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22 monoplaces en 1s, la Formule 1 doit-elle s’inspirer de la Formule E ?

formule 1

C’est une réalité, la Formule E réussit la ou la Formule 1 échoue depuis nombre d’années. En effet, le championnat 100% électrique parvient à offrir des courses disputées durant lesquelles la quasi-totalité du plateau dispose de ses chances de victoire. Alors, ne faudrait-il pas que la F1 lorgne humblement vers la FE, histoire de progresser sur ce point ?

La Formule 1, une série vraiment « à part »…

Certes, les deux championnats n’ont pas grand chose à voir. La Formule E débute et donc, évolue chaque année, tandis que la Formule 1 subsiste depuis de nombreuses années. Néanmoins, la FE est parvenue à suivre le modèle de l’ Indycar, série qui permet elle aussi à nombre d’écuries et pilotes de viser victoires et/ou podiums. Alors, comment la catégorie reine pourrait-elle s’en inspirer, afin de permettre aux Renault, Haas et autres Alfa Romeo de recueillir aussi, de temps en temps des lauriers ?

Tout d’abord, la recette n’est pas la même. Ce qui signifie que la F1 ne pourra probablement jamais imiter les deux séries en question. En effet, avec l’existence d’équipes privées et/ou de constructeurs concevant leurs propres châssis (contrairement à la FE et l’Indy qui utilisent des standards), impossible de distribuer les cartes équitablement sur ce point. Aussi, les Ferrari, Mercedes et Red Bull (ainsi que, potentiellement, Renault et Mclaren) auront toujours un avantage important sur les autres. Il en va ainsi, la Formule 1 ayant toujours été -aussi- une série d’ingénieurs. Une vitrine technique qui attire les constructeurs. Aussi, ne rêvons pas, nous ne pourrons sans doute jamais obtenir l’ensemble du plateau en une seule seconde, de manière régulière, sur un format qualificatif classique. Chose que vient encore de démontrer la Formule E (voir tweet officiel plus, haut, classement des essais de Valencia). Et d’une certaine manière, tant mieux…

Néanmoins, si la Formule E parvient à délivrer un tel spectacle et des dépassements en masse, cela tient en plusieurs autres points. Tout d’abord, la nature des circuits. Organisés en ville, ils se réalisent sur des pistes souvent glissantes, poussiéreuses et difficiles à dompter. Ce qui favorise glisse et erreurs de pilotage. Esprit impossible à reproduire en F1, à moins de dégrader volontairement le tarmac, ce qui irait à l’encontre des efforts consentis sur le plan de la sécurité.

La Formule E et ses qualifications, la recette miracle ?

Ensuite, le format des qualifications permet aux équipes en difficulté de sortir du lot. Car le système mis en place impose aux pilotes les mieux classés au championnat de s’élancer avant les autres, via un système de groupes. Logiquement, la piste gagnant en adhérence au fil des passages, ce sont les derniers pilotes qui disposent -souvent- des meilleures conditions. Chose qui permet d’offrir des grilles de départ sans cesse différentes. De quoi favoriser, aussi, les dépassements, les meilleurs pilotes n’ayant d’autre alternative que de dépasser leurs rivaux pour revenir à l’avant. Ce qui redistribue les cartes, par ailleurs, au championnat, course après course.

F1 : en bonne voie côté aérodynamique ?

Autre élément important et non des moindres, l’aérodynamique. Les Formule E sont plus simples mais aussi -et surtout- d’avantage efficaces dans le sillage de leurs rivales. Ce qui permet de favoriser les opportunités de dépassements. De plus, leur solidité (il n’est pas rare de voir une monoplace aligner de bons chronos, après avoir perdu un ou deux éléments aéro!) incite les pilotes à des manoeuvres plus osées, plus viriles également. Chose qu’il faut coupler avec les décisions des commissaires sportifs, sans doute plus permissifs que leurs camarades de la Formule 1. Sur cet aspect aérodynamique, les pouvoirs sportifs semblent sur la bonne voie. En effet, les changements attendus après 2020 (réduction de la traînée, en particulier) pourraient porter leurs fruits. A confirmer.

Formule 1 : une perte partielle d’ ADN  pour survivre ?

Pour conclure, si la Formule 1 ne pourra jamais égaler le spectacle offert par la Formule E en raison de sa génétique, mêlant excellence et exception, la catégorie reine gagnerait peut-être à s’inspirer de quelques éléments. A commencer par le format de qualifications, qui fait ses preuves dans le championnat électrique. Mais, évidemment, cela nuirait à la notion de performance pure, de la part des pilotes. Aussi, le prestige de la pole position en prendrait un sérieux coup.

Reste toutefois à définir si, pour avancer et aller dans le sens du spectacle (dans le bon sens du terme), la Formule E ne devra pas un jour ou l’autre abandonner une partie de son ADN, pour muter vers autre chose. ADN, peut-être, en partie responsable de la situation actuelle. En effet, le monde moderne exige sans doute que la F1 évolue dans une direction jamais explorée. Au risque d’y perdre les fans historiques, pour y gagner un nouveau public, d’avantage ouvert au changement, à condition que le résultat soit à la hauteur. Terrible dilemme, dont l’issue influencera sans doute l’avenir de la Formule E. Sachant qu’il ne sera pas possible de contenter tout le monde. A méditer…

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