à jouer les premiers rôles cette saison et de hisser mon niveau de performances au plus vite.
A la régulière, personne n’empêchera Guerlain Chicherit d’être champion de France. Un excellent pilote associé à la meilleure voiture du plateau (et de loin !) ne peut pas donner un autre résultat. Guerlain sera champion en fin de saison et ce sera une juste récompense pour lui et son équipe.
Maintenant, aucune course n’est écrite d’avance et soyez certains que s’il devait laisser la porte s’entre ouvrir, nous serions plusieurs à nous jeter dedans immédiatement !

LMSA : Pourquoi avoir rejoint le DA Racing cette saison plutôt que de retrouver Albatec Racing ?
JF : A ma connaissance Albatec n’avait pas d’ambitions en Championnat de France pour cette saison 2018.
Je connais la famille Dubourg depuis très longtemps. Nous sommes amis avant même de parler Course Auto. Le programme 2018 du DA Racing me permettait d’avoir accès à la 208 WRX de Jean-Baptiste. Les choses se sont donc faites simplement et dans un esprit qui me convient parfaitement.

Julien Fébreau : « ne pas brûler les étapes ».

LMSA : Peut-on imaginer vous voir au départ du Rallycross de Lohéac ?
JF : Pas tant que l’épreuve n’accueillera que du Championnat du Monde et d’Europe.
Le jour où je jouerai les premiers rôles en France à la régulière, j’étudierai une ou plusieurs apparitions en Europe. Il faut apprendre à marcher avant de savoir courir. Brûler les étapes et se ramasser en queue de peloton à l’échelon supérieur ne m’intéresse pas du tout. Je laisse ça à d’autres. De plus Lohéac clashe systématiquement avec le Grand Prix F1 d’Italie depuis plusieurs années et les choses sont très claires pour moi. Je suis journaliste et non pilote. Mon métier à Canal+ aura donc toujours la priorité.

LMSA : Que pensez-vous de l’idée de voir un Championnat du Monde de Rallycross électrique ? Selon vous, cela peut-il faire fuir les spectateurs ?
JF : Qu’une part d’électrique arrive en Rallycross pourquoi pas. L’ère du temps semble l’exiger. Qu’une série tout électrique émerge, en complément des véhicules ‘’classiques’’, à la façon du Trophée Andros, très bien aussi. Que l’électrique remplace complètement les véhicules thermiques de Rallycross, là, en revanche, ce serait sans moi.
Il n’y a rien de plus excitant que cinq Supercar alignées en Qualification qui ‘’chargent’’ leurs moteurs de 600 cv juste avant le passage des feux au vert.
Le silence de l’électrique à cet instant n’amuserait certainement pas les passionnés de ce sport.

LMSA : Comment jongle-t-on entre la vie de journaliste et celle de pilote de Rallycross ?
JF : La passion du Sport Automobile aide à absorber les voyages, les décalages horaires et les contraintes logistiques de cette double vie.
J’ai l’énorme privilège de vivre une aventure professionnelle extraordinaire depuis six ans avec Canal+ sur les Grand Prix de Formule 1.
Je parviens également à assouvir ma passion du Rallycross, au sein d’une équipe fabuleuse et au volant d’une voiture que beaucoup rêveraient de pouvoir piloter.
Alors même si cela représente pas mal de fatigue, ce serait extrêmement déplacé de ma part de me plaindre de quoi que ce soit. Je connais ma chance. Je la savoure à chaque instant.

LMSA : D’ailleurs, parlez-vous RX avec certains pilotes de F1 ?
JF : Oui, ça arrive régulièrement, même si sur un week-end de F1, ils sont logiquement absorbés par leur travail et moi par le mien. Mais généralement le jeudi d’avant course, je reçois une petite tape dans le dos dans le paddock de la part des pilotes que je connais le mieux et qui ont aperçu sur les réseaux mes résultats du week-end précédent. J’ai même le droit à des petits débriefings. Après la première course à Abbeville, j’ai pris un tir de l’un d’entre eux ! Et il avait bien raison, car j’ai plutôt mal piloté là-bas. Pas de pitié donc !

LMSA : Si le WorldRX arrivait sur Canal+, aimeriez-vous couvrir ce championnat ou préférez-vous rester derrière un volant en Rallycross ?
JF : La question ne se pose pas à l’heure actuelle. Mais c’est sûr qu’avec moi Canal+ possède un connaisseur et un amoureux de la discipline. Il faudrait alors tenter le commentaire en live depuis l’habitacle d’une WRX !

LMSA : A propos de WorldRX, quel est votre regard sur ce championnat ? Selon vous, qui sera champion cette année ?
JF : Je suis heureux pour le Rallycross que le Championnat du Monde se développe de cette manière en termes de médiatisation. C’est un ‘’spectacle’’ qui mérite d’être vu par le plus grand nombre. Le revers de la médaille est évidemment l’explosion des coûts qui sont déjà complètement délirants. A moins de posséder une fortune personnelle, les amateurs sont priés de rester gentiment sur le côté en spectateurs. Les prix proposés pour louer une voiture sur une manche de mondial sont totalement déraisonnables.

Pour ce qui est de jouer aux pronostics, je suis toujours très mauvais, mais je mettrais une pièce sur Johan Kristofferson, juste parce que j’aime son style de pilotage qui s’équilibre parfaitement entre agressivité et intelligence de course. Il est un modèle pour moi. Et sa voiture est un fantasme à elle toute seule !!

Merci à Julien pour ses réponses, et sa réactivité malgré son emploi du temps très chargé. Rendez-vous à Essay, pour la deuxième manche du Championnat de France de Rallycross !

Rallycross, Chicherit cartonne à Abbeville, Meunier épate !

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