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Test : WRC 6, enfin la simulation de Rallye ultime (PS4) ?

WRC 6

WRC 6 est enfin disponible sur PC et consoles Sony Playstation 4 et Xbox One. La principale promesse de ce nouvel opus ? Faire honneur à la nouvelle génération de consoles, contrairement au précédent opus, dont le développement avait débuté sur PS3 et Xbox 360. Autre aspect attendu par les joueurs, la compatibilité avec les volants et pédaliers, après le fiasco de WRC 5 sur lequel il est inutile de revenir. Pour la seconde fois consécutive c’est donc Kylotonn qui se charge de l’adaptation de la licence officielle. Cet opus 2016 tient-il toutes ses promesses ? Réponse dans notre test de WRC 6, version PS4.

WRC 6 : des maladresses mais de réelles améliorations

WRC 6 FIA World Rally Championship

WRC 6 FIA World Rally Championship

Pour commencer, stipulons que ce test a été réalisé avec le pad PS4 d’une part et l’ensemble volant/pédalier Ferrari T300 GTE Wheel de Thrustmaster d’autre part. Entrons dans le vif du sujet pour répondre aux questions soulevées dans notre introduction, histoire de vous rassurer d’entrée. Effectivement, WRC 6 est bel et bien entré dans la next-gen avec un soft qui a réellement évolué sur pas mal de points alors que les développeurs auraient pu se contenter de modifier deux ou trois choses…Et c’est tout d’abord au niveau des menus du jeu que ce remodelage est palpable avec une présentation plus claire, plus intuitive et, donc, plus agréable. De quoi donner envie de se plonger dans le soft…

Deuxième bon point, les graphismes. Là aussi, l’évolution visuelle est flagrante par rapport au précédent opus. Oui, nous sommes bien, cette-fois, sur PS4/Xbox One. Pouvons-nous, pour autant, parler de claque graphique ? Non, certainement pas. Par rapport à notre pré-test sur la Gamescom (une version sans doute optimisée pour l’occasion), le niveau est redescendu d’un cran. Si les voitures sont superbes, détaillées et modélisées avec soin, au même titre que l’asphalte et les différentes surfaces (avec de beaux reflets de soleil, glace, humidité, etc.), côté environnements, ce n’est pas encore ça…

Les décors, sans être laids, manquent encore de détails, de finesse et de contrastes. En revanche, les différents pays visités sont vite reconnaissables et les spéciales (inspirées des tracés du réel avec quelques endroits clés/mythiques représentés) rappellent sans mal les secteurs que parcourent les véritables pilotes de Rallye. Néanmoins, nous retrouvons encore trop souvent des éléments (végétation, roches, véhicules, foule) simplement copiés-collés d’un Rallye à un autre, ce qui n’aide pas à s’immerger totalement dans un nouveau Rallye, une fois lancé dans le championnat. Cependant, le travail de Sébastien Chardonnet, qui a redoublé d’efforts sur ce WRC 6, porte peu à peu ses fruits. Un peu comme si les développeurs nous soufflaient le chaud et le froid, les fans apprécierons le retour des scènes de podium…mais pesterons contre le fait que tous les pilotes conservent leurs casques durant cette célébration ! Evidemment, cela fait gagner du temps en termes de modélisation de chaque visage…Par contre, adressons toute notre gratitude à Kylotonn qui, enfin, nous propose la quasi-totalité des super-spéciales dans leurs versions intégrales et 100% fidèles. Grosse dose de plaisir au passage, les fans vont êtres aux anges, légitimement…

Restons dans le registre de la technique pour parler de la thématique sonore. Là encore, le respect des sonorités des moteurs du réel est monté d’un degré, notamment pour les catégories secondaires (JWRC). Mieux mais pas parfait, une nouvelle fois. Côté notes des copilotes, il y a de l’ amélioration aussi, avec un vocabulaire plus fourni. Toutefois, le choix des embûches annoncées ou non reste, parfois, surprenant voire, déconcertant. En conséquence, on finit pas ne plus y faire attention pour se concentrer sur le panneautage, finalement plus fiable en vue d’anticiper les difficultés. Les sons d’ambiance, en revanche, ne semblent pas avoir profité du même soin, qu’il s’agisse de glisses prolongées sur un revêtement caillouteux ou lors d’un passage en dehors de la piste. D’ailleurs, ces incursions hors piste s’avèrent très punitives. En Rallye, le fait de couper les virages est habituel et nécessaire à la réalisation d’un bon chrono. Mais dans WRC 6, la moindre incartade donne lieu à une pénalité chronométrique. Un manque regrettable de finesse à ce niveau, dommage, cela ayant tendance à priver le joueur d’une partie du plaisir de jeu. Néanmoins, ce défaut illustre une autre volonté des développeurs, celle de rendre le jeu moins permissif, plus pointu.

Simularcade toujours, pour plaire au plus grand nombre

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WRC 6 FIA World Rally Championship

Et sur ce plan, c’est plutôt réussi. Si la prise en main, le gameplay, restent assez similaires au précédent opus (avec un rendu des sensations de pilotage légèrement plus fin, sans jouer pour autant dans la catégorie de la simu pure), nombre d’éléments du décor qui, précédemment, permettaient de prendre appui afin de perdre moins de temps ont été corrigés. Vous souhaitez vous aider d’une barrière en vue de freiner moins fort et de conserver votre vitesse ? Mauvaise idée, puisque vous resterez planté, à l’arrêt, dans la barrière en question. Appréciable aussi, les dénivelés, qui se ressentent d’avantage qu’auparavant, renforçant le réalisme de certaines spéciales en particulier, en Corse ou au Monte-Carlo notamment. Par contre, trop de petites pierres (littéralement scotchées au sol) viennent encore joncher le bord de la piste, toujours dans l’optique d’empêcher le joueur de couper ce qui, encore une fois, tue dans l’oeuf toute idée d’improvisation en vue de gagner du temps. Mais globalement, les spéciales ont gagné en plaisir de conduite avec d’avantage de passages techniques, de courbes sinueuses et de passages « sur le fil ». Avec un volant et un pédalier, inévitablement, le plaisir en est décuplé…

Ainsi, le fan de simulation y trouvera des sensations grossièrement réalistes alors que l’amateur d’arcade se sentira à l’aise au bout d’une petite heure de pratique. Un bon compromis, la licence WRC n’ayant pas réellement vocation à attirer les amateurs de simulation pure. C’est d’ailleurs probablement dans ce cadre un peu hybride entre simu et arcade que les pannes mécaniques ont été zappées alors que les crevaisons font leur grand retour. Car, oui, vous pouvez vous retrouver sur trois roues durant une spéciale et choisir de vous arrêter pour utiliser votre roue de secours avec la pénalité de temps que cela entraîne…Malheureusement, compte-tenu de l’impact très faible sur le pilotage après une crevaison, vous aurez plutôt intérêt à poursuivre votre route jusqu’au terme de la spéciale. Une nouveauté quasi-inutile, donc.

wrc 6 classement

WRC 6 FIA World Rally Championship

Abordons maintenant le sujet de l’ Intelligence Artificielle. Pour être clair, les habitués de la licence ou des jeux de Rallye en général risquent de bien vite s’ennuyer ! En effet, peu de différence entre les multiples niveaux de difficulté, la victoire étant facile à obtenir même en commettant des erreurs de pilotage. Un aspect finalement assez cohérent dans le cadre de cette approche (voulue) « simularcade ».

Terminons avec les modes de jeux. Grande nouvelle cette année, le retour du mode deux joueurs en local, via un écran splitté ! Rien que pour cela, WRC 6 vaut le coup…D’autant que techniquement, les pertes visuelles ou en matière d’animation ne sont pas excessives. Passons le jeu en ligne qui n’apporte rien de nouveau pour dire quelques mots du mode carrière, très similaire à celui proposé dans WRC 5. WRC, WRC-2 et JWRC, vous pourrez gravir peu à peu les échelons en vous faisant repérer avec, toujours, des objectifs fixés par le team à remplir. Bon, on aurait aimé un peu de sang frais dans le domaine. Gageons que la révolution sur ce point, sera pour WRC 7 !

WRC 6 : Bien meilleur que WRC 5, malgré les imperfections

Au final, WRC 6 a un peu tendance à souffler le chaud et le froid ! Les améliorations sont palpables dans à peu près tous les domaines mais ces dernières génèrent, parfois, d’autres défauts ou s’avèrent, de temps en temps, inutiles. Cependant, le réalisme global et la fidélité à l’univers du WRC sont bel et bien en hausse. Le principal défaut, selon nous, étant le manque de challenge, avec un I.A vraiment raz les pâquerettes. On regrettera aussi la quasi-impossibilité de couper dans les virages, tout en appréciant l’aspect moins permissif du soft, qui pardonne plus rarement les erreurs que par le passé. Enfin, le retour du mode 2 joueurs en local constitue l’un des points forts du soft qui, logiquement, est encore meilleur à jouer avec un ensemble volant/pédalier.

WRC 6 est assurément meilleur que son prédécesseur et devrait plaire à un public assez large en dépit de ses défauts, disséminés ici et là. Un excellent compromis entre arcade et simulation.

Notre note : 15/20

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