Le Mag Sport Auto

ADAC : Interview de Jourdan Serderidis

Jourdan Serderidis ADAC Rallye

Après avoir pu suivre son rallye d’Allemagne sur notre site, place à notre habituelle interview post-rallye de Jourdan Serderidis. Un rallye qui s’est malheureusement terminé par un passage en rally2 suite à une casse mécanique lors de la seconde étape.

Retour sur l’ADAC Rallye de Jourdan Serderidis :

Le Mag Sport Auto : Abandon sur casse mécanique et rally2 alors que vous étiez 33e au général et 12e en WRC-2, quel est votre sentiment après cette déconvenue ?
Jourdan Serderidis : Le sentiment qui prédomine à ce moment est vraiment la frustration car sans cela, on aurait pu terminer à une honorable 26è place et obtenir un point en wrc-2. Au lieu de cela, on rentre avec un résultat décevant compte tenu des efforts et de la préparation à ce rallye, qui était un objectif important pour nous.

Un 30e temps au général (votre meilleure performance du week-end) dans Stein & Wein 1, comment avez-vous vécu cette spéciale ? Étiez-vous « libéré de toute pression » suite à votre passage sous les règles du rally2 ?
JS : Stein&Wein est la spéciale du rallye qui combine les trois profils spécifiques : les vignes, l’étroit naturel et le circuit. C’est pour cela que c’est la plus belle du rallye, et une des plus difficiles et des plus longues aussi. J’étais très concentré pour y faire un bon chrono et à montrer à Fred, mon copilote, que j’avais assimilé les différents éléments de pilotage sur lesquels on se focalise depuis le début du rallye, essais compris. Cela concerne la vitesse de passage en courbe, la distance, la puissance et le profil du freinage, les trajectoires, les passages dans la gravette, la conduite aux notes et les freins à main, très nombreux sur ce rallye.
Pour le reste, je n’ai jamais ressenti de pression sur ce rallye. On a roulé comme on devait le faire, peut-être un peu trop prudemment les 3 premières spéciales.

C’était votre premier rallye d’Allemagne, comment adapte-t-on son pilotage à ces routes atypiques que l’on retrouve à l’ADAC ?
JS : La véritable nouveauté pour moi, c’étaient les vignes. Et en réalité, j’ai vraiment bien aimé. En reconnaissances, on est un peu impressionné par le versant, mais en spéciale, on n’y pense même pas tellement ça va vite. Les enchaînements aveugles des courbes obligent une concentration parfaite sur les notes, qui doivent être délivrées au parfait moment par le copilote. C’est très intéressant, au final.

Ce n’est pas le premier couac mécanique sur les DS3 R5 du Team J-Motorsport, l’auto est-elle vraiment moins fiable que la concurrence ?!
JS : Il y a casse mécanique et casse mécanique : quand on casse une direction parce qu’on a pris une bordure ou une corde exagérée, ou lorsqu’on est face à une faiblesse connue de la voiture, on peut accepter, mais ici, c’est une défaillance de l’alternateur, une pièce standard de Citroën qui est en cause. Apparemment, c’est une première pour la Ds3 R5…
On parle beaucoup de soucis sur les Peugeot et Citroën mais il ne faut pas trop généraliser : les Skoda ont bien dégusté sur ce rallye, même si Kopecky a gagné. Kremer a cassé son moteur et doit être encore plus déçu que moi, Al-Attiyah a cassé son moteur en test lundi, Kreim a connu multitude de problèmes durant tout le rallye…
La vérité est que chaque nouvelle voiture doit se fiabiliser et que les teams doivent s’adapter à chaque nouveau modèle. Nous avons connu cela avec la Fiesta R5. Selon moi, nous sommes très proches d’une bonne fiabilité sur nos Ds3 R5.

Le public était au rendez-vous pour cette 9e manche du WRC, avez-vous ressenti un engouement particulier des spectateurs ?
JS : Rien de particulier. J’ai surtout été surpris sur les liaisons par les anti-rallyes et autres justiciers de la route. Sincèrement, je préfère le Mexique ou le Wales.

Panzerplatte est une spéciale unique au monde, vous n’avez pu faire que la SSS dans Arena Panzerplatte, mais comment aborde-t-on une telle spéciale ? N’y a-t-il pas une crainte particulière avec ce revêtement atypique et, surtout, les hinkelstein qui bordent certaines portions ?
JS : J’avais vraiment hâte de faire cette spéciale, qui est en effet unique car créée artificiellement dans un cadre… naturel. On a aussi un peu l’impression de tourner en rond et de faire continuellement les mêmes passages. Il faut pouvoir gérer les pneus sur 45 bornes et éviter d’en faire de trop en raison des hinkelstein, du genre à ne pas trop bouger au contact…

Vous terminez, au classement général, juste devant Amaury Molle, qui roule sur une Fiesta R2 de votre team, un petit mot sur sa course ?
JS : Amaury est un très jeune pilote avec très peu de rallyes au compteur. Mais c’est un garçon qui se bat pour obtenir le budget des courses, qui écoute les conseils, applique les consignes et roule avec une stratégie en tête. Il progresse rapidement. Au niveau de la mentalité, il est vraiment taillé pour la compétition du haut niveau. On doit maintenant réfléchir, avec Fred, à le faire progresser sur les autres points liés à la technique et lui transmettre l’expérience au travers d’un programme intelligent.

Stéphane Lefebvre, pilote que vous suivez et appréciez, a réalisé un beau rallye d’Allemagne. Quel est votre sentiment sur sa course ?
JS : Je suis extrêmement impressionné par Stéphane, qui allie, à seulement 22 ans, une maturité sidérante avec un très grand talent naturel. Il a fait la course qu’il devait faire, a montré son potentiel et fait souffler un vent de fraîcheur sur le WRC. Tout cela avec un contact humain, une humilité et une accessibilité qui le démarquent vraiment de certaines anciennes ou nouvelles stars qui en font des tonnes. Compte tenu de son âge, ce qu’il a réalisé en Allemagne est vraiment exceptionnel.

Vous n’allez pas disputer le rallye d’Australie cette année, néanmoins, pensez-vous qu’il sera le juge de paix dans l’attribution du titre en WRC-2 ?
JS : Yuriy Protasov et Nasser Al-Attiyah, engagés sur ce rallye, sont tous les deux en lice pour le titre et le vainqueur prendra une bonne option.

Vous pourrez retrouver Jourdan Serderidis au départ du ConXioN Omloop van Vlaanderen (4-5 Septembre), 7e manche du BRC 2015, en attendant sa prochaine manche en WRC au Tour de Corse !

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