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[TEST] DiRT 5, le pari osé mais fun de Codemasters !

[TEST] DiRT 5, le pari osé mais fun de Codemasters !

En 2007 le premier « Colin McRae Rally » sur PS3 et Xbox 360 était appelé DiRT. L’idée était de diversifier le jeu en suivant l’orientation multidisciplinaire de Colin McRae. Après la mort du pilote (en 2007 aussi), les DiRT sont devenus une série de jeux vidéo à part entière. DiRT 2 s’est américanisé avec l’arrivée des X-Games et du Rallycross. Puis DiRT 3 a voulu offrir un mix entre rallye et Gymkhana tout en sponsorisant un certain Ken Blok. Ensuite, DiRT Rallye est arrivé et a donné des airs de Richard Burns Rally à la licence pourtant accès sur l’arcade. Sentant une perte de sa fanbase, Codemasters a lancé DiRT 4, une version plus variée et plus accessible de DiRT Rallye. Après un Rallye 2.0 de grande qualité l’an dernier, la série DiRT est de retour avec un nouvel opus. Sobrement baptisé DiRT 5 celui-ci compte bien donner un nouveau souffle à la saga alors qu’une nouvelle génération de consoles arrive. Bonne ou mauvaise idée ? La réponse dans notre test.

DiRT 5 : un Grid offroad ?

Ce qui marque tout de suite dans ce DiRT 5 c’est l’accent mis sur les courses sur circuit. A l’inverse des précédents opus, tout ce qui est « en espace libre » a été presque totalement zappé. Pas de Rallye classique, pas de Rallye-Raid, pas de Hillclimb. Même le Rallycross a été sérieusement transformé pour offrir une simple course sur circuit avec des voitures issue de la discipline. A l’instar du premier DiRT, c’est une voiture atypique qui est sur la jaquette du jeu. L’Aston Martin Vantage R-GT est la star du jeu, un choix surprenant à l’image de ce qui nous réserve dans le titre de Codemasters.

DiRT 4 proposait un mode carrière classique où il fallait enchaîner les épreuves dans différentes disciplines. Ce cinquième opus reprend l’évolution pyramidale du premier DiRT sorti en 2007. Le tout mis en scène avec un faux podcast où l’on relate notre avancée et notre rivalité avec un certain Bruno Durand, maître des DiRT Series. A nous d’enchaîner les victoires dans un cheminement prédéfini pour défier Bruno et devenir « la Superstar ». Rien de bien original. On est loin de l’univers Colin McRae Rally : DiRT 2 proposé en 2009 où l’on vivait toute l’aventure dans notre caravane de pilote le tout en plein « paddock ». L’ambiance offerte par les développeurs il y a 11 ans n’a toujours pas trouvé d’égal. Et ce n’est pas le mode carrière de ce DiRT 5 qui va relever le niveau. Malgré une belle distribution vocale (en VO), l’ambiance podcast devient vite barbante et les propos des animateurs parfois lourds et pas drôles. N’est pas Starman de Crash FM (Burnout 3) qui veut… Premier point négatif pour le nouveau jeu de Codemasters.

Le mode carrière s’articule donc autour de différentes épreuves : Ultracross, Pathfinder,Rally Raid, Landrush, X Cross Raid, Formula Off Road, Rally, Ice Breaker, Sprint. Le tout, réparti dans des localisations à travers le monde : USA (Arizona et New York), Brésil, Maroc, Chine, Italie et Norvège. A la fois le jeu nous fait voyager et offre une belle diversité d’endroits où conduire mais la variété des paysages n’est pas aussi frappante que dans les 3 premiers opus de DiRT malheureusement. Et ce car on a souvent l’impression de faire les mêmes courses. Heureusement que le Pathfinder et le Gymkhana viennent mettre un peu de variété dans tout ça.

Ce manque de variété se ressent aussi au niveau de la difficulté du jeu. A part le Sprint plutôt délicat à maitriser totalement, le reste du jeu est clairement facile. Arriver à l’affrontement final ne devrait pas pauser beaucoup de soucis aux habitués des jeux de course. En ligne droite, comptez sur 8-10 heures environ pour boucler le mode carrière. Bien sûr, il vous faudra beaucoup plus de temps pour le finir à 100%. De même, le mode arcade et le mode Playgrounds ainsi que le jeu en ligne permettent d’augmenter significativement la durée de vie. Les chasseurs de platine/1000G ont également été chouchoutés. Aucun trophée en ligne, seulement 20 récompenses virtuelles à débloquer et quasiment tout s’obtient en finissant simplement les épreuves. On sent que le public visé par ce DiRT 5 n’est pas le même que par le passé. Un public peut-être plus jeune et plus habitué aux jeux de course en peloton.

DiRT 5 : LE jeu de course pour le lancement de la PS5 et de la Xbox Series X ?

Visuellement, DiRT 5 est clairement un cran au dessus de l’opus Rallye 2.0 et du quatrième volet sorti en 2017. Les effets de boue sont magnifiques tout comme la glace sur les épreuves « Ice ». La gestion de la lumière est d’excellente facture et peut être un véritable adversaire. A l’instar de Forza Horizon 4 la météo peut clairement impacter votre visibilité et donc vos performances. La météo dynamique est présente dans ce DiRT 5 et sera souvent un adversaire plus coriace que l’IA. Une magnifique prestation visuelle réalisée par les développeurs anglais. Bleuffant ! On notera que ce DiRT 5 a été développé par Codemasters Cheshire (ex Evolution Studios) et bénéficie des améliorations du moteur graphique déjà entraperçues sur le très sympathique OnRush. En tout cas, quand on voit le résultat sur la génération actuelle on a hâte de voir ce que ça donnera sur Playstation 5 et Xbox One Series X/S !

La grande liste de voiture du jeu est servie par une modélisation de ces derniers de bonne qualité. D’accord, on n’est pas forcément au niveau d’un Forza ou d’un DriveClub mais pour un jeu « arcade » on est clairement dans le haut du panier. Le garage proposé par les développeurs est immense et très diversifié. On ne peut s’imaginer un DiRT 2 ou 3 avec un tel garage… une merveille ! Dommage de ne pouvoir jouer n’importe quelle discipline avec n’importe quel véhicule… comme dans les opus sur PS360. Peut-être qu’un futur patch nous offrira cette opportunité. Autre regret, l’absence de WRC de la génération précédente ou du début des années 2000.

Si la liste des voitures est épatante la modélisation sonore est un peu plus décevante. Rassurez-vous, dans l’ensemble c’est du bon. Mais les experts rallystiques risquent d’être un peu choqués par certains sons (comme sur le Touareg, les voitures de RX pourtant identiques à celles de DiRT Rally 2.0). Quelques fausses notes ou exagérations qui désolent un peu. Surtout que Codemasters nous a souvent habitué à plus fin.

Comme dans DiRT 2, la playlist du jeu est un atout à elle seule. Peut-être moins parfaite que celle du jeu de 2009, celle-ci n’en reste pas moins de qualité. Très punchy et avec de grands noms actuels, elle devrait satisfaire un grand nombre de joueurs. The Chemical Brothers, The Prodigy, Stormzy, Wolfmother ou encore The Killers. La playlist entière est disponible sur le site de Codemasters si vous souhaitez voir ce qui attend vos oreilles.

DiRT 5, une ode à l’arcade ?

Autant être cash avec vous, si vous cherchez un jeu « réaliste » dans la lignée d’un DiRT Rally, d’un Richard Burns Rally ou d’un Assetto Corsa foncez à l’opposé de ce DiRT 5 ! Et si vous pensez que Codemasters dénature sa série avec un gameplay aussi accessible, retournez à vos cours d’Histoire vidéoludique. Au contraire, le studio anglais renoue avec le passé glorieux de la série. Certes, ce n’est pas autant arcade qu’avant. Il suffit de voir le comportement des véhicules de Sprint ou des Muscle Cars et autres propulsions pour s’en convaincre. C’est 100% arcade dans la prise en main et dans la volonté de nous offrir un jeu fun et simple. Mais quelques subtilités se sont glissées afin de corser le tout. Au final, le gameplay de ce DiRT 5 sent un petit peu le OnRush et propose quelque chose de très fun et très plaisant. Mission réussie pour Codemasters ! Et puis le retour (ENFIN !) du jeu en écran splitté et juste quelque chose de grisant. Les soirées jeu vidéo entre amis vont enfin pouvoir revenir sur les DiRT comme par le passé. ENFIN ! Merci Codemasters !

Nouveauté de ce DiRT 5 le mode « Playgrounds » permet de créer ses arènes de jeu. Simple circuit de course, Gymkhana ou arène de destruction (d’objets et non de véhicules) à vous de choisir le thème de votre zone de course avant de vous lancer dans sa conception. Après avoir placé la ligne de départ vous pourrez laisser libre cours à votre imagination. Enfin presque. Les choix restent relativement limités. De plus, la prise en main n’est pas instinctive et on patauge un peu dans la création de son niveau. Seuls les plus patients pourront nous offrir de superbes niveaux.

C’est un peu comme pour les livrées en fait. Car dans DiRT 5 pas de livrées officielles. A vous de créer les votre. Une personnalisation malheureusement très limitée. Quelques combinaisons de design avec une grande palette de couleurs et un petit choix de stikers très enfantins. Dommage. Le résultat ? Une Clio Williams très flashy ou une Impreza rose fluo avec un petit cerf dessus et Monster Energy comme sponsor. On est plus proche d’un Need For Speed Underground que d’un jeu de « racing ». Dommage. Quelques livrées « de marques » seront déblocables mais ne valent pas toujours les vraies. Là-aussi la personnalisation est limitée et l’ambiance « DiRT » connue des fans de longue date est absente.

Terminons en évoquant l’IA. Comme expliqué précédemment le jeu est assez facile. Les habitués du genre pourront aisément boucler DiRT 5 en intermédiaire/difficile. Une IA assez bourrine cependant et qui n’hésitera pas à vous dégommer si vous vous plantez. Heureusement, les adversaires se planteront également eux aussi. L’ IA est « en accordéon » c’est-à-dire que si vous parvenez à vous échapper la distance augmentera aisément. Mais, à la première erreur c’est une grande partie de vos adversaires que vous verrez revenir sur vous. Bref, DiRT 5 ne brillera pas par son IA.

DiRT 5 : notre bilan.

Au final que penser de ce DiRT 5 ? Le fun est au rendez-vous et il est indubitablement aidé par un garage très varié et de grande qualité. Malheureusement, pour les vrais fans de la série, il y aura un petit goût amer en jouant à ce nouvel opus. On ne retrouve pas la diversité d’antan ni l’ambiance que l’on a pu voir sur les jeux de la génération précédente. Certes, Codemasters a encore réussi à proposer un DiRT avec une ambiance unique et inédite. Mais celle-ci n’est pas aussi savoureuse que celle rencontrée dans DiRT 2 ou DiRT 3. L’ambiance podcast/rival invisible ne prend pas. L’absence du rallye, d’un vrai rallycross ou d’un rallye-raid en solo n’aide pas non plus. Cette cuvée 2020 n’est clairement pas la meilleure proposée par Codemasters depuis 2007. Néanmoins, cette nouvelle vision de la licence à son charme et a permis le retour tant attendu de l’écran scindé. Avec l’arrivée toute proche d’une nouvelle génération de consoles, DiRT 5 n’est pas une référence sur l’actuelle mais s’imposera sûrement aisément comme le meilleur jeu de course sur Playstation 5 et Xbox Series X. Une preuve que le nouveau jeu de Codemasters est de qualité même si il lui manque quelques petites choses pour s’imposer comme un ténor du genre.

Les + :
Le retour de l’écran scindé ENFIN !
Un jeu fun et plaisant
Grande diversité de véhicules
Bande-Son
Réalisation graphique
Météo dynamique
Prise en main aisée et rapide

Les – :
L’ambiance podcast
L’IA bourrine
La prise en main du mode Playgrounds
Pas de rallye ou de vrai rallycross
Personnalisation limitée des livrées
Assez répétitif au final

Notre Note : 14.75/20

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