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Test de MotoGP 19 : immersion et sensations garanties !

Référence actuelle de la simulation de MotoGP, MotoGP 19 avait pour ambition d’améliorer le réalisme à tous les étages. Pour atteindre cet objectif, Milestone a donc mis les bouchées doubles côté contenu, Intelligence Artificielle, graphismes et options de jeu. Le studio de développement en question a-t-il tenu toutes ses promesses ? Réponse dans ce test complet de MotoGP19 (réalisé sur une version Playstation 4).

MotoGP 19 : “ANNA”, trop de blablas, pas assez de résultats ?

Si les fans de deux roues n’avaient d’autre choix, jusqu’ici, que de s’offrir MotoGP, cet opus 2019 pourrait bien profiter d’un véritable plébiscite. Car Milestone semble avoir écouté les fans, en améliorant son soft sur de nombreux points. A commencer par l’intelligence artificielle, grande révolution annoncée en amont, via de multiples campagnes de communication. Malheureusement, à trop vouloir mettre en avant un élément, l’on suscite des attentes -souvent- gargantuesques, au risque de se planter. Or, c’est ce qu’il se passe dans MotoGP 19, sur ce stricte plan de l’ I.A.

En effet, les développeurs ont mis en avant leur terme barbare “Artificial Neural Network Agent” (ANNA) pour nous vendre des réactions ultra-réalistes, très proches de celles dont pourrait faire preuve un véritable humain/pilote. Mais dans les faits, l’évolution n’est pas si flagrante que cela. Oui, il y a du mieux, cela s’observe dès les premières parties, d’ailleurs. Les concurrents dirigés par la console tentent d’avantage de choses, y compris des freinages très tardifs. Ils commettent des erreurs, sortent de la trajectoire, chutent et semblent modifier (légèrement) leur approche pour essayer de vous passer. Néanmoins, leurs réactions demeurent généralement prévisibles et assez répétitives. D’ailleurs, certains sont capables de rater leur premier ou deuxième freinage une course sur deux, avec effet de rétrogradation (au classement) immédiate. Apprennent-t-ils de leurs erreurs ? Nous n’en avons pas eu l’impression. Mais, peut-être, faut-il juger de la chose après plusieurs saisons courues ? Le bénéfice du doute doit être accordé sur ce point. Quoiqu’il en soit, si Milestone a clairement exagéré les effets de son fameux “ANNA”, les progrès sont notables et appréciables.

Prise en main : finesse et subtilité au programme

Heureusement, au-delà de cette vitrine de communication, MotoGP 19 s’est beaucoup amélioré. Notamment sur le plan du réalisme, de la physique et des sensations de pilotage. Là encore, cela ne saute pas aux yeux mais les joueurs les plus fins apprécieront. A titre d’exemple, une fois toutes les aides activées, impossible de se contenter de “bourriner”. Dans le précédent opus, il suffisait ainsi de maintenir la pression sur l’accélérateur (et de tourner) pour réussir son tour, sans risquer de chuter. Par contre, dans MotoGP 19, cette stratégie ne fonctionnera plus, la moto glissant malgré tout, surtout en milieu de virage. Les chutes sont désormais possibles, avec ou sans aides au pilotage.

Et, bien entendu, en désactivant toutes les aides, cette différence s’accroît, avec des deux roues beaucoup plus délicates et subtiles à piloter grâce, aussi, à une physique revue et corrigée. Dans le bon sens, cela va de soi. Autre différence palpable, le freinage. Sur ce point tout particulièrement, les machines sont beaucoup plus complexes à ralentir, dans cet opus. Appuyez sur les freins, tournez en même temps et ce sera la chute assurée. D’ailleurs, si vous souhaitez entrer/sortir du virage debout, il sera impératif de freiner plus tôt (par rapport à MotoGP 18) mais aussi, de façon plus progressive. Même nécessité de finesse au guidon puisque, si vous maintenez trop longuement une pression à gauche ou à droite, hors trajectoire, la chute viendra à nouveau vous sanctionner…Logiquement, ce côté plus punitif qu’auparavant se retrouve aussi lorsque l’on accélère. Jolie progression, donc, le jeu devenant plus difficile.

Moto E, retour des légendes, défis, un contenu pléthorique

Malgré tout, les meilleurs d’entre-vous et/ou habitués de la série sauront rapidement battre l’ I.A, même en difficulté maximum. En particulier sur les catégories annexes comme la Moto2, plus faciles à appréhender sur tous les points, notamment en matière de prise en main. Les MotoGP resteront donc les plus difficiles à piloter, ce qui paraît assez logique, compte-tenu de leur puissance. Et cela devient d’autant plus vrai lorsque l’on s’essaye aux bécanes historiques. Oui, car MotoGP 19 marque le retour de machines et pilotes mythiques, ce qui constitue une excellente nouvelles ! Sachant que ces dernières (dispatchées en deux grandes catégories) se révèlent encore plus dures à maîtriser que leurs homologues, plus récentes. Pour le coup, on prend sérieusement son pied…

Avant de détailler cette partie “historique” un peu plus tard, évoquons aussi la toute nouvelle catégorie, la Moto E. Alors, à ce niveau, l’étrangeté est au programme…En effet, le véritable championnat n’ayant toujours pas débuté (suite à un important incendie), la découverte de ce dernier de façon virtuelle revêt un caractère particulier. Ainsi, vous vous rendrez compte d’une hiérarchie sortie de la tête des développeurs. Laquelle faisant la part belle -cocorico- à nos Randy de Puniet et Mike di Meglio nationaux.

Anecdote à part, ces machines constituent une très bonne surprise, niveau plaisir de jeu. Plus faciles à maîtriser que les MotoGP, elles disposent d’une physique assez proches de ces dernières. Joueuses au guidon, elles font preuve d’une certaine agilité, délivrant immédiatement une dose de fun. Appréciable. On regrettera quand même qu’elles ne soient cantonnées qu’à quelques circuits, du fait d’un calendrier très restreint. Dommage, car l’on aurait aimé les essayer sur tous les circuits accessibles aux différentes catégories. Mais le fait est que, avec ces MotoE, nous voilà en présence d’une foule de catégories incluant Rookie Cup, Moto 2 et 3, Moto GP et Motos historiques (MotoGP Historical “4 temps” et MotoGP Stroke “500cc 4 temps”). Cela commence à faire du volume.

Revenons donc sur ces motos historiques. Première chose à savoir, pilotes et machines mythiques se débloquent progressivement. Un bon point en matière de “challenge”. Ensuite, s’il est possible de participer à une saison (championnat) complète (hors mode solo/story, donc), c’est en passant par la case “défis historiques” que vous allez vous régaler. Ce dernier est scindé en quatre parties bien distinctes à savoir; héros des 500cm3, l’Aube du MotoGP, L’ère moderne et enfin, “Grandes rivalités”.

Chacun de ces modes est composé de 10 à 18 épreuves. Il s ‘agit, en réalité, de scénarios historiques que l’on vous invite à revivre, de manière séquentielle. Par exemple, vous pourrez revivre quelques tours du Grand-Prix de France 2003 dans la peau de Sete Giberneau face à Valentino Rossi, sous la pluie pour un dernier tour à couteaux tirés ! Ou encore, prendre les commandes de Wayne Rainey en 1993, au guidon de sa Yamaha YZR 500, à l’occasion d’un tour de qualifications à Brno. Citons aussi, pêle-même, la présence de défis mettant en scène Kevin Schwantz, Alex Crivillé, Mick Doohan, Max Biaggi, Loris Capirossi, Alex Barros, Marco Simoncelli, Casey Stoner, Jorge Lorenzo, Jeremy McWilliams, Gary McCoy, Toru Ukawa ou encore, Shinya Nakano. Petit regret toutefois, l’absence totale de pilotes français dans cette sélection…

 

MotoGP 19 : une carrière enfin au niveau ?

Passons maintenant au gros du morceau, le mode carrière. Là, il y a du nouveau. Et force est de constater que MotoGP 19 s’est largement inspiré de l’excellentissime F1 2018, de Codemasters. Tout d’abord, il vous est possible de choisir “normale” ou “pro”. Vous l’aurez compris, en choisissant cette dernière option, la quasi-totalité des réglages de difficulté seront à leur maximum. Le tout avec un minimum requis de tours à effectuer c’est à dire, dix.  Par contre, vous aurez toujours le loisir de choisir les séances que vous souhaitez réaliser. Possible, passer directement à la course ou se contenter des libres 3 pour assurer sa qualification, par exemple…

Mais c’est là que les choses se corsent. Car, si vous souhaitez disposer d’une machine digne de ce nom, tout au long de la saison, il va falloir bosser ! Sachant que, si vous avez le choix de débuter votre carrière dans n’importe quelle catégorie (on peut donc démarrer directement en catégorie reine), les meilleures équipes ne seront accessibles qu’en seconde voire, troisième saison…et à condition de faire grimper votre jauge de popularité de manière suffisante ! Ce qui passera par d’excellents résultats. Alors, au guidon d’une KTM ou d’une d’une Ducati du Team Octo Pramac, l’aspect développement sera crucial. Car, oui, sur le modèle de F1 2019, il est maintenant possible de développer votre bécane tout au long d’une saison. Chose de grande importance, d’autant que les autres concurrents, eux, disposeront d’une machine quasi-identique du début à la fin de la saison. Défaut en commun avec le jeu de F1 de Codemasters, d’ailleurs…

Et pour développer, il va falloir passer par la case “programme”. Lesquels s’effectuant au cours des  essais libres. Ainsi, en atteignant les objectifs (trois au total), vous gagnez des points de ressources, à utiliser ensuite pour faire progresser votre moto dans le domaine souhaité (moteur, cadre, etc.). Vous en voulez encore ? Et bien, grande nouveauté propre à MotoGP 19, il est maintenant possible de participer aux essais hivernaux ! Une excellente introduction qui va transcender l’expérience…Du moins, concernant la MotoGP, les autres catégories -malheureusement- n’étant pas éligibles à ces tests.

Concrètement, deux heures (un peu court, par contre…) vous seront allouées pour réaliser un choix crucial : décider du pack que vous exploiterez pendant la saison. Pour se faire, vous disposerez de tableaux comparatifs de vos chronos, secteur par secteur, pour chaque pack (3 au total). Et afin de réaliser un choix le plus favorable possible, il vous faudra aligner les kilomètres mais aussi, jouer sur les réglages. Dans ces conditions, croyez-nous, l’on ressort littéralement vidé d’une telle séance…D’autant que les enjeux sont importants ! Car si vous optez pour le pack vous apportant les meilleurs chronos, sans tenir compte du confort de conduite, vous pourriez le regretter plus tard, au cours du développement de votre deux roues. Ainsi, privilégier un comportement sain pourrait faire la différence. Mais tout dépendra de votre style de pilotage, de vos envies et du type de comportement recherché. Additionnez tout cela et vous obtenez une équation très complexe à résoudre. Surtout -encore une fois- en seulement deux heures. Il va donc falloir faire preuve d’une réelle concentration afin d’analyser chaque mouvement, chaque freinage, chaque entrée/sortie de virage, pour prendre une décision juste…pas simple ! Mais tellement jouissif…Au point qu’un certain F1 2019 gagnerait à s’en inspirer !

Pour le reste, on déplorera quand même cet écart de performances entre vous et vos rivaux, qui va se creuser au fil de l’évolution de la saison et du développement de la machine. Cela vaudrait le coup d’augmenter encore le niveau de difficulté possible, afin d’offrir un challenge digne de ce nom passée la première saison.

Enfin, il est toujours possible de jouer en ligne via des formats de courses assez classiques ou encore, de participer aux compétitions esports.

MotoGP 19 progresse techniquement

Passons maintenant à l’aspect plus technique. Côté bande-sonore, bel effort, avec des reproductions beaucoup plus fidèles des différentes sonorités des motos. Pour le reste, les bruitages d’environnements demeurent assez discrets. Néanmoins, l’arrivée d’une nouvelle vue de casque (haut) offre un rendu vraiment immersif, avec le souffle du vent très bien retranscrit. On retrouve aussi une musique inédite durant les différents menus, même si cela reste anecdotique.

En matière de framerate, là aussi, MotoGP 19 fait mieux que son prédécesseur. Alors que MotoGP 18 souffrait régulièrement de chutes pénalisant le joueur en plein freinage, les développeurs ont quasiment gommé ce défaut. Tout en conservant un rendu de vitesse optimal et même, peut-être, plus réaliste que précédemment. On notera aussi les très belles animations des bikers dans les stands ainsi que des mouvements plutôt bien fichus, notamment lors des célébrations de podiums. Oui, on gagne encore en réalisme…

MotoGP 19

MotoGP 18

Graphiquement, enfin, la progression est palpable. D’abord concernant le rendu des motos et surtout, des pilotes. Ainsi, cet espèce d’effet de flou a disparu pour faire placer à un rendu clair, net et détaillé des couleurs et sponsors apposés sur les combinaisons. Autre évolution notable, les reflets. Cela se visualise particulièrement sous la pluie, avec des effets de flaques et d’eau stagnante beaucoup plus fins. Même progrès du côté du rendu du tarmac, plus précis, plus joli. Globalement, les rendus météorologiques se sont d’ailleurs améliorés. Qu’il s’agisse de la représentation d’une averse ou de gouttes glissant sur la visière, Milestone a bossé son sujet. Niveau décors, l’upgrade est moins flagrant mais réel. On s’en aperçoit notamment dans les stands (bâtiments) et même en piste, avec un rendu brouillard moins “cache-misère”. En revanche, au niveau de la foule, c’est le statu-quo. Il nous a même semblé apercevoir moins d’animations (comme les fumigènes) dans l’opus 2019. Etrange…

MotoGP 19 : les encouragements pour ce bon cru

Au final, si MotoGP 19 ne tient pas forcément toutes les promesses faites par Milestone (du moins, concernant l’ I.A, moins révolutionnaire -dans ses résultats- qu’annoncé), il n’en demeure pas moins excellent. S’inspirant de ce qui s’est fait ailleurs (F1 2019), le jeu de moto s’est amélioré dans tous les domaines. Des graphismes et effets visuels plus fins, un gameplay plus précis, plus agréable; un contenu enfin consistant (avec le retour des historiques et l’arrivée de la Moto E) et un mode carrière très réussi, qui prend cette année une nouvelle dimension.

Bien sûr, ces nouvelles introductions vont toutes devoir être poussées, développées, pour atteindre un niveau exemplaire dans MotoGP 20. Mais en l’état, Milestone a réussi quelque chose de très bon, malgré une difficulté qui ne résistera pas aux meilleurs d’entre-vous. Si vous êtes amateur de simulations de motos, il n’y a pas à dire, cet opus est une franche réussite.

La note Le Mag Sport Auto :

16,5/20

On a adoré

  • Le mode carrière, dans la lignée d’un F1 2019 (en moins poussé)
  • L’ I.A en progrès
  • Techniquement meilleur (graphismes, son, animations)
  • Le retour des motos classiques
  • Les défis historiques
  • La Moto E
  • Les test hivernaux, une idée qui fait la différence !

On a moins aimé

  • Toujours aussi punitif en mode “tour rapide”
  • I.A pas aussi stupéfiante qu’annoncé
  • Difficulté parfois inégale, manque de challenge à moyen terme (carrière)
  • Décors encore un peu faiblards visuellement, par rapport à d’autres jeux de course

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