Le Mag Sport Auto

Guerlain Chicherit, un bilan contrasté à mi-saison

Guerlain Chicherit, un bilan nuancé à mi-saison

Deuxième au Championnat de France de Rallycross (avec une manche en moins qu’Antoine Massé), Guerlain Chicherit a connu un week-end difficile lors du dernier WorldRX. Il a accepté de revenir avec nous sur les deux derniers Rallycross qu’il a disputé et ses ambitions pour les mois à venir. Et ce, que ce soit pour G-Fors ou GCK.

Un Rallycross du Canada délicat pour Guerlain Chicherit et GCK.

Guerlain Chicherit et Jérôme Grosset-Janin n’ont pas pu se qualifier pour les semi-finales lors du derniers WorldRX, au Canada. Le patron de GCK nous a confirmé que le week-end fut délicat et qu’il y encore pas mal de boulot à effectuer sur les Megane RX :

C’était vraiment compliqué. On a encore fait des tests sur l’auto, car elle est toujours en développement. On a essayé beaucoup de choses, surtout sur ma voiture. Car on ne peut pas se permettre de le faire sur celle de Jérôme. J’ai l’auto qui a le plus de soucis donc. La preuve, au Canada sur 4 départs j’ai su en prendre un correct, les autres l’embrayage ne fonctionnait pas normalement. Puis, les incidents de courses pour moi ou Jérôme avec Timur. Après, les incidents de course te bloquent car tu pars derrière. Quand tu pars devant, tu les évites. Derrière, tu te retrouves toujours là où il ne faut pas et quand il ne faut pas.

Donc, on a tout le mois d’Août pour bosser sur l’auto pour arriver avec une auto au top à Lohéac !

Oui, le circuit de Trois-Rivières est l’un des plus piégeux de la saison. Franchement il y avait 2/3 endroits où c’était facile de faire des erreurs. Notamment le virage où Jérôme a eu son accident. Nous n’étions pas les seuls à nous faire piéger dans ce virage. Le freinage est très délicat, il est légèrement en descente, et si on met une roue en dehors de la trace c’est fini ! Donc, oui, un circuit compliqué. En plus, il nous manquait 10 km/h en vitesse de pointe par rapport à la concurrence. C’est énorme, surtout à Trois Rivières. Donc, on va travailler sur l’aéro de la voiture pour être au top à Lohéac !

Cependant, Guerlain Chicherit est confiant pour la saison 2019 tout en étant conscient du travail à effectuer sur l’auto :

Il y a beaucoup de points sur lesquels il faut travailler. Après, pas mal de choses sont bloquées jusqu’à la saison prochaine. Mais, on a l’avantage que notre auto est récente et reste encore en cours de développement, contrairement aux autres qui peuvent juste travailler sur certains détails. D’ailleurs, on aura une très grosse évolution moteur la saison prochaine ! La voiture, entre ce qu’elle est maintenant et ce qu’elle sera l’année prochaine, aura le droit à beaucoup d’évolutions. En fait, c’est ça qui est motivant. On voit le potentiel de la voiture et on sait que notre châssis est incroyable, mais qu’il y a a beaucoup de choses à modifier. Donc, c’est motivant dans le sens où en 2019 on arrivera avec une voiture ultra-performante ! C’était déjà le cas cette saison, mais je ne pensais pas que ça allait être aussi difficile. De ce côté là, c’est très frustrant car on arrive pas à tout mettre en ordre pour que ça marche cette année. Il y a toujours quelque chose. En 2019, si on arrive à tout faire évoluer dans le bon sens, la voiture sera très dangereuse !

Des bons points qui tombent à l’eau à Kerlabo

Disqualifié lors de la finale du Rallycross de Kerlabo, Guerlain Chicherit respecte la décision des commissaires tout en la regrettant. Néanmoins, il reste ultra-motivé pour la fin de la saison et garde son objectif d’être titré champion de France de Rallycross 2018 !


La décision des commissaires, honnêtement, je n’étais pas trop d’accord avec… Maintenant, ce n’est pas moi le directeur de course et ce n’est pas à moi de décider. Après, je suis un sportif donc je me dois de respecter les décisions. Et ce, même si je pense que ce n’est pas la bonne au vue de ce qui a pu se passer dans le premier tour. Mais, je ne veux pas rentrer dans un débat. Ça me coûte très cher pour le championnat. En terminant 2e j’aurais eu une belle avance. Mais, avec ce résultat, je n’ai plus que 2 points d’avance en prenant en compte le décompte (seuls les 9 meilleurs résultats de la saison sont retenus, ndlr).

Au final, la balle est remise au centre. C’est comme si on repartait à 0. Antoine (Massé, ndlr) est en avance par rapport aux points. Mais, comme j’ai raté une manche, c’est comme si j’étais en avance. Avec cette disqualification, l’avance a fondu et ça remet un peu les compteurs à zéro. Mais, ça relance l’intérêt du championnat de France. Il reste trois courses et avec Antoine on est au même niveau. Il va falloir se battre pour chaque course, chaque run et prendre course par course. Je suis sûr qu’Antoine va faire la même chose. Pour l’intérêt du championnat de France la décision n’est pas mauvaise, mais pour moi ce n’est pas une bonne opération. On est sportifs, on doit respecter les instances qui prennent les décisions.

Il reste trois courses au calendrier 2018 du Rallycross France, et la bataille entre Guerlain Chicherit et Antoine Massé sera intense :

Ah oui, ça c’est sûr ! L’objectif était clairement affiché dès le début de la saison : être champion de France ! Donc, on va tout faire pour. En face de moi, j’ai un pilote très fort qui ne lâche rien. Alors, on peut s’attendre à une bagarre rapprochée avec beaucoup de tension jusqu’à la dernière course. Mais, c’est super ! Avec Antoine on s’entend super bien. Après, quand on a le casque sur la tête c’est autre chose, un autre monde, mais on s’apprécie et on se respecte. Donc, je suis convaincu qu’on va offrir une belle « finale de championnat de France » !

GCK et G-FORS en force à Lohéac !

Comme tous les pilotes français, Guerlain Chicherit aura à cœur de faire au mieux lors du Rallycross de Lohéac. Et cela est valable aussi pour Jérôme Grosset-Janin, autre pilote GCK, et ses pilotes G-FORS (EuroRX). Néanmoins, GCK n’aura pas d’évènement spécifique à tenir « à domicile », même si une ou deux petites surprises pourraient arriver :

Non, nous n’aurons pas d’événement spécifique à Lohéac. On aurait voulu arriver avec une troisième voiture, mais nous venons à peine de la terminer et n’avons pas eu le temps de tout préparer. Donc, on garde ça pour 2019. Avant la fin de la saison, on va annoncer nos plans pour la saison prochaine. Et, ça va être super sympa ! Aussi bien en WorldRX qu’en Rallycross France ! On va arriver avec de belles choses pour la saison prochaine, une nouvelle organisation et de nouvelles ambitions ! Mais, on aura peut-être quelque chose à dévoiler à Lohéac 😉

Le bilan de Guerlain Chicherit à cette mi-saison.

On est en août, mais la saison est déjà bien avancée (surtout en Championnat de France). Ainsi, il reste trois courses en France et 5 en WorldRX. L’occasion pour Guerlain Chicherit, à la fois pilote et patron, de dresser un bilan pour cette première partie de 2018. Un bilan nuancé, entre réussites, motivations et frustration :

Des deux côtés il y a du bon, voire du très très bon, comme du moins bon. G-FORS, on a sorti une voiture complètement neuve du chapeau en quelques mois. On a fait un travail extraordinaire. Et, la Clio est vraiment compétitive ! N’oublions pas qu’en face on a des voitures officielles ex-Peugeot, que ce soit chez Antoine Massé, Jonathan Pailler ou même Julien Fébreau. Ce sont des voitures très abouties, donc, pour nous, sortie une auto de notre garage capable de se battre contre ces voitures là c’est très positif. Après, du côté des points négatifs, on a eu des soucis de jeunesse au niveau mécanique. Et, ces petits soucis ont pu nous mettre dedans aussi bien en EuroRX avec JB qu’en France. Mais, j’ai la chance d’avoir Stéphane Orré qui est très très bon. Un gars qui n’arrête jamais et qui a su comprendre le problème rapidement et le corriger. D’ailleurs, son travail va payer en 2019 avec l’évolution que l’on veut mettre à la Clio !

Pour GCK, j’ai beaucoup plus de frustration car j’ai mis beaucoup d’énergie dans ce programme Megane RX. Je savais que cela allait être dur face aux voitures usines et aux meilleurs pilotes du monde. Mais, je ne pensais pas que j’aurais autant de problèmes ! Donc, je suis un petit peu frustré. Après, il me reste 5 courses pour inverser la tendance et bien préparer 2019. On aura beaucoup de développement et de tests pour arriver avec une auto aboutie la saison prochaine. Maintenant, le point positif, c’est que le team présente bien et qu’on nous prend au sérieux. Et, on a su montrer que la voiture a un potentiel incroyable. Technologiquement parlant, c’est une super voiture, une révolution technique. Sauf qu’aujourd’hui on a pas su tout mettre bout-à-bout, et c’est là où il y a une frustration. Mais, on va arriver en 2019 avec nos ambitions et l’envie de jouer devant. Et, quand je dis ça je mesure mes mots. Je sais à quel point le challenge est relevé aussi bien au niveau des équipes que des pilotes. Donc, quand je dis ça je sais exactement ce que je dis. Et, si je le dis c’est que je pense vraiment qu’on peut le faire ! On va se battre pour ça ! On va arriver en 2019 avec une voiture et une équipe capables de jouer devant ! On va rien lâcher. On peut prendre claques, sur claques, sur claques. Dans ce cas, deux solutions. Soit tu es au fond du trou et tu te laisses enfoncer, soit tu te bats pour en sortir et revenir plus fort. C’est ce que j’ai fait toute ma vie dans le sport, donc je suis ne pas inquiet. Déçu oui, mais pas inquiet !

FIA World RX Championship 2018 / Round 06, Höljes, Sweden / June 29 – July 1, 2018 // Worldwide Copyright:GCKRX/McKlein

WorldRX électrique et Alpine A110

C’est le sujet chaud du moment, le passage à l’électrique du Championnat du Monde de Rallycross. Un sujet qui fait débat. Guerlain Chicherit étant patron d’écurie, et ayant lancé le développement de la Megane RX, il était logique de savoir s’il voyait ça d’un bon œil ou non :

On ne va pas en parler pour le moment, car la décision n’a pas encore été officiellement prise. Les instances doivent statuer dessus mi-août. Tant que ce n’est pas sûr à 100%, je ne vais pas me pencher là-dessus. Quelque soit l’année où arrivera l’E-WRX, je reste sur mon plan de départ : arriver en 2017 pour apprendre le sport et créer la voiture. Puis, en 2018 me perfectionner et faire rouler la voiture. Et, en 2019 c’est d’avoir une voiture capable de jouer devant. Après, 2020 je n’avais pas planifié jusque-là. Le but c’est clairement d’être devant en 2019. Si, l’électrique arrive, on verra ce qu’on fait. Ça dépend de beaucoup de choses, et il y a plein de possibilités dont je ne peux parler pour le moment. L’électrique, je le mets de côté pour l’instant, et je reste concentré sur ce que j’ai à faire, et j’en ai déjà bien assez à faire ! (rires).

Enfin, nous avons voulu évoquer l’Alpine A110 (deuxième génération) avec Guerlain Chicherit. Pourquoi ? Car nous avons remarqué à Kerlabo qu’il était l’heureux propriétaire de la nouvelle bombe française. Voici l’avis du pilote GCK/G-Fors :

C’est une voiture géniale ! Top de top ! Au départ, je l’ai acheté car je suis un fan d’Alpine et que je voulais l’avoir dans le garage. D’autant plus que c’est une voiture qui va prendre de la valeur, surtout les premières éditions. Quand je l’ai reçue, j’ai commencé à rouler avec et puis c’est devenu ma voiture de tous les jours… sauf quand ma femme me la pique ! (rires). Et elle me la pique souvent ! Mais, c’est une voiture top ! Surtout pour les routes de montage comme par chez moi. C’est diabolique ! En descente, au freinage, c’est un truc de dingue. En plus, je vais lui faire une petite modification de puissance, et ça va devenir un vrai petit monstre. Et, le châssis est excellent, ils ont vraiment fait une superbe voiture !

Une fois de plus, nous remercions Guerlain Chicherit pour sa disponibilité et ses réponses. En lui souhaitant le meilleur, ainsi qu’à ses pilotes, pour la fin de la saison !

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