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Rallycross, Christophe Saunois : « Kerlabo ? Ce n’était que du bonheur ! »

Rallycross, Christophe Saunois : "Kerlabo ? Ce n'était que du bonheur !"

La semaine prochaine, le Championnat de France de Rallycross fera son retour. Après presque deux mois d’absence, et l’épreuve de Kerlabo, direction la Mayenne pour la 8e épreuve de la saison (sur 10). On devrait y retrouver Christophe Saunois, qui avait fait sensation en Bretagne pour sa première sur une Supercar ! Le quintuple Champion de France de Rallycross en Division 3 a accepté de répondre à nos questions. Le tout, avec sa bonne humeur légendaire.

Pour Christophe Saunois, Kerlabo a été un énorme plaisir !

Le Mag Sport Auto : En finale pour ta première en Supercar, c’était plutôt une bonne surprise et une bonne performance ?

Christophe Saunois : Déjà, c’était un super cadeau. Car, cette participation était un cadeau que Yannick Couillet m’avait fait. Très sincèrement je ne pensais pas être aussi performant. Déjà, car la voiture date de 2010 et n’a jamais eu d’évolution. Et, quand on voit les autos en face… Mon challenge, au départ, c’était d’accéder à la demi-finale, si j’avais un peu de chance. Et, je devais rendre la voiture entière ! J’ai été étonné de voir que j’étais rapidement dans le coup. Par temps sec, j’étais rapide… le dimanche, sous la pluie, j’ai fait une faute dans la première manche. Bon, on roulait avec de vieux pneus terre qui avaient deux ans. Je me loupe et je fais un tête-à-queue. Après, il fallait que je m’habitue à l’auto. La piste mouillée, c’est la plus difficile à appréhender surtout pour aller vite. Je me suis calmé, et en Q4 je fais le 7e temps ! C’était une superbe performance. En plus, sans aller chercher les dixièmes que l’on pouvait encore gagner. Je n’étais pas à 100%. Ni à 100% de l’auto. Je n’avais jamais roulé avec l’auto ou une auto avec un Turbo. A part en 2013, Gaëtant Serazin m’avait fait essayer sa 208 à Dreux. En fin de compte, j’ai trouvé ça « facile ». C’est beaucoup plus directionnel que nos D3. On se sent plus en sécurité. Par contre, la vitesse ne m’a pas surpris, on va aussi vite en D3. L’exploitation du moteur est plus technique. On a plus de liberté en sur-régime ou en sous-régime. Le moteur Nissan pousse tout le temps. On doit être plus précis avec une Supercar, passer les vitesses de la même façon, au même moment.

Donc, accéder à la demi-finale, mon but était réussi, d’autant plus que je partais de la troisième ligne. En plus, l’auto était entière ! Donc, j’avais passé un super week-end. Et puis, j’ai pris un super départ, sûrement le meilleur du week-end. Et encore, Jonathan Pailler a loupé le sien au départ. Sinon, je pense que j’étais dans les trois premiers au premier virage. Et, en faisant attention à ne toucher personne, j’ai pris mon tour joker tout de suite. Et, après, le rythme était bon. La preuve, Antoine Massé doit me mettre 4 dixièmes au tour ! Donc, j’étais hyper satisfait !

J’ai pris un énorme plaisir ! C’était que du bonheur ! En plus, j’ai eu la réussite, on a pas en d’ennuis, pas d’accrochage, tout était bien pour nous. Même si on roulait en réserve. Au premier virage, je m’écartais dès que je voyais que ça commençait à se resserrer. Je préférais perdre une place que d’aller au conflit. A aucun moment on a eu une alerte. A aucun moment je me suis fait peur dans l’auto. Tout a été comme sur des roulettes ! D’ailleurs, ça donne envie de recommencer;)

LMSA : Tu as prouvé qu’une « mamie » pouvait jouer devant, quel est ton secret ?

CS : (rires). De secret, je n’en ai pas. Après, c’est vrai que depuis que je connais Gaëtan (Serazin, ndlr) je l’écoute tout le temps. Même si je ne roulais pas en Supercar, je l’écoutais toujours, j’étais à côté à l’entendre parler avec d’autres pilotes. Je captais un petit peu les infos. Après, les subtilités du Rallycross, je connais, que ce soit sur une D3 ou une Supercar. Ensuite, il faut rouler le plus propre possible, même si ça dénature un peu le spectacle. Et puis, le ressenti du pilote peut être très important. Je n’ai pas de secret. Par contre, je sais que si je refais Kerlabo, je suis capable d’améliorer mes temps au tour !

Vers une deuxième performance au Rallycross de Mayenne ?

LMSA : Visiblement, tu seras de retour à Mayenne en Supercar. Peux-tu nous en dire plus sur ce projet ?

CS : Bah oui ! Sur le projet, beaucoup d’amis et de passionnés veulent que je refasse une course. Donc, on essaye de trouver les partenaires car ce n’était pas prévu. Normalement, c’était une année où je ne devais pas rouler. Bon, Mayenne, ce sont des amis qui tiennent le circuit. Et puis, c’est un circuit sur lequel j’aime rouler. Alors, je ne me voyais pas louper cette course ! Donc, soit je la faisais avec ma Toyota soit avec une auto de Gaëtan Serazin ou de Yannick Couillet. Comme ma Toyota est loué, il ne reste plus qu’à trouver une auto. J’aurais adoré rouler avec une auto de Gaëtan, mais, cette année, financièrement ce n’est pas possible. Donc, je vais louer la voiture de Yannick ! On est toujours à la recherche de partenaires. Il nous manque (au moment de l’enregistrement de cette interview, ndlr) un peu de budget. Déjà que Yannick fait un bel effort sur la location, il nous manquerait 2000€ pour être vraiment cool. Un sponsor, dix, vingt qui donne 100€… Il n’y a pas de gros ou petits partenaires. Pour ça que je passe quelques messages sur les réseaux sociaux. On est tous des passionnés !

LMSA : Ton ancienne Toyota est louée également, qui sera l’heureux pilote de ta machine à gagner ?

CS : C’est un pilote qui n’a jamais fait de Rallycross. Il vient de l’Autocross. Son nom sera trouvable sur la liste des engagés au Rallycross de Mayenne;) C’est quelqu’un qui m’a été recommandé par un de mes amis. Je n’avais jamais loué mon auto. Donc, la laisser à un autre c’est un peu compliqué. Mais, visiblement c’est quelqu’un de sincère, sérieux, et qui tient parole. En plus, ce n’est pas un casse cou. Il vient à Mayenne pour se faire plaisir ! L’assistance sera faite par Gaëtan Serazin.

Se faire plaisir sans aller à la catastrophe !

LMSA : Est-ce que ces piges en Supercar te donnent envie de monter un programme complet pour 2019 ?

Christophe Saunois : Alors là… il faudrait vraiment un gros donateur ! Actuellement, je suis en reconstruction professionnelle. Donc, un engagement sur l’année, très sincèrement, je ne pense pas. Ou alors, il faudrait vraiment un mécène ! Mais bon, c’est comme le Père Noël… (rires). Mais sinon, refaire quelques piges oui. Une fois qu’on y a goutté on a du mal à s’en passer. Et, je si je trouve un partenariat avec Yannick, qui a aussi du mal à boucler son budget, il y a peut-être moyen de faire un deal à deux. La 207 pourrait être améliorée. Les liaisons au sol sont hyper bonnes, il faudrait juste lui donner un petit plus de peps. Mais, sinon, c’est une voiture super efficace ! D’ailleurs, Gaëtan était heureux de revoir sa première auto aux avant-postes. Preuve qu’elle est encore performante ! Tellement, que quelqu’un a voulu la racheter fin août ! Yannick s’est fait chambrer un peu tout le week-end. Mais, au final, il était super content de voir sa voiture en finale et que je sois aussi rapide avec. Il en a même pleuré ! Cela a rendu heureux tout le monde.

Rallycross France, avantage Jonathan Pailler à Kerlabo

LMSA : D’ailleurs, pourquoi n’étais-tu pas présent cette saison ? Tu manques au RX France…

CS : Alors… j’ai eu un divorce un peu compliqué en fait. Il s’est mal passé. J’avais une société mais l’on était co-gérants de cette société. Donc, on a dû vendre la société… Donc, psychologiquement et physiquement ça m’a miné. J’avais créé cette société à l’âge de 25 ans. Alors de la voir disparaître, ça n’était pas facile. La saison 2017 fut compliquée, j’étais là sans être là. Le sport c’est génial, mais ce n’est qu’un jeu. Mes 5 titres de Champion de France (de Division 3, ndlr) ça ne m’empêche pas d’aller au travail le lundi… Tu gagnes rien, tu n’as que de l’argent à perdre, sauf si tu as un gros partenaire. Donc, il faut savoir mettre l’amusement de côté et se reconstruire. Il y a des priorités, il faut savoir raisonnable. Je préfère faire une paire de piges, en les faisant bien, et me faire plaisir, plutôt que d’aller à la catastrophe !

L’envie d’essayer une 208 et celle de ne pas voir du Rallycross 100% électrique.

LMSA : Quelle auto rêverais-tu de piloter ?

CS : En Rallycross, j’aimerais bien essayer les 208 de chez Peugeot ! Ça m’a l’air de bien rouler ces petites choses-là. Après, la nouvelle voiture de Gaëtan Serazin aussi. Il a terminé sa dernière 208 pour le Rallycross de Lohéac. Encore une 208 car c’est ce qu’il y a de plus simple à faire, rien qu’au niveau des pièces. Et, cette nouvelle auto semble au top ! Donc, je serai heureux de piloter sa voiture ! Elle a l’air de très bien marcher. Et, je pense que s’il revenait en Championnat de France, il ne serait pas derrière ! Mais, il préfère rester focalisé sur ses clients.

LMSA : Sujet qui fâche : quel est ton avis sur le RX électrique ?

CS : Moi, je ne mettrais pas 50€ pour aller voir un Rallycross électrique ! Ni même 20 ! Je pense qu’il faut faire une série électrique, comme à l’Andros. Mais, le principal atout du Rallycross c’est le thermique. Mais, surtout pas arrêter le thermique ! Ce n’est pas possible, ils ne peuvent pas. Là, s’ils mettent de l’électrique du jour au lendemain, il n’y a plus personne ! Championnat de France ou du Monde. En Formule 1, il y a des dizaines voire des centaines de milliers de personnes qui se déplacent pour voir un GP. En Formula-E, non. D’ailleurs, ce n’est pas payant, ce n’est pas par hasard ! Il faut le faire, c’est médiatique, ça met en avant la technologie des constructeurs, mais faut surtout pas enlever le thermique… jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de pétrole ! Tout électrique, je suis contre. Une division électrique oui, mais ça ne passionnera pas…

Un grand merci à Christophe Saunois pour sa disponibilité, sa franchise et sa bonne humeur.

Image de une : Kerlabo 2017.

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