Le Mag Sport Auto

WEC Super-saison : Un prologue enrichissant

Après une excursion au circuit de Monza l’an dernier, les essais officiels du WEC ont repris leurs droits sur le circuit Paul-Ricard. Ces 6 et 7 Avril, si une certaine hiérarchie a été respectée, ce prologue a cependant été le lieu d’un grand apprentissage pour les écuries en vue de la super-saison.

LMP1 : Toyota franchit les 1000 tours

En 30 heures d’essais répartis sur deux jours, Toyota a parcouru la somme faramineuse de… 1002 tours ! Cela représente plus de 5800 kilomètres d’essais (5872,722 exactement) et quantité de données à analyser. Tout cela sans rencontrer le moindre problème mécanique !

En plus d’avoir parcouru ces milliers de kilomètres précieux, les deux Toyota se sont imposées de main de maître en haut du classement général de ce prologue. Si la #8 (confiée à Mike Conway et Sébastien Buemi) n’a parcouru que 163 tours, elle est parvenue à signer un 1.32.662 la plaçant hors d’atteinte de toute autre concurrente. La voiture soeur a, quant à elle, probablement plus axé son travail sur la fiabilité. Effectuant son meilleur tour en 1.34.655 (1.9 seconde moins vite que la 8) la #7, confiée à Lopez, Buemi, Wurz, Davidson et Conway a couvert 863 tours en 30 heures de simulation.

Si les deux Toyota étaient à la fête, on ne pouvait pas en dire autant des autres LMP1, celles de la catégorie non-hybride. En effet, placées à plus de 4 secondes de la première position de la Toyota numéro 8, les écuries privées ne pouvaient s’estimer très satisfaites de cet écart. Cependant, comme l’affirment les dirigeants du constructeur japonais, le gap pourrait être moins conséquent qu’il n’y paraît. En cause, le fait que Toyota n’ait pas respecté les limites d’énergie fixées au nom de l’équivalence technologique (EoT). Fait confirmé par l’ex-pilote Toyota, Stéphane Sarrazin : « Ils (Toyota) voulaient nous appâter et nous forcer à accélérer (…) Je connais bien l’équipe, je peux vous dire qu’ils aiment jouer à ces petits jeux ». Ainsi, en course et sous respect de la réglementation, verra-t-on peut-être les LMP1 non-hybrides se révéler plus proches de la tête de course…

Quoi qu’il en soit, l’on retiendra aussi de ce week-end les performances prometteuses de la Rebellion R-13. Avec 262 tours au compteur et un meilleur temps à 4,9 secondes du leader, la dernière née des ateliers Oreca confirme les ambitions attendues par son équipe. Cette Rebellion confiée à Lotterer, Menezes, Laurent, Jani, Senna et Beche termine juste derrière la voiture du SMP Racing, 3ème, pilotée par Mikhail Aleshin et Vitaly Petrov. Le deuxième prototype russe occupe quant à lui la 5ème place au général, suivi par la ByKolles et ses 331 tours. Les deux Ginetta du CEFC TFSM Racing encadrent la LMP1 du DragonSpeed, la #6 fermant la marche à plus de 7 secondes de la première place et avec seulement 138 tours au compteur…  

Le LMP2 très équilibré

1,2 secondes, c’est l’écart -infime- séparant les 7 voitures présentes dans la catégorie LMP2 ce week-end. Et ce malgré les différences de constructeurs, de châssis, de pneumatiques (Michelin ouvrant et fermant la marche),… Un résultat prometteur en vue de cette super-saison.

Contrairement au LMP1, c’est au DragonSpeed que revient l’honneur de finir ce prologue en haut de la feuille des temps. L’écurie américaine peut revendiquer 207 tours et sa recrue de choix, Pastor Maldonado, le meilleur temps en 1.40.771 (à moins de 9 dixièmes de la dernière LMP1 !) A peine plus de 3 dixièmes derrière, l’on retrouve l’Alpine A470 #36 pilotée par Nicolas Lapierre, André Negrào et Pierre Thiriet. Ce prototype devance la voiture du TDS Racing d’un petit dixième.

Le classement est complété par la voiture du Racing Team Nederlands qui termine en 4ème position avec 325 tours bouclés et devance les deux autos du Jackie Chan DC Racing (respectivement la #38 et la #37). L’écurie Larbre Competiton ferme la marche malgré une belle amélioration en fin de prologue avec un chrono à peine un dixième plus lent que la #37.

Domination Porsche en GT

Après une saison 2017 assez mitigée, la marque de Zuffenhausen semble être de retour en pleine forme. Avec un doublé en GTE Pro et un quadruplé en GTE Am (grâce aux voitures du Gulf, Dempsey-Proton Racing et Project 1), les Porsche ont dominé, d’un point de vue chronométrique, ce prologue de la super-saison. Abattant le meilleur tour en 1.51.332, la #91 devançait la #92 de 5 dixièmes, tandis que la première voiture Amateur signait un record en 1.52.936. Du point de vue des tours, les allemandes n’étaient également pas en reste. Les deux GTE-Pro se partageant 638 tours et les quatre voitures amateurs un peu plus de 900.

Au classement général GTE-Pro suivent les Ford officielles (la #67 puis la #66), à seulement 7 et 8 dixièmes des Porsche et avec un peu plus de 550 tours couverts. Plus discrètes, les Ferrari, Aston Martin et BMW complètent les classements en GTE, la seconde marque allemande pouvant revendiquer 866 tours couverts et un meilleur temps en 1.53.389 à 2.1 secondes de la Porsche de tête.

Voilà donc pour cet enrichissant prologue 2018 du Championnat du Monde d’Endurance. Si, d’expérience, l’on sait que certains cachent leur jeu (balance de performance oblige…), il est possible de dire que le spectacle devrait être au rendez-vous. Et même malgré le départ de Porsche du LMP1, il sera probablement compliqué de s’ennuyer durant les courses de cette super-saison !

Premier départ le 3 Mai aux 6 heures de Spa, en Belgique !  

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