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Rallycross, Antoine Massé encore plus motivé après sa disqualification à Essay !

Rallycross, Antoine Massé encore plus motivé après sa disqualification à Essay !

La seconde manche du Championnat de France de Rallycross a été très disputée ce week-end. Antoine Massé et Julien Fébreau ont été encore plus proches de Guerlain Chicherit qu’à Abbeville. Malheureusement, un accrochage entre les deux pilotes, en finale, leur a coûté cher. Si, Julien Fébreau a abandonné juste après, Antoine Massé a été disqualifié après la finale pour ce contact jugé trop « agressif ». Le pilote de Lavaré a accepté de revenir avec nous sur son très bon début de championnat, ce fait de course et ses ambitions.

Rallycross, Antoine Massé pénalisé, mais Antoine Massé encore plus motivé !

Le Mag Sport Auto : Bonjour Antoine, revenir en Rallycross après quelques années en Rallye, c’est un sacré défi ! Encore plus en Supercar. Comment est né le projet ?
Antoine Massé : Au départ, je voulais rouler en R5 en rallye mais on s’est vite rendu compte que c’était hors de prix. Financièrement, je n’aurais pas pu trouver le budget nécessaire. Et, on s’est dit qu’en Rallycross il y avait quelque chose à faire. Et puis la catégorie reine, la Supercar, c’était un peu un rêve. Aussi, j’ai un ami bien ancré dans le monde du Rallycross qui m’a aidé à monter le projet et avec qui j’ai acheté cette 208 WRX. Il m’a aidé techniquement à avoir la meilleure voiture possible et de m’entourer de la meilleure équipe possible également.

LMSA : Podium à Abbeville, podium à Essay (avant la disqualification), c’est un excellent début de saison non ? Sacré retour en RX avec, en plus, un pilotage spectaculaire !
A.M : Oui ! C’est vrai que ça marque les esprits. Après, je venais pour ça, je revenais pour gagner. Bon, je ne pensais pas être aussi vite dans le coup et me bagarrer aussi vite avec les meilleurs. Mais, je revenais vraiment pour me battre pour la victoire. Dès Abbeville, on était dans le coup. En terme de temps au tour, à Abbeville, ce n’était pas ce qu’il y avait de mieux. Mais, je pense qu’à Essay on a vraiment passé un step en avant, sur la voiture, sur le pilotage. J’ai fait le record de la piste. Sur un tour je suis capable d’aller très vite. Après, il faut encore un peu d’expérience, faire de meilleurs départs…
Et puis, je me sens toujours plus à l’aise en attaquant, en faisant que ça bouge et que ça vole, je me sens plus à l’aise comme ça et j’en profite.

Antoine Massé, surveillé de près par les commissaires au Rallycross d’Essay.

LMSA : Justement, à propos de cette disqualification à Essay, quel est votre sentiment sur cette décision ?
A.M : Je trouve la décision un peu dure. Après, je n’ai pas envie de polémiquer dessus. J’ai donné mon avis à la personne… je trouve la décision un peu hard… Si c’est ma roue avant qui touche on ne peut pas dire que c’est un « attentat » et que je l’ai « découpé en deux ». Ce qui m’embête surtout c’est d’avoir abîmé du matériel. Car, quand je retombe après lui être monté dessus, j’arrache tout…
C’est vraiment dur à accepter. Justifié ou pas, peu importe, je la trouve dure. Et puis, ça m’embête pour toutes les personnes de mon équipe, qui ont travaillé dur sur la voiture, d’être récompensées comme ça…
Après, je sais que beaucoup de personnes sont très surprises de la décision. J’ai pas mal de messages de soutien sur les réseaux sociaux, de la part du public du Rallycross France, qui vont plutôt dans mon sens. C’est plutôt ça que je regarde. Si j’avais vraiment fait un « attentat » que j’étais « vraiment un danger sur la piste », je ne pense pas que j’aurais autant de soutien.

Après, durant le week-end j’ai eu d’autres avertissements. Avec Jean-Sébastien Vigion, qui est un pote à moi, j’ai fait une erreur. Il me tape, j’arrive à rattraper l’auto et sans avoir de dégâts. Après, à la fin de la manche, à l’arrivée, je lui mets un petit coup… mais gentiment, sans mauvaise pensée. Et puis après, fin de l’histoire. Je m’entends toujours bien avec lui, on s’est parlé deux fois au téléphone depuis et on en rigole. C’était plutôt une joute amicale, on s’est même fait un câlin après ! (rires).
J’ai eu aussi un avertissement car j’ai doublé dans le tour de décélération sous drapeau jaune. J’ai été sanctionné pour chaque maladresse durant ce week-end… A Abbeville, j’ai touché trois fois et j’ai eu une pénalité de temps. A Essay, j’ai encore eu un autre avertissement en demi-finale. En effet, j’ai touché Guerlain Chicherit à l’entrée du tour joker. Il fait son frein à main, l’auto se décale, je rentre dans le Joker et je lui tape la roue arrière. Mais, au final, il n’y a rien… je n’ai même pas cassé son pare-chocs arrière. Et ils me remettent un avertissement là dessus, comme quoi je suis un danger. Ils ne me lâchent pas depuis le début de la saison ! C’est vraiment dommage, car dans ma tête il n’y aucune volonté d’être « agressif ». En deux courses, j’ai dû aller 6 fois à la direction de course !

Quand je vois ce qu’il se passe en WorldRX ou en EuroRX… Ils n’arrêtent pas de se pousser, de se mettre les portes, c’est vraiment violent et là il y a rien. Et quand c’est moi qui tape un pilote qui me referme la porte, je me fais disqualifier… c’est vraiment le jour et la nuit par rapport au championnat du Monde ou d’Europe !

Après, ce n’est pas ça qui va changer mon approche. Et ce n’est pas ça qui me démotive, au contraire ! Et, quand la décision a été prise, je ne me suis même pas énervé. Je prends ça avec du recul. Je me dis que le championnat est long et que ça pourrait même arriver aux autres. Et puis, je suis plutôt fier du niveau de progression depuis Abbeville. Je suis un scientifique, donc je regarde plutôt ça. De toute façon, je suis plutôt du genre à m’exprimer sur la piste qu’ailleurs.

Antoine Massé, objectif victoire au Rallycross de Lavaré !

LMSA : A Lavaré, Guerlain Chicherit sera absent. On imagine qu’à domicile vous n’aurez qu’une envie, c’est de gagner, non ?
A.M : Oui c’est vrai ! J’ai vraiment envie de gagner le Rallycross de Lavaré. Je compte vraiment gagner chez moi. Après, je compte en gagner plus qu’un seul à Lavaré si possible 😉 Mais oui, ce sera l’objectif là bas. Avec l’équipe, on s’était dit trois courses d’apprentissage c’est bien (Lavaré est la quatrième course du Championnat de France de Rallycross ndlr). Donc à Lavaré, il ne devrait plus y avoir d’apprentissage et je devrais être à armes égales avec les autres. Si je ne gagne pas à Lavaré c’est que je n’ai pas été assez vite (rires). Pas d’excuses !

LMSA : Vous partagez votre voiture avec Cyril Raymond qui dispute l’EuroRX, c’est une sacrée responsabilité mais aussi une sacrée arme ! Pourquoi le choix de la 208 WRX ?
A.M : Le choix s’est porté sur la 208 car c’est ce que je trouvais le plus facile à faire exploiter en France. C’est une voiture française, l’équipe est française, tout est français, et mon ami connaissait très bien la voiture ainsi que l’ensemble de ses paramètres. Cela devrait m’éviter de trop tomber en panne durant l’année. Et puis, Cyril m’a reloué la voiture par l’intermédiaire de Peugeot. Ce n’était absolument pas prévu au départ. Ça s’est fait après Barcelone, très tard donc. Voilà, le choix de la Peugeot 208 WRX n’est absolument pas lié à Cyril. Mon projet était déjà monté depuis longtemps. Que Cyril loue ma 208 c’est la cerise sur le gâteau. Mais, rien à voir avec mon choix pour cette auto.

Antoine Massé : « une pige en rallye est possible. »

LMSA : Est-ce que le rallye vous a appris des choses qui vous sont utiles en RX ?
A.M : Bah oui, la prise de risques par exemple. La sécurité, on ne va pas dire qu’en rallye c’est ce qu’il y a de plus travaillé. On roule entre les arbres, au bord des ravins, etc… donc voilà. Alors, sur une piste de Rallycross je me sens vraiment en sécurité, surtout à Abbeville. A Essay, il y a des rails, mais bon, des rails ça reste de la sécurité, c’est mieux qu’un arbre ! Donc, qu’est-ce que je risque ? A Abbeville, ce que je risquais c’est de faire 200m dans l’herbe et de revenir sur la piste… J’ai vraiment peur de pas grand chose, je me sens en sécurité en Rallycross.
La gestion du stress aussi et le travail aussi. En formule de promotion, en rallye, on est une vingtaine de jeunes, beaucoup de concurrence, de travail et donc de stress. En Rallycross, j’arrive plus serein. Je ne stresse pas, et je n’ai plus d’appréhension de quoi que ce soit. C’est plutôt le rallye qui m’a aidé à ça.
Le rallye demande beaucoup de travail, donc j’applique la méthode pour le Rallycross. Tout analyser. A Essay, j’ai passé mon samedi dans le camion à tout analyser. Et ça, ça vient du rallye.

LMSA : Peut-on imaginer vous revoir en rallye ?
A.M : Oui, pourquoi pas. Pour le moment on est partis sur une saison en Rallycross. Ainsi, le but c’est de persévérer en Rallycross. Si je peux faire une pige en rallye, je la ferai avec grand plaisir !

LMSA : Quelle(s) autos rêveriez-vous de piloter (en Rallye ou en Rallycross) ?
A.M : En Rallycross, je rêvais de piloter une Supercar… c’est fait ! Et, en rallye, si je dois choisir, ce serait une 306 Maxi. Faire un bon rallye avec une Peugeot 306 Maxi, ce serait mon rêve ! Une WRC, c’est le rêve de tout le monde, mais avant ça, pour moi, c’est une 306 Maxi.

LMSA : Va-t-on vous voir à Lohéac, en Euro RX ou en WorldRX ?
A.M : Non, puisque ma voiture sera louée par Cyril pour Lohéac. Mais, même avant ça, ce n’était pas dans nos plans. On préférait rester concentrer sur le Championnat de France ! On voulait être dans la course au titre. Bon, on l’est déjà après deux courses… même si on perd 9 points avec la disqualification à Essay (11 suite à une correction d’application du barème de points applicables aux pénalisés). Après, on verra l’année prochaine ce qu’on fera.

Merci à Antoine Massé d’avoir répondu à nos questions. Rendez-vous au Rallycross de Châteauroux (2/3 juin) pour voir sa motivation s’exprimer sur la piste.

Interview, Guerlain Chicherit revient avec nous sur son début de saison

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