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WRC, Jourdan Serderidis retour en émotions sur le Rallye d’Australie

WRC, Jourdan Serderidis retour en émotions sur le Rallye d'Australie

Lors du dernier Rallye d’Australie, ultime manche du WRC 2018, Jourdan Serderidis s’est offert son deuxième rallye mondial de la saison. Au volant d’une Ford Fiesta WRC de chez M-Sport, le Champion du Monde WRC Trophy 2017 a su se hisser à la 10e place du classement général. Il revient avec nous sur cette épreuve australienne… et son avenir en Rallye.

Jourdan Serderidis, une 10e place pour son dernier rallye en WRC.

Jourdan Serderidis a su décrocher un top10 mondial au Rallye d’Australie, son meilleur résultat en WRC. Un objectif dont il rêvait mais qui semblait difficile à réaliser :

Déjà, à la lecture de l’Entry List, nous savions qu’il serait difficile d’atteindre l’objectif (Top-10 au scratch) que l’on s’était un peu naïvement fixé au départ de ce mini-programme de deux courses avec M-Sport et la Fiesta WRC. Le shakedown n’a fait que confirmer les forces en présence et nous rappeler que cette édition 2018 voyait les meilleurs australiens équipés d’un matériel de qualité (Skoda R5 ou Toyota AP4) et 3 pilotes en WRC2 (P. et A. Heller et A. Kremer) largement supérieurs en vitesse de pointe sur la terre. Mes progrès sur terre sont réels mais pas suffisants pour les battre à la régulière. Après, on a été intelligents du début à la fin. Malgré le balayage le samedi, on a fait notre course, notamment sur les longues spéciales et sur les SSS. Et on a récolté le résultat espéré.

C’était votre deuxième rallye avec la Ford Fiesta WRC. Ainsi, on a voulu savoir quel était le sentiment de Jourdan Serderidis sur la Fiesta WRC sur la terre et savoir sur quel terrain elle était plus facile à piloter :

La voiture est véritablement extraordinaire. Mais cela reste une voiture qui doit être cravachée sur la terre. C’est plus difficile qu’une Skoda R5 par exemple. Mais soyons honnêtes, la voiture est bluffante sur les enchaînements.
C’est difficile à dire. Je suis plutôt un pilote asphalte et j’ose plus de choses sur le tarmac. Le freinage notamment me semble plus naturel sur l’asphalte.

Lors du Rallye d’Australie, Jourdan Serderidis a fait un 5e temps dans l’ES18, une SSS. Un résultat qui restera graver dans la mémoire du pilote grec : « Oui, j’ai bénéficié des conditions climatiques favorables (pluie pour certains concurrents) mais il est certain que sur des petites spéciales techniques, mon « car control » m’aide et j’ose plus. C’est un petit exploit certainement pour un amateur comme moi. Je vais l’encadrer quelque part dans mon album souvenir.» 😊

D’ailleurs, on a voulu savoir s’il était vraiment possible de prendre du plaisir au volant sur ces SSS. Voici la réponse du pilote :
« Oui j’ai toujours aimé ces spéciales, sauf quand c’est trop exigu et qu’il y a trop de bornes en béton. Mais ici à Coffs Harbour, le parcours (rond-point, jump, splash,…) me plaisait vraiment.»

La pluie était très attendue au Rallye d’Australie. Et, finalement, elle n’est arrivée que dimanche (hors SSS). Les conditions semblaient proches de celles d’un Wales. On a voulu savoir pourquoi Jourdan Serderidis avait été stoppé deux fois sur les spéciales et comment il avait su survivre à ces conditions :
Les conditions sont bien pires qu’au Wales : il n’y a aucun grip en Australie sous la pluie. J’ai fait une erreur technique en prenant une flaque d’eau dans une corde, ce qui a destabilisé ma voiture et je suis parti en tête à queue. La deuxième fois, j’ai simplement sous-viré dans une portion lente sans aucun grip. C’était l’enfer. Je me suis demandé comme on allait sortir de ces spéciales. Je pense que je n’étais pas le seul dans le cas…

Jourdan Serderidis : « Lara essaye de me convaincre de faire le Rallye du Mexique 2019 ».

Jourdan Serderidis était copiloté par Lara Vanneste au Rallye d’Australie. Ainsi, on voulait savoir comment s’était passée la collaboration avec Lara un an après leur dernier rallye ensemble :

Lara est une top-copilote qui prend son job extrêmement au sérieux. Elle est restée calme dans les conditions difficiles. La synchronisation des notes a été parfaite. Elle est très exigeante en termes de performance. Mais elle ne m’a jamais mis la pression.

Et pourtant, le jet-lag est venu affecter l’équipage : «Cette année, nous avons tous les deux souffert de ce décalage alors que nous étions à Sidney dès le samedi. Le jeudi, le problème était résolu mais cela ne facilite pas la préparation ni les reconnaissances.»

En route vers le Mexique ?

Sur les réseaux sociaux, Jourdan Serderidis a annoncé que ce Rallye d’Australie 2018 était son dernier en WRC. Mais, celui qui a 24 départs en mondial ne ferme pas la porte à une pige en 2019, notamment au Mexique :

On verra. En ce moment, je ne vois pas pourquoi je ferai le Mexique mais Lara essaye de me prouver le contraire depuis une semaine.

Alors que son aventure en WRC est peut-être terminée, il était tentant de demander à Jourdan Serderidis de nous dresser un petit bilan de ces 5 années :

Je trouve que le WRC se rapproche le plus du principe du rallye, avec ses deux passages obligatoires en recco et des épreuves assez longues. J’ai tout aimé. Le Monte Carlo est le plus beau et le plus difficile. Sincèrement, le Monte Carlo 2017 est peut-être ma plus belle performance intrinsèque (22è sans une pénalité administrative). La 10è place ici en Australie prouve que j’ai continué à progresser. C’est pas mal.

Bien entendu, il était impensable de ne pas demander à Jourdan Serderidis ce qu’il a pensé de cette saison 2018 du WRC et de l’échec de Thierry Neuville, son compatriote belge, face à Sébastien Ogier :

Magnifique saison au plus haut niveau. Le WRC est un championnat de pilotes. Toyota a maintenant un avantage au niveau de la voiture. A voir si Citroën et Hyundai vont gommer cet avantage durant l’entre-saison. Thierry est pour moi le pilote qui possède la meilleure pointe de vitesse intrinsèque à l’heure actuelle. Cela s’est joué à très peu de choses en 2018.

Beaucoup de fans de rallye souhaitent élire la livrée de Jourdan Serderidis comme la « livrée de l’année 2018 en WRC ». On peut même la télécharger dans le jeu vidéo Forza Horizon 4. Alors, on voulait savoir si le pilote du J-Motorsport estimait que la communication passe aussi par le choix d’une bonne livrée : « Ma livrée est sympa en effet et il faut en donner le mérite premier à Abstraxi, notre designer. Il est évident que la communication est un des éléments essentiels de ma présence en rallye.»

Nous remercions Jourdan Serderidis pour ses réponses, et d’avoir accepté qu’on le sollicite après chaque manche internationale depuis le Monte-Carlo 2014 ! En espérant le revoir en Rallye dans les mois à venir.

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