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Hugo Le Henaff: « Le plus dur a été de prendre confiance en soi »

Hugo Le Henaff sur le circuit de Magny-Cours lors de la sélection Feed Racing (crédit photo: Race Clutch)

Simracer (pilote virtuel) de 17 ans, Hugo le Henaff a découvert cette année le monde du sport automobile au travers de l’école Winfield et Feed Racing France. Deux expériences en Formule 4 loin d’être simples, mais pleines d’apprentissage. Nous l’avons rencontré dans le cadre de notre reportage sur l’école de Jacques Villeneuve et Patrick Lemarié, en pleine préparation pour ses quarts de finale.

LMSA: Il y a quelques mois, vous suiviez normalement votre scolarité en enchaînant les courses sur votre PlayStation 4. Aujourd’hui, vous êtes dans une Formule 4 à vous battre face à de vrais pilotes. C’est plutôt sympa comme évolution!

C’est vrai que c’est plutôt sympa. Passer du virtuel au réel, tenter de se faire une place parmi des champions de karting ou d’autres catégories, c’est une super expérience.

LMSA: Justement, de quelle manière vous êtes-vous retrouvé dans l’aventure Feed Racing?

De base, le volant Winfield (compétition à l’image de Feed Racing, disputée en Formule 4 au Paul-Ricard en février dernier, ndlr) cherchait un simracer pour qu’il s’essaye au vrai pilotage. On y est allés, tout s’est bien passé malgré quelques difficultés physiques. Puis deux mois après, Jacques Villeneuve et Patrick Lemarié m’ont contacté pour m’offrir une place ici.

LMSA: Au départ, vous avez dit venir pour passer un bon moment. Au fur et à mesure que la compétition progresse, est-ce toujours aussi agréable?

Oui, j’arrive toujours à me faire plaisir au volant. Le but est toutefois de passer un bon moment, tout en étant performant. Je pense que si on apprécie le moment présent, la bonne performance vient d’elle-même. Donc c’est les deux priorités, se faire plaisir et allier la satisfaction dans la voiture aux résultats.

LMSA: A l’opposé du virtuel, vous êtes ici exposé au danger. Comment faites-vous face à cela?

Le danger, je n’y pense pas. Les infrastructures et le circuit sont sécurisés. On nous apprend aussi des procédures en cas de situation à risques, mais je ne fais pas une fixation sur ce qu’il peut m’arriver de mal. C’est plus important, encore une fois, de profiter et de faire abstraction de cela. Je me concentre totalement sur la performance.

LMSA: Y a-t-il des éléments en terme de pilotage, gestion du matériel ou autres qui sont similaires dans les jeux et en réel?

Alors on a un volant et deux pédales, c’est déjà pas mal (rires)! Mais bien sûr, la façon de freiner est un point essentiel. Le freinage dégressif est capital, que ce soit derrière un écran ou un vrai volant. Pareil pour l’accélération, la manière dont on doit gérer la puissance et l’arrière de la voiture. Je peux aussi citer la descente et la montée des rapports, avec le shortshift (technique consistant à passer rapidement plusieurs vitesses en sortie de virage afin de gagner en motricité, ndlr). On retrouve énormément de choses communes, maintenant on peut surtout appuyer sur les différences, notamment physiques.

LMSA: La demande physique de l’eSport est effectivement limitée. Comment fait-on face à cela, lorsque l’on débute dans une vraie monoplace?

Dans le cas présent, on roule sur le circuit Club de Magny-Cours qui est relativement court, loin des standards d’un tracé de Formule 1. Il n’est également pas très exigeant physiquement. Donc ici, le physique n’est pas forcément un problème, même pour un simracer. En revanche au Paul-Ricard, les longues courbes étaient vraiment très dures physiquement. Pareil au niveau des passages de vitesse, avec une soubresauts très puissants à chaque fois qu’on change de rapport. Ça secoue énormément et il faut s’y préparer.

LMSA: Quelle a été la partie la plus difficile de votre apprentissage du réel?

La partie la plus compliquée a été la prise de confiance en soi. Pas forcément en l’auto, mais en soi. Le fait de surpasser l’existence du danger, d’une vitesse qui procure des sensations fortes et pas forcément agréables au début. Mais une fois que c’est assimilé, on n’y réfléchit plus. Et ça se passe tout de suite mieux.

Hugo Le Henaff de dos regardant une Formule 4 à Feed Racing

L’analyse se fait aussi évidemment depuis le bord de piste, pour Hugo

LMSA: Depuis votre première fois dans une monoplace à l’école Winfield, comment avez-vous le sentiment d’avoir évolué?

J’ai beaucoup évolué, je n’ai pas peur de l’affirmer. Ça parait logique puisque ma première fois en F4 était également ma première fois dans une voiture. Je n’avais même jamais fait de kart de compétition. Donc il y a eu de l’analyse, du travail et ça m’a fait progresser. Notamment sur le plan psychologique avec l’idée de prendre du plaisir. Et aujourd’hui il y a beaucoup plus de rythme, de confiance, de vitesse, de plaisir. C’est beaucoup de positif.

LMSA: Vous avez avoué travailler beaucoup entre deux roulages, sur quoi vous concentrez-vous?

Sur l’analyse vidéo et principalement sur le run qui m’a permis de me qualifier pour les quarts de finale. C’est un élément sur lequel j’ai travaillé avec Richard Arnaud (le directeur de la Race Clutch, l’équipe eSport d’Hugo, ndlr). On a surtout corrigé des trajectoires, vérifié ce qu’il y avait de bien ou les éléments à améliorer et c’était ma principale préparation.

(Le run qualificatif d’Hugo pour les quarts de finale de Feed Racing)

LMSA: Comment la Race Clutch vous aide-t-elle justement dans cette compétition?

La Race Clutch me soutient en m’accompagnant en m’encadrant entre d’autres évènements importants pour la structure. Il y a un appui pour les analyses, mais aussi sur le plan mental en m’aidant à me décontracter. Cela me fait mieux aborder les épreuves. Tout ça dans le but d’avancer et de faire toujours mieux la fois d’après.

LMSA: Quand vous êtes arrivé à Feed Racing, quels étaient vos objectifs et avez-vous du les revoir?

Le but principal était de passer un bon moment. On s’était cependant fixés plus d’objectifs que lors de mon passage à l’école Winfield, puisque je ne découvrais plus la F4, à Feed Racing. La cible minimum c’était les quarts de finale, mais surtout faire de notre mieux et profiter.

LMSA: Ressentez-vous plus de pression lorsque vous allumez votre PS4 pour une course importante, ou sur un circuit au moment d’enfiler le casque?

L’atmosphère et la pression devant son écran et dans une vraie voiture sont très différentes. L’environnement est tout sauf similaire et psychologiquement, ça joue. Il y a de la pression dans les deux cas, le point commun c’est que c’est de la bonne pression. La principale différence c’est qu’en F4, on est stressé avant de monter dans la voiture. Une fois que c’est parti, on oublie le casque, les vibrations, les ceintures ultra serrées et on y va. En eSport, c’est une pression beaucoup plus longue et constante, dont il faut bien sûr faire abstraction.

LMSA: Et au final, c’est mieux le réel ou le virtuel?

Les deux (rires) même si je pense avoir plus de facilités dans le virtuel, ce qui est normal. Le réel c’est une expérience à faire, si on le peut, et surtout à apprécier. Ici, l’atmosphère est sérieuse, personne ne vient pour rigoler, mais ça reste en même temps très agréable. Le simracing je le prends au sérieux, c’est quelque chose que j’adore. C’est considéré comme une passion et j’y mets beaucoup d’énergie et de temps de mon plein gré. Ça veut dire ce que ça veut dire. C’est quelque chose qui me plaît.

Le parcours d’Hugo à Feed Racing France s’achèvera par la suite en quarts de finale. Objectif atteint, donc!

https://www.instagram.com/p/Bzkcqd0ChLN/

(crédit photo: Race Clutch)

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