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Interview : Jourdan Serderidis heureux de son expérience allemande en Fiesta WRC !

Interview Jourdan Serderidis heureux de son expérience allemande en Fiesta WRC !

Le week-end dernier, Jourdan Serderidis a eu le privilège de rouler chez M-Sport au volant d’une Ford Fiesta WRC de dernière génération. Une expérience qui s’est terminée par une 18e place au général et aucune erreur durant le rallye. Une aventure qu’il rééditera en Australie et dont il a accepté de nous parler au cours d’une nouvelle interview :

Jourdan Serderidis, une première satisfaisante avec la Ford Fiesta WRC.

Le Mag Sport Auto : Bonjour Jourdan, 18e au général pour une première sur la Ford Fiesta WRC, êtes-vous satisfait de votre week-end ?
Jourdan Serderidis : Bien sûr je suis très satisfait. Au départ je me fixais plutôt un top-15 final mais en fin de compte, au vu du niveau présenté en WRC-2 avec 18 pilotes de classe mondiale, il ne faut pas faire la fine bouche avec la 18è place, voire la 17è sans la pénalité.

LMSA : Vous avez écopé d’une minute de pénalité dans l’ES12, que s’est-il passé exactement ? En voulez-vous à Fred d’avoir pointé en avance ?
JS : Au regroup, Fred a tout simplement été distrait. Il a confondu 2 chiffres sur la feuille (ce n’est pas une faute de calcul, c’est une confusion). Il n’a jamais fait cette erreur dans toute sa carrière. C’est la fatigue physique qui l’a déconcentré. En effet, ces voitures de nouvelle génération engendrent des pressions vraiment terribles, au niveau du cou, du dos et de tout l’organisme, notamment sur les freinages. Dès qu’il m’a informé de l’erreur, je l’ai rassuré et cela m’a aussi rassuré : je ne suis pas secondé par un robot 😊

LMSA : 12e dans Römerstraße I, c’est votre meilleure performance du week-end. Comment s’est déroulé la spéciale pour vous ?
JS : C’est une spéciale classique (ni vigne, ni camp militaire) avec une première partie racing sur une route large puis un quitté et des portions très étroites, parfois cachées mais globalement très rapides. J’ai été un peu trop prudent au début mais dès le quitté, j’ai vraiment roulé de manière agressive avec des freinages très appuyés. C’est certain qu’en roulant comme cela, je vais dans la bonne direction.

LMSA : L’ES16 semblait particulièrement délicate, quels étaient ses principaux pièges ?
JS : Tout d’abord, la spéciale de Grafshaft faisait 30 bornes dont 2 tiers assez nouveaux pour la plupart des pilotes. Puis, rouler en reconnaissance à 90km/h ne vous permet pas toujours de traduire une portion de route en piège à 160 km/h. Je pense malgré tout que les mécaniques ont aussi souffert tout au long du week-end et que le dimanche, certaines étaient probablement un peu essoufflées.

LMSA : Vous avez ouvert la route samedi et dimanche, alors ça fait quoi de se retrouver « à la place » d’un Ogier ou d’un Neuville ?
JS : Rien de particulier si ce n’est que vous êtes le premier à rencontrer les radars (très nombreux) sur le routier, le premier à être interviewé par la charmante journaliste du WRC ou encore Colin Clark que j’adore. Sur asphalte vous avez aussi la chance d’avoir une route propre mais les variations ont été assez faibles sur ce rallye, mis à part Freisen.

Jourdan Serderidis en mode Mads Ostberg.

LMSA : Au final, est-ce bien vous qui avez eu le record du plus long saut sur Gina ?
Jourdan Serderidis : On m’a dit que j’avais passé les 35m. J’ai regardé la video et il me semble que je suis allé en effet le plus loin mais je n’ai pas les chiffres exacts. Si c’est le cas, certains de mes détracteurs en seront pour leurs frais. En tous les cas, c’était très impressionnant car l’avant s’est cabré et j’ai eu un instant l’occasion d’admirer le ciel…

LMSA : Outre l’aspect visuel et les performances, quelles sont les différences entre les WRC d’ancienne génération et cette WRC ? Est-on plus en confiance que sur une ancienne WRC ?
JS : La différence la plus nette est la présence des différenciels centraux qui rendent la voiture très maniable dans les virages lents. L’aéro donne aussi beaucoup d’appui en courbe. Quant aux freins, je croyais avoir tout vu avec la DS3 WRC, mais la Fiesta de nouvelle génération, c’est encore plus fort et plus stable.

LMSA : Vous étiez sous le giron M-Sport ce week-end, est-ce que cela enlève un poids supplémentaire ou, au contraire, en rajoute ?
JS : J’ai été accueilli comme si j’étais un pilote pro. Toutes les personnes de M-Sport ont été fantastiques avec moi et les pilotes, Sébastien en premier mais aussi Teemu et Eric Camilli ont été super sympas. Elfyn est un peu plus réservé et sérieux mais dans l’ensemble, l’ambiance est excellente et donne confiance au pilote.

LMSA : Est-ce que cette expérience vous donne envie de reconduire plus tôt que prévu ce monstre qu’est la Ford Fiesta WRC ?
JS : Rendez-vous en Australie. D’ici là, j’espère avoir deux séances de test en Angleterre au lieu de l’unique actuellement prévue. Réponse bientôt.

Vers de nouvelles piges en 2019, toujours chez M-Sport ?

LMSA : Et maintenant, quelle auto aimeriez-vous piloter ? Une autre des WRC actuelles peut-être ?
Jourdan Serderidis : Non, je vais rester fidèle à M-Sport. Je suis très content avec eux.

LMSA : Pensez-vous qu’Ott Tänak peut aller ravir le titre au nez et à la barbe de Thierry Neuville et de Sébastien Ogier ?
JS : Non, seul Sébastien peut encore ravir le titre à Thierry, qui a malgré tout aujourdhui un fameux avantage. Sauf défaillance mécanique, il sera difficile à battre.

Une fois de plus, nous remercions Jourdan Serderidis pour le temps qu’il nous a accordé et ses réponses. Vous le retrouverez la semaine prochaine au Conxion Omloop van Vlaanderen, 7e manche du Championnat belge des rallyes, sur une Skoda Fabia R5. Enfin, il devrait y avoir une belle surprise pour ses fans grecs dans les jours à venir !

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