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Test de Dirt 4 : dérapage incontrôlable (PS4 et Xbox One) ?

La série Dirt jouit d’une belle popularité sur consoles en raison de ses qualités en matière de Gameplay et de réalisme de pilotage (Dirt Rally). Mais avec Dirt 4, Codemasters a souhaité séduire une communauté plus large, adepte du jeu au pad. Nous avons tout de même souhaité pousser le soft dans ses derniers retranchements avec un ensemble volant/pédalier/baquet…bien nous en a pris ! Voici notre test de Dirt 4, réalisé sur la version Playstation 4 du soft.

Dirt 4 : ça commence pas trop mal…

Si Dirt Rally se veut être une simulation, la série Dirt, pour sa part, s’est toujours concentrée sur une audience plus « grand public ». Sauf qu’avec Dirt 4, Codemasters s’est aventuré sur un terrain dangereux, satisfaire les deux « camps ». Malheureusement, le résultat n’est pas à la hauteur des ambitions, du moins selon nous. Deux types de pilotage sont disponibles à savoir, « Gamer » et « simulation ». Problème, le mode « gamer » (donc ultra-typé arcade) semble dénué de véritable plaisir de jeu. En effet, dans certaines conditions -comme le pilotage sur terre, les véhicules en deviennent presque ennuyeux à piloter…Néanmoins, ce mode-là devrait satisfaire le plus grand nombre, pour ceux qui affectionnent cette orientation arcade façon Need for Speed et cie. Et puis, comme le dit mon pote Simon au sujet de ce gameplay si particulier, c’est un peu « l’ADN » de Dirt. Certes…alors continuons.

Le mode simulation est beaucoup plus complexe puisqu’il est possible de régler différents paramètres graduellement comme l’assistance au freinage ou à l’accélération. Alors pour tester le système jusqu’au bout, nous avons désactivé toutes les aides avant de nous lancer dans une partie, d’abord au pad puis avec un ensemble volant/pédalier/baquet. Avec la manette PS4, les sensations déboulent assez vite. Malheureusement, un sentiment de « flottement » (surtout sur sol glissant) se manifeste rapidement, comme si les suspensions étaient -très- mal réglées. Pourtant, aucun réglage ne parvient réellement à atténuer (ou légèrement) le phénomène. De plus, la notion d’appel/contre-appel semble difficilement applicable. C’est à croire que le transfert des masses n’a pas du tout été pris en considération. Toutefois, on parvient à prendre du plaisir, bien d’avantage qu’en arcade, avec cette impression d’avoir à faire à une simulation.

…mais ça s’envenime rapidement !

C’est alors que nous passons aux contrôles 100% simu avec pédalier et volant (pensez-bien à revoir tous les réglages, sous peine d’injouabilité totale !). Et, alors que nous nous attendions à un meilleur rendu du pilotage, la prise en main se détériore encore, au passage. Alors qu’avec la manette, en dépit des imperfections, le jeu délivrait une dose de plaisir malgré tout, avec un volant, cela s’apparente quasiment à un calvaire ! Le Rallycross souffre particulièrement de ce mauvais rendu, une fois encore. Comme vous le savez peut-être, une voiture se pilote avant tout « au pied » ou « au frein ». Concrètement, cela signifie que la pédale de frein, bien utilisée, permet de faire pivoter la voiture en vue de l’inscrire correctement dans une courbe. Cette notion de pilotage s’applique plus ou moins sur tous les terrains mais particulièrement sur sol glissant. Sauf que dans Dirt4, cet aspect-là du pilotage s’avère très complexe à mettre en pratique, la faute à une trop grande sensibilité de direction (on a l’impression, parfois, de naviguer sur les flots !!) mais pas que. Accélérations difficiles à doser, transfert des masses aléatoire, même en ayant connaissance de bases du pilotage, on se trouve régulièrement en tête à queue et parfois, sans comprendre vraiment pourquoi. Pour avoir déjà piloté sur terre, dans le cadre de séances chronométrées sur Kart Cross, nous pouvons l’affirmer, Dirt 4 restitue très mal le réalisme de pilotage, particulièrement sur sol glissant. Liaison au sol, retour du FFB, nous sommes dans le médiocre. Clairement, ce mode de Dirt 4 n’a de simulation que le nom…déception !

Dirt 4 : pas une daube pour autant

Alors, Dirt 4, daube sans nom ou jeu « honnête » susceptible de correspondre à un certain public, moins exigeant ? Nous retiendrons la seconde formule, tout en invitant les purs amateurs de simulation à se détourner immédiatement de ce soft, qui les décevra assurément. Car, bien évidemment, Dirt 4 dispose aussi de qualités. A commencer par la présence du championnat du monde de Rallycross. Courir à Lohéac, retrouver les pilotes et écuries officiels (bien qu’Audi soit aux abonnés absents…), voilà qui fera plaisir aux fans. Mais pourquoi diable n’avoir retenu que 5 épreuves !? Un championnat amputé d’une partie de ses dates, voilà une autre déception.

DiRT 4

D’ailleurs, globalement, en matière de circuits et de tracés, on manque un peu de contenu. Quatre grandes catégories de compétitions sont à signaler à savoir, Rallycross, Rallye, Off-Road et Historique. En mode Rallye, les spéciales manquent parfois un peu de piquant, de surprises aussi. Néanmoins, les sensations y sont globalement plus agréables. Là encore, manquent de nombreux pays avec un nombre de Rallyes limité (seulement 5 !! Et un seul sur neige…), comme dans les autres modes d’ailleurs. Du coup, rapidement, une fois le mode carrière -consistant et plutôt bien fait, il est vrai- terminé, on tourne un peu en rond avec ce sentiment de ne pas avoir tant de choix que cela…Heureusement, la sélection de véhicules permet de se faire plaisir avec d’anciens modèles ultra-légendaires comme la Stratos, la 205T16, la Peugeot 306 Maxu et autre Mini mais, aussi, des véhicules plus modernes comme l’ Opel Adam R2 ou la Ford Fiesta R2T, à titre d’exemple.

Un mot sur le mode off-road, le moins réussi selon nous, précisément du fait de ces sensations de pilotages ratées, tant en mode gamer que simulation. Et là encore, les courses s’avèrent vite répétitives et aussi, trop longues (beaucoup trop de tours…), dans certains cas. Revenons au mode carrière qui, bien heureusement, relève un peu le niveau. Le principe est assez simple mais efficace puisque vous devrez peu à peu améliorer votre statut en enregistrant des résultats, afin d’acquérir de nouveaux véhicules (neufs ou d’occasion !!) à moins que vous ne préféreriez piloter pour une écurie déjà existante. Oui car dans Dirt 4, vous avez la possibilité de monter votre propre Team en récoltant des sponsors (avec des obligations de résultats…) et en recrutant du personnel. Au début, bien évidemment, vous devrez faire avec des ingénieurs et mécaniciens moins compétents puis, les bons résultats aidant, vous aurez le loisir de recruter la crème des crèmes. Voilà  l’un des véritables atouts du soft.

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Abordons, enfin, la partie technique du jeu. Côté bande-son, il n’y a pas à dire, ça dépote un max. Des musiques aux sonorités Pop/Rock sous licences, des bruitages ultra-réalistes (mention spéciale pour la simulation de crevaison en vue habitacle !!) et des sons de moteurs globalement proches du réel, franchement, les gars de Codemasters ont bien bossé sur ce point. Pour le reste, côté défaillances, on notera quelques chutes de Framerate et des graphismes un peu inégaux alternant le « correct » avec le « très moyen ». Enfin globalement, le résultat reste acceptable, comparé à certaines productions de Milestone ou Kylotonn, avec des rendus météorologiques « pas trop mal » et quelques autres effets bien sentis, comme les nuages de sables se dégageant des véhicules vous précédent, réaliste, pour le coup. De qualité aussi, la modélisation des véhicules, dont les moindres détails sont retranscrits avec fidélité. Les aficionados apprécieront.

Dirt 4 : Déception ! Mais certains y prendront du plaisir…

Déjà l’heure de conclure ? Oui et malheureusement, c’est plutôt un soulagement. Que nous l’attendions ce Dirt 4, que Codemasters nous vendait comme un jeu susceptible de satisfaire les fans de conduite arcade comme de simulation pure ! Et pourtant…boom, big boom, badaboom car, à notre sens, cet opus est surpassé par d’autres jeux dans les deux domaines. Toutefois, en mode « gamer », on arrive à prendre un peu de plaisir en Rallye classique et historique. Pour ce qui est du Rallycross, si vous optez pour le mode simu, mieux vaut y jouer au pad. Le comble, oui…mais, très clairement, Dirt 4 n’a pas été pensé pour du pilotage volant/pédalier. Transfert des masses aléatoire, réglages de suspensions à la rue, passage de la puissance au sol peu réaliste, le titre de Codemasters souffre de trop nombreux défauts pour prétendre au titre de simulation.

Déception aussi côté contenu avec, au final, peu de manches inscrites dans les différents championnats, un éditeur de spéciales finalement très basique et un mode off-road quasi-soporifique. Heureusement, le mode Rallye historique et le très bon mode carrière sauvent un peu l’affaire, au même titre que la sélection de véhicules, plutôt diversifiée. Doté d’une excellente bande-son, de graphismes moyens mais de modélisations (véhicules) de bonne facture, Dirt 4 subit aussi quelques chutes de Framerate. En clair, Dirt 4 souffle un peu le chaud et le froid tout au long de sa découverte…

DiRT 4 Rally

Alors, afin de vous aider dans votre choix, nous conclurons en qualifiant ce quatrième opus de jeu agréable pour les archi-fans de la série. Et attention, nous parlons bien de Dirt et non de Dirt Rally. Par contre, les amateurs de simulation n’y trouveront quasiment aucun intérêt. Dommage que les développeurs aient sur-vendu leur titre.

Notre note : 13/20

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