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Rallycross, Jean-Séb Vigion, un pilote à surveiller en Supercar !

Rallycross, Jean-Séb Vigion, un pilote à surveiller en Supercar !

Les amateurs de rallyes connaissent bien son nom. Jean-Sébastien Vigion a fait de belles choses en Coupe de France et en Championnat de France des Rallyes. De 2004 à 2017, il a su briller au volant d’autos comme la Fiat Abarth Grande Punto S2000 ou la Skoda Fabia R5 l’an passé. La saison dernière, il terminait deuxième de la catégorie Super1600 pour son retour en Rallycross. Cette saison, il roule en catégorie Supercar et a su montrer un bon niveau sur les trois premières manches de la saison. A la veille du Rallycross de Faleyras il a accepté de répondre à nos questions. Voici donc notre interview de Jean-Sébastien Vigion :

Jean-Seb Vigion, « se rapprocher du trio infernal » du Rallycross français !

Le Mag Sport Auto : Bonjour Jean-Sébastien, 8e au championnat après vos trois premières courses en Supercar, c’est plutôt positif non ? En plus avec un podium à Essay !
Jean-Sébastien Vigion :
Positif, oui et non, il y a du bien et du moins bien. A Abbeville, c’était plutôt bien parti avant notre accrochage. A Essay, on va en semi-finale mais on a bien galéré sur les manches qualifs où l’on termine 14e. Et, à Châteauroux, on est retombés dans nos travers, avec des manches qualifs compliquées. En demi, je me rate complètement. Donc, sur la globalité des trois premières, je ne peux pas dire que je suis vraiment satisfait. Après, on voit qu’on est là en perfo pure, en terme de temps au tour, on peut jouer avec les meilleurs. Le tout, avec une auto qui date de 2011 !

LMSA : Quels sont vos objectifs pour la suite de la saison ?
JSV :
Essayer de se rapprocher du trio infernal ! C’est clairement l’objectif. On veut essayer de se battre avec eux dès les manches qualifs. Et ce pour se battre avec eux en phase finale et être mieux placé au championnat. Mais aussi de compléter notre budget pour la fin de la saison, ce qui n’est pas fait pour le moment.

LMSA : Pourquoi avoir choisi de rouler en Supercar ? Et comment s’est fait votre choix de la DS3 WRX ?
JSV :
En soi, le Supercar, ça faisait un petit bout de temps que je lorgnais dessus. L’an dernier, je suis revenu en Rallycross, pas vraiment sur un coup de tête mais sans ambitions particulières. J’avais une Clio R3 et j’ai monté un petit programme. Et puis, on a réussi à faire des résultats plutôt sympas. Du coup, à la suite de ça, j’avais envie de continuer et de gravir l’échelon de la Supercar. L’option de la DS3, déjà c’était une option budgétaire, et puis l’occasion s’est présentée. C’était donc un choix purement financier à la base. Mais, c’est une voiture qui a fait ses preuves ! Elle a été deux fois championne d’Europe de Rallycross (avec Timur Timerzyanov, ndlr) et elle a gagné les X-Games avec Loeb ! La voiture a un passé sympa et a prouvé qu’elle pouvait se battre pour la victoire. La base est très bonne et on le voit en performances pures. Après, c’est à nous de tout mettre en ordre pour la faire marcher de la Q1 à la Finale !

LMSA : Peut-on imaginer vous voir au Rallycross de Lohéac ou en EuroRX/WorldRX à l’avenir ?
JSV :
Lohéac, on y a pensé, bien évidemment. Maintenant, on préfère attendre mais si l’occasion se présente, j’ai bien envie d’y aller, c’est sûr. Il faut d’abord que je boucle le budget pour le Championnat de France, puis pour Lohéac, ça fait deux éléments à réunir.

Jean-Sébastien Vigion, du Rallye au Rallycross avec brio !

LMSA : Est-ce que le rallye vous a appris des choses qui vous sont utiles en RX ?
Jean-Sébastien Vigion :
Techniquement oui. J’ai passé de nombreuses années en rallye, donc j’ai pu apprendre beaucoup de choses d’un point de vue technique. Après, ce sont quand même deux disciplines qui se rapprochent et s’opposent à la fois. En terme de conduite, on est beaucoup plus à l’attaque en Rallycross qu’en Rallye ! Si on roulait comme ça en rallye on ne ferait pas beaucoup de kilomètres (rires). Mais, je pense que ça m’a permis d’apprendre pas mal de choses, dont je ne me rends pas forcément compte.

LMSA : D’ailleurs, pourquoi être passé du rallye au rallycross ?
JSV :
En rallye, j’ai eu la chance de faire de belles saisons avec de belles autos. Après, moi je suis un « intermittent du spectacle », je ne roule que quand j’ai le budget. Donc, du coup, j’ai alterné le haut et le bas, toujours à cause du budget. Donc, comme j’avais une Clio R3, faire tout le Championnat de France des Rallyes avec, ce n’était pas trop ça. Faire des rallyes près de chez moi avec la R3, je n’avais pas trouvé ça très drôle, à part un ou deux. Au final, je me lassais assez rapidement. Donc, plutôt que de ne rien faire, je me suis dit « refaisons le Championnat de France de Rallycross ! ». C’est un championnat complet, avec la Clio R3, tout le monde me disait que ça n’allait pas marcher. Donc, c’était un deal qui me plaisait. C’est drôle, tout le monde dit que c’est impossible donc je vais y aller ! Et c’est parti comme ça. Après, j’avais déjà roulé en Rallycross. J’y avais déjà roulé il y a 15 ans, sur une Saxo. La discipline a bien évolué, mais je connaissais quand même un peu. Donc, je me suis lancé, c’est parti comme ça, un peu sur un coup de tête.

LMSA : Peut-on imaginer vous revoir en rallye ?
JSV :
Si j’avais l’occasion, oui ! Maintenant, on ne peut pas être partout. Pour l’instant, je me concentre sur ma saison en Rallycross. Mais, si on propose une pige ou deux en rallye, je suis partant.

Le Rallycross électrique ne fait pas rêver Jean-Sébastien Vigion.

LMSA : Le Rallycross électrique est au cœur de l’actualité, quel est votre avis sur le sujet ?
Jean-Sébastien Vigion :
Euh… ouais, ça c’est un truc qui  « ne me fait pas bander » pour parler vulgairement (rires) ! C’est dans l’ère du temps. C’est tellement bon le Supercar avec le bruit que ça fait, avec les procédures de départ, avec les bang et tout ça ! Je vois pas trop le côté plaisir avec l’électrique. Maintenant, si c’est l’avenir et qu’il faut en passer par là, et bien on en passera par là ! Mais, là tout de suite, ça ne me fait pas rêver ! Selon les retours que j’ai, certains pilotes s’éclatent en Formula-E, mais à regarder ce n’est pas très passionnant…

LMSA : Les déclassements sont assez nombreux en ce début de saison, est-ce que vous y pensez avant les départs ?
JSV :
(rires) Non, pas du tout. Je pense que chaque pilote est capable de s’assumer et de se responsabiliser. Donc, on est maître de notre sujet derrière le volant. Alors, à nous de faire ce qu’il faut pour ne pas être déclassé. Moi, pour le coup, j’ai été déclassé de la Q4 à Essay pour avoir déréglé le rétro à Antoine Massé (rires)… Donc, voilà, il y a des fois où l’on ronchonne un peu. Mais, après, je ne rentre pas dans le jeu. Ce qui est passé est passé et on voit pour la suite.

LMSA : Quelle(s) voiture(s) rêveriez-vous de piloter, que ce soit en Rallye ou en Rallycross ?
JSV :
En Rallycross, je le touche du doigt, puisque c’était une Supercar. Alors oui, il y a des Supercars qui sont plus puissantes que la mienne mais c’est déjà un rêve que d’être au volant de cette voiture-là. Je suis parti un peu de nulle part, donc c’est plutôt sympa. Et, en rallye, forcément une WRC, de dernière génération. Forcément, c’est un rêve.

LMSA : Vous nous parliez de recherche de budget pour la fin de votre saison. Qu’aimeriez-vous dire aux éventuels sponsors qui pourraient lire cet article ?
JSV :
J’ai envie de dire qu’en regardant dans les médias, le Rallycross c’est un sport qui est en train d’exploser. On a la chance d’avoir le plus beau championnat national au monde, qui est l’équivalent d’un Championnat d’Europe, avec de très bons pilotes. Donc, ça attire encore plus de médias, en plus de l’Equipe21 (qui diffuse le Championnat de France, ndlr). Ainsi, c’est l’occasion de communiquer « pour pas trop cher » au travers d’un vecteur de communication énorme. Car, ce sont des voitures et que ça fait rêver de 7 à 77 ans ! Donc, je pense que c’est LA discipline où il faut miser en ce moment.

On lui souhaite bonne chance dans sa quête de budget pour terminer sa saison en Championnat de France de Rallycross ainsi que pour le RX de Faleyras ce week-end. De même, on le remercie d’avoir accepté de répondre à nos questions. Merci aussi à Sylvain, son Community Manager.

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